« Quelles issues au chaos ? » : deux élus nîmois disent leurs quatre vérités et leurs messages au pouvoir

Le feu a pris sur la mobilisation lycéenne, rejointe par des griefs agglomérés contre un exécutif aux abois. Depuis, difficile d’y voir clair dans ce brouillard de violences. Dans son espace Lignes ouvertes, Midi Libre a demandé à deux élus nîmois de signer une tribune chacun pour tracer des éléments de réponses, le sénateur LR Laurent Burgoa et le maire PCF-président de la métropole de Nîmes Vincent Bouget.

La République ne peut ni reculer ni se résigner

Laurent Burgoa : "N’attendons pas un drame pour agir".
Laurent Burgoa : « N’attendons pas un drame pour agir ». MiKAEL ANISSET

Nos territoires sont forts de celles et ceux qui entreprennent, ouvrent un commerce, s’engagent dans une association ou exercent un mandat, écrit dans sa tribune le sénateur LR Laurent Burgoa. Le week-end dernier, sous l’influence des mouvements de l’extrême gauche, une minorité violente a bafoué leur engagement, piétiné notre pacte républicain et provoqué des scènes d’une violence insoutenable, dignes de véritables scènes de guérilla.

Je pense aux commerçants et habitants qui ont craint pour leur vie, notamment près des départs de feu. Personne ne devrait redouter pour sa sécurité, son logement ou son travail. J’exprime mon soutien total à nos forces de l’ordre, à nos sapeurs-pompiers et aux commerçants victimes. Fragilisés par le commerce en ligne, ils font vivre nos centres-villes. Les laisser seuls face à cette violence serait une faute.

Face à de tels actes, la réponse doit être totale. Dénoncer ces violences est indispensable, face à ceux qui les justifient ou les minimisent au nom d’une prétendue lutte. Certains veulent tirer profit de ce chaos. Les discours relativistes nourrissent la défiance envers la classe politique et renforcent les extrêmes, au premier rang desquels le Rassemblement national.

Je refuse cette perspective. Ma famille politique doit parler avec clarté et fermeté, apporter des réponses concrètes et ne pas abandonner l’ordre républicain à ceux qui prospèrent sur les peurs et les colères. Les mêmes scènes se répètent après des manifestations sociales, des rassemblements ou des soirs de match. Des revendications lycéennes pouvaient être entendues et débattues. Elles sont désormais étouffées par des violences étrangères au débat démocratique. Cela suffit ! N’attendons pas un drame pour agir.

Au Sénat, nous alertons. Il faut avancer, notamment en promulguant la loi « casseurs-payeurs », afin que les auteurs de dégradations réparent les dommages causés. Les dispositifs juridiques permettant de rétablir la sécurité doivent aussi être mobilisés, y compris l’état d’urgence. Je soutiens la mission d’information souhaitée par la commission des lois. Elle devra éclairer les dysfonctionnements et expliquer pourquoi certains commerçants n’ont pas été suffisamment protégés. Nous leur devons des réponses, des actes.

Il faut renforcer les prérogatives des polices municipales. Votée au Sénat, cette mesure attend son adoption à l’Assemblée nationale. Nos élus et policiers municipaux doivent avoir les moyens nécessaires pour se protéger. L’ordre est la condition de la liberté. Son rétablissement exige une réponse pénale ferme, rapide et effective. Les peines doivent être réellement exécutées.

Je soutiens aussi la remise en cause des aides sociales pour les personnes impliquées dans ces violences. La solidarité nationale suppose des devoirs et le respect des règles communes. Enfin, les travaux d’intérêt général doivent davantage bénéficier à nos collectivités. Ceux qui dégradent nos villes doivent contribuer à les réparer.

La République ne peut ni reculer ni se résigner. Protéger ceux qui travaillent, entreprennent et s’engagent, c’est défendre notre modèle de société. L’impunité n’est pas une fatalité. L’ordre républicain doit être rétabli sans faiblesse. Plus jamais cela !

On ne peut gouverner un pays en ne faisant pas confiance à sa population

Vincent Bouget : "Le gouvernement n’apporte toujours pas de réponse aux revendications".
Vincent Bouget : « Le gouvernement n’apporte toujours pas de réponse aux revendications ». MiKAEL ANISSET

La journée du 17 octobre 2026 a laissé des traces, écrit dans sa tribune le maire PCF et président de la métropole de Nîmes Vincent Bouget. Celles des attaques de commerces, l’incendie de la mairie de Limoges, les dégradations de bâtiments publics. Celles d’une flambée de violence qui semble incontrôlable, pas anticipée par les services de l’État, et dont les images très médiatisées marquent les esprits.

J’ai exprimé toute ma solidarité avec les commerçants concernés, à Nîmes, et avec les élus des villes dont les mairies ont été visées pendant le week-end. La violence ne peut jamais être une réponse efficace à la colère, pas plus que la destruction ne peut tenir lieu de revendication.

Pourtant, alors même que sa responsabilité est clairement mise en cause dans l’échec de la stratégie du maintien de l’ordre, qui n’a absolument pas prévenu les dégradations sans pour autant garantir le droit de manifester dans de nombreuses villes, le gouvernement n’apporte toujours pas de réponse aux revendications des nombreux manifestants, qui aspirent dans leur immense majorité à une issue pacifique et politique, à une société plus juste, faite de respect et de dignité.

Tandis que les syndicats des salariés ont dénoncé, mercredi 21 octobre, le mépris du gouvernement face aux revendications, le Président et le gouvernement font, quant à eux, le choix d’interdire les manifestations. Or, j’en suis convaincu : ce n’est pas en instrumentalisant la violence et la casse pour empêcher l’expression des revendications que l’on peut créer les conditions du retour au calme. Et le gouvernement ne peut pas non plus se cacher éternellement derrière les difficultés budgétaires de la France, derrière l’argument de la dette, pour refuser de répondre aux besoins criants d’une partie de la population qui dit sa difficulté à vivre correctement.

Les solutions ne peuvent être que politiques. Et les moyens d’action de l’État ne manquent pas pour aider les Français face à la vie chère, pour répondre aux revendications des lycéennes et des lycéens, pour améliorer les services publics. Ce qu’ont dit les gilets jaunes, ce que nous disent les lycéens, ce que nous disent les manifestants du 17, syndiqués ou non, habitués ou non des manifestations, c’est le besoin d’écoute et de dialogue pour apporter des réponses aux problèmes sociaux.

Car le dialogue a été rompu par dix années d’exercice d’un pouvoir toujours plus vertical, qui a détruit les corps intermédiaires, qui n’a jamais fait le choix de la négociation, qui a décidé que la réponse à toute contestation devait être principalement répressive, et qui a petit à petit abîmé le pacte démocratique et créé partout beaucoup de défiance. Il est urgent de réparer des fractures qui n’ont fait que s’accroître dans la dernière décennie, et dont l’explosion de violence actuelle est un témoignage.

Pour trouver une issue, le gouvernement doit renouer le dialogue, ouvrir des négociations sociales avec un calendrier et des engagements précis, tout en apportant des réponses immédiates face à la vie chère. Il doit sortir de la spirale répressive et considérer vraiment que la jeunesse du pays doit être respectée, écoutée, accompagnée. On ne peut gouverner un pays en ne faisant pas confiance à sa population, on ne peut pas préparer l’avenir d’un pays en méprisant sa jeunesse.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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