Qui a oublié ce fameux coup de sang ? Le 6 novembre 2007, les journalistes sont nombreux au port du Guilvinec. C’est l’évènement en Pays bigouden, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, est présent. C’est même une première. Il vient à la rencontre de la profession excédée par l’augmentation du prix du gasoil (74 centimes au lieu des 30 réclamés). La grève paralyse les quais. Environ 300 pêcheurs sont présents. La tension est palpable. Sur les quais du port bigouden, sous les huées et les sifflets, le président fend la foule des pêcheurs, suivi par une horde journalistes. Les échanges sont houleux.
Notre cameraman du Télégramme Christophe Boucher filme la scène, placé à l’écart, aux côtés d’autres manifestants. « Ce jour-là, je n’obtiens pas de l’Élysée l’autorisation de filmer dans les pas du président. Du coup, je cherche un autre angle et je me place sur le belvédère de la criée », raconte le reporter d’images qui se souvient d’une « pression énorme ». « Les noms d’oiseaux fusaient. »
Soudain, un jeune marin pêcheur situé à ses côtes, lâche : « Enculé ! ». Nicolas Sarkozy s’arrête net, lève la tête et cherche l’auteur du regard. Le président devient rouge de colère et l’interpelle : « C’est toi qui as dit ça ? », et lui enjoint de venir s’expliquer : « Ben descends un peu le dire ! ».
« C’est un hasard, je suis au bon moment, au bon endroit. Je sais que quelque chose d’important se passe », se souvient Christophe Boucher qui braque alors sa caméra sur Nicolas Sarkozy en contrebas et zoome. « J’ai son regard ! », s’anime 17 ans plus tard le journaliste qui immortalise là une séquence devenue culte. La vidéo sera un carton d’audience au journal. Christophe Boucher rappelle le contexte explosif de l’époque. « À peine élu, Nicolas Sarkozy venait de voir son indemnité mensuelle nette augmenter considérablement [+ 172 %, ndlr]. Venir au Guilvinec, c’était comme mettre de l’huile sur le feu », analyse aujourd’hui le journaliste.

« Je ne laisserai pas tomber le monde de la pêche, je suis ici pour vous témoigner la solidarité de la nation », avait lâché le président au Guilvinec. Finalement, les esprits se calmeront pour entamer les négociations et le président de la République quittera le Finistère en annonçant plusieurs mesures d‘urgence pour venir en aide aux marins-pêcheurs. Ces mesures sont bien accueillies par la profession mais, on le sait aujourd’hui, n’empêcheront pas le lent déclin de la pêche dans le quartier maritime.
Quant au jeune marin véhément, un mois et demi après l‘incident, il confiait dans nos colonnes regretter d’avoir insulté le Président.
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Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
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