Le mur de l’Atlantique. On connaît ses vestiges : les bunkers éparpillés un peu partout sur la côte, cachés, semi-engloutis dans le sable ou bien visibles, les restes des renforcements sur le port Maria ou encore la croix Lorraine, symbole de la Résistance, au fort de Penthièvre. Et pourtant, durant l’occupation, il faut imaginer des drapeaux du régime nazi flottants sur la presqu’île. Xavier Dubois, lui, visualise très bien. Après des années de recherches, de fouilles dans les archives et de rencontres avec des témoins de l’époque, ce docteur en histoire a édité plusieurs livres d’histoire, dont sur la Seconde Guerre Mondiale dans la région de Quiberon.
Zone stratégique entre Lorient et Belle-Ile
Curieusement, l’histoire de 39-45 sur la presqu’île est assez méconnue. « Pourtant, la presqu’île a été occupée jusqu’au 10 mai 1945, après la Libération ! Et si les Américains sont arrivés à Berlin après l’URSS… C’est à cause de Quiberon ! », raconte Xavier Dubois. Voyant la zone de Quiberon comme stratégique, après le Débarquement, les Américains ont voulu y faire un détour… Sans se rendre compte du temps nécessaire pour venir sur la presqu’île ! « Et le secteur était imprenable tant les Allemands y étaient fortifiés, le Bégo étant la batterie la plus puissante d’Europe, poursuit Xavier. On dit même que cela a été la pire erreur stratégique de la guerre ! »
Xavier Dubois, habitant de Plouharnel, a fondé les Editions Menhir en 2011. En plus d’éditer de nombreux ouvrages, il continue d’étudier et d’écrire sur l’histoire de la Baie de Quiberon. (Le Télégramme / Marie Thomazic)
« Les Allemands crevaient de faim »
« 11 000 soldats Allemands étaient présents sur la presqu’île, ce qui était énorme par rapport à la population », souligne l’historien. À Belle-Ile, même constat : elle devient un point stratégique puissant. Mais un problème de taille s’est imposé aux habitants de la presqu’île, des îles… Et même des Allemands : le manque de nourriture. « Le rationnement était encore plus difficile, dû aux difficultés de ravitaillement, explique Xavier. Lorient nous livrait des denrées mais ce n’était pas suffisant. Le manque de nourriture était plus difficile encore que le manque de liberté, et les Allemands crevaient de faim ». Durant ses recherches, Xavier découvre même que les soldats voulaient déserter, tant il était rude de tenir le coup, allant jusqu’à manger des pommes de terre crues dans les champs. « Ils étaient coincés entre la faim terrible, et leurs collègues les menaçant de les fusiller s’ils désertaient ».
Destination touristique même en guerre
Les débuts de la guerre et de l’invasion ont-ils des airs… d’évasion ? « Malgré la présence des Allemands, les personnes aisées ayant une maison ici ont continué de venir ! », s’étonne encore Xavier Dubois. Les saisons estivales ont même été meilleures en 1940 qu’avant-guerre, ce qui avait pour effet d’irriter les soldats ennemis. « Ils sont allés se plaindre aux maires, eux-mêmes démunis face à l’arrivée des touristes et essuyant les insultes », détaille Xavier. Mettant les habitants et élus mal à l’aise, utilisant les ressources déjà maigres, cette curiosité a duré encore jusqu’en 1941. « Malgré les menaces d’emprisonnements, les vacanciers montraient leurs ordonnances de bains de mer de la part de leur médecin ! » Une baignade plus puissante que les armes ? Qui l’eût cru…
Pratique
Les ouvrages de Xavier Dubois sont disponibles dans les Maisons de la presse et les librairies de la presqu’île et de Belle-Ile et sur www.editionsdumenhir.com
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
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