Philippe Mathieu, maire démissionnaire de Pierrefort, coupable d’agression sexuelle sur mineur et condamné à un an de prison ferme

Son regard est aussi sombre que son costume. Les bras croisés, le visage fermé, Philippe Mathieu est arrivé avant tout le monde au palais de justice d’Aurillac, mardi 15 avril, en toute discrétion, prenant soin de ne pas attirer l’attention et de ne jamais croiser les regards des familles.

L’ancien maire de Pierrefort, qui avait cédé son écharpe à l’issue d’une seconde garde à vue et d’un placement sous contrôle judiciaire, le 6 février dernier, a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur mineur dans le cadre de son activité d’éducateur sportif, mais aussi de détention d’images pédopornographiques.
Des faits d’agression qui remontent au mois de mars 2023 et que le Haut-Viennois de 61 ans a eu toutes les difficultés à justifier devant le tribunal.

C’est lors d’un retour en car vers Pierrefort, après un plateau de football, que le coach sévit. Un autre éducateur relate la scène : « Un petit garçon de 9 ans, qui se plaignait d’un mal de ventre, est venu s’asseoir à côté de lui avant de poser la tête sur sa cuisse. La main de Philippe Mathieu faisait des va-et-vient sur son ventre. » Le témoin voit rapidement « quatre doigts » se glisser entre le ventre et l’élastique du survêtement de l’enfant, au niveau du pubis.

« Juste une caresse pour lui permettre de se reposer »

Des semaines après et non sans difficultés, ce dernier concédera à son entourage les attouchements subis ce soir-là. « Juste une caresse pour lui permettre de se reposer calmement, de le réconforter et de le soulager », assure Philippe Mathieu, les poings appuyés fermement aux deux extrémités de la barre. Plus tard, c’est une main remontant au niveau des parties intimes du garçon que le témoin aperçoit, au moment où l’éducateur l’aidait à remettre une de ses chaussures.

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À la sortie d’audience, Philippe Mathieu et son avocate, Me Belaubre, ont indiqué se donner le temps de la réflexion avant de faire potentiellement appel de la décision.

Les justifications peinent à sortir. Incomplètes, imprécises. Sans jamais « reconnaître la gravité » des faits qui lui sont reprochés. Le président s’agace : « On attend des réponses, pas des questions. On a l’impression que vous allez toujours à frontière de l’interdit. » Au parquet d’appuyer : « Vous n’avez pas réussi à prendre conscience de l’illégalité de vos gestes?? Avec vos fonctions et votre niveau intellectuel, c’est plutôt inquiétant. »

« Je regarde comme je lis le journal »

Dix jours plus tard, un autre jeune joueur dénonce les agissements de l’éducateur. Sur le terrain cette fois, après une victoire, au moment de la séance photo. « Je suis content, je suis redevenu le chouchou de l’équipe, mais je suis un peu gêné, il m’a touché les parties intimes », se plaint le petit garçon de 10 ans. « Mes mains ont peut-être glissé, mais je l’ai simplement soulevé parce qu’il venait de nous faire gagner. Je voulais l’avoir près de moi, pour l’enserrer, le féliciter. Il n’y avait rien de sexuel, c’était un geste d’affection. » Cette fois, Philippe Mathieu a été relaxé, faute de preuves suffisantes.

Reste que le maire de Pierrefort de l’époque est auditionné après l’ouverture d’une enquête. Son matériel informatique est saisi, sur lequel du contenu à caractère pédopornographique est identifié. Fellations, pénétrations anales, mineurs nus… Les mêmes recherches depuis 2008. Des faits – les seuls – reconnus et totalement assumés par le sexagénaire. « Je regarde ça comme je lis le journal. Mais je me fais soigner, j’essaie de comprendre pourquoi et comment j’en suis arrivé là », insiste-t-il, avant de réfuter tout lien avec ses agissements.

« Il tâtonne à assumer les faits et conteste leur matérialité, c’est lâche, blâme Me Fribourg, avocat d’une des parties civiles. C’est une agression sexuelle réalisée par un pédophile. » Le célibataire, sans enfant, ne bronche toujours pas.
Dans la continuité des réquisitions, le tribunal le condamne à deux ans de prison dont un avec un sursis probatoire.

En plus d’une inéligibilité de cinq ans, d’une obligation de soins et d’une interdiction de toute activité avec des mineurs. Le prévenu s’est vu notifier son inscription au Fijais (fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) et sera présenté au juge d’application des peines pour un aménagement.

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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