Pays de Montbéliard Quarante ans d’emprise de la part d’un pédophile dans un petit village du Doubs

, Pays de Montbéliard Quarante ans d’emprise de la part d’un pédophile dans un petit village du Doubs

Il fallait avoir l’estomac bien accroché, jeudi après-midi dans la salle d’audience du tribunal de Montbéliard, pour assimiler et digérer l’insoutenable menu des faits dénoncés (et énoncés, sinon autopsiés, par le scalpel froid de la présidente Marie Corne) à l’encontre de Jean-Claude D. Cet homme de 86 ans était poursuivi pour une série d’agressions sexuelles qui a eu pour cadre un petit village de 200 âmes, sur les hauteurs du Pays de Montbéliard. Des faits, pour une grande majorité prescrits puisque les premiers remonteraient au début des années 70 et les derniers dateraient de 2009. Une affaire qui a bien failli ne jamais être révélée. Pourtant, une première plainte avait été déposée en 2021 avant d’être classée sans suite. Ce n’est que deux ans plus tard, au bénéfice d’une deuxième dénonciation, que les gendarmes décidaient de tirer sur la pelote. Plongeant alors dans le sordide, « l’abject », dixit le procureur Muyle.

« Il est rare de voir un homme qui, sur autant d’années, va ainsi ravager des enfances » Me Barre

La présidente le dit : « On parle de faits criminels ». De viols pour être clair. Et si le dossier a finalement été correctionnalisé, c’est parce que les parties civiles ont donné leur accord, conscientes qu’un renvoi devant une cour d’assises n’aurait été envisageable que dans plusieurs mois voire années et que la possibilité de voir l’action civile s’éteindre avec la mort du mis en cause était plus que probable.

« Il est rare de voir un homme qui, sur autant d’années, va ainsi ravager des enfances », lâche Me Barre, l’avocat lyonnais d’une des plaignantes. Car c’est bien de cela dont il était question. Des filles mais aussi des garçons de moins de 15 ans (souvent 7-8 ans et parfois même 5 ans) qui ont perdu leur innocence entre les griffes d’un homme « à la personnalité pédophilique et perverse », relève l’expert psychiatre qui l’a examiné.

La présidente : « On a quand même le sentiment que tout le monde savait… »

Attouchements, agressions, viols, corruption de mineurs tout y est passé. « On a quand même le sentiment que tout le monde savait mais que ce monsieur bénéficiait d’une aura et que chacun se débrouillait avec cela », reprend la présidente. « Oui, il avait un certain charisme. Et puis il rendait service. Il manipulait », convient un habitant de la commune dont les sœurs « sont tombées dans ses filets », comme le formule Me Rey-Demaneuf. Elle s’insurge à l’avance devant le profil d’ancien élu exemplaire, distingué pour son implication dans la collectivité. « C’est la médaille du pédophile oui, qu’il faut lui décerner », s’emporte-t-elle.

Abusé dans sa jeunesse par un curé ?

L’octogénaire, qui devrait fêter ses 87 ans dans moins d’un mois, était absent à l’audience ; son état de santé n’étant pas compatible selon un médecin. Ce n’est donc que par courrier qu’il s’est exprimé, niant les viols, reconnaissant mollement des gestes déplacés envers certains, taxant une adolescente de 14 ans « d’avoir le diable au corps » face à ses accusations. Dans ses écrits, il parle aussi de sa propre enfance à l’orphelinat de Nantes, évoquant des coups de martinet dont son dos conserverait encore des traces. Il est aussi question d’abus de la part d’un curé dont il aurait été victime. « Mais toutes les personnes agressées ne deviennent pas des agresseurs », reprend Me Barre.

Me Vernerey, à la défense, précise qu’elle ne remet pas en cause la parole des victimes mais suggère que des doutes subsistent sur certains pans du dossier.

Au regard de la déchéance physique de cet ancien assureur, rejeté par sa famille depuis plus de 20 ans, le procureur a requis une peine de 5 ans de prison dont 4 avec sursis. Le tribunal s’est donné jusqu’au 23 janvier pour rendre son jugement.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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