« On se sent seul et acculé dans notre cabine » : les chauffeurs de bus Keolis témoignent après l’agression d’un collègue

, « On se sent seul et acculé dans notre cabine » : les chauffeurs de bus Keolis témoignent après l’agression d’un collègue

Ce mercredi 5 juin, aucun bus n’a circulé avant 10 h en raison de l’agression d’un chauffeur, la veille.

Il est 7 h 30 ce mercredi 5 juin. La journée est belle. Mais pour certains usagers des bus de l’Agglo, elle l’est moins. Leur chauffeur n’est pas là pour les conduire à leur destination. Il est ailleurs, au siège de Keolis bassin de Thau, situé au parc aquatechnique de Sète. La raison ? Un débrayage de 5 h 30 à 10 h pour ne pas banaliser l’agression de la veille ; un chauffeur de 35 ans a été attrapé par le col par une personne ne voulant pas payer son billet à l’arrêt « Île de Thau ».

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Dans les bureaux, les conducteurs et autres membres du personnel Keolis sont quasiment tous là ce mercredi matin. Ils discutent, débattent et restent sous le choc de l’agression. « Une situation avec une violence comme celle de mardi reste rare pour un petit réseau comme celui de la SAM », lance Auguste Garcia, doyen des chauffeurs de la SAM avec 31 ans de métier.

« Un problème sociétal »

« Le problème est sociétal depuis la sortie du Covid. Se faire insulter, c’est malheureusement devenu courant », déclarent Emmanuel et Delphine, avant de reprendre leur service. « Les incivilités ont augmenté partout en France et pas qu’à Sète. Elles n’ont pas lieu qu’à l’île de Thau, mais aussi à la gare, à la corniche… partout en fait », localise Auguste Garcia.

« Ce sont des jeunes, mais pas que. Il peut aussi y avoir des adultes et des personnes âgées. C’est un changement d’attitude global, estime le chauffeur Pascal Hurez, avant de l’illustrer avec un exemple. Une fois, deux jeunes montent dans le bus. Passent devant moi. Ne paient pas. Je les interpelle. Ils me disent : ‘ferme ta gu**** et roule !’ J’ai arrêté le bus et j’ai attendu. Au bout de cinq minutes, ils sont descendus. Dans ce cas-là, il ne faut surtout pas rentrer en conflit direct avec eux. »

« Quand quelqu’un fraude, je ne dis plus rien car j’ai peur de la réaction qu’il peut avoir. Je lui dis qu’il s’arrange avec le contrôleur. On se sent seul et acculé dans notre cabine. C’est triste », confie Delphine, selon qui la situation est devenue similaire entre les conducteurs hommes et femmes, outrepassées les réflexions sexistes comme « elle à ses règles » ou « elle est en pleine ménopause ».

Un soutien de la direction et de l’Agglo

« On ne pouvait pas laisser passer cette agression. On a fait cette action, en soutien aux chauffeurs, pour témoigner de notre ras-le-bol et de l’augmentation des incivilités », explique Jean-François Buisson, directeur de Keolis bassin de Thau. « L’agression de mardi est inadmissible, donc on est venu avec François Commeinhes, président de l’Agglo, pour montrer notre soutien aux employés », ajoute Norbert Chaplin, adjoint délégué aux politiques de transport public et nouvelles mobilités.

« Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est qu’il n’y a pas que des agressions physiques – on est à quatre ou cinq dossiers depuis le début de l’année –, il y a surtout des agressions verbales. Si un chauffeur conduit avec de la crainte, ça ne facilite pas sa journée et son travail, déplore l’élu. Heureusement que le chauffeur avait une vitre anti-agression mardi. »

Il faut que les citoyens aient plus de respect pour les chauffeurs

Un dispositif qui se généralise peu à peu, à coups de remplacement de quelques anciens bus par des nouveaux ayant le système. Mais au-delà de cet outil que les chauffeurs veulent voir dans tous les véhicules, ces derniers regrettent un manque de contrôleurs au quotidien. « Leur présence diminue les incivilités et on se sent plus en sécurité », assure Pascal Hurez. Seulement, « ils sont souvent deux par matinée et après-midi, et ont des tâches annexes qui leur prennent du temps et leur enlèvent du temps de présence », contextualise Gérard Banon, agent de maîtrise à Keolis.

« En l’état actuel, l’organisation des contrôleurs doit pouvoir suffire. Un ou deux contrôleurs de plus ne permettra pas plus d’être au bon endroit au bon moment », affirme Jean-François Buisson. « En parallèle, on travaille avec les polices nationale et municipale pour que des agents montent régulièrement dans les bus. Les conducteurs suivent aussi une formation à la gestion de conflit. Plus largement, il faut que les citoyens aient plus de respect pour les chauffeurs et les règles d’usages », conclut le directeur de Keolis bassin de Thau avec cet appel à la responsabilité.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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