
► « La violence, une manière de faire réagir le gouvernement »
Alain Christnacht, ancien haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie jusqu’en 1994 et coauteur des accords de Matignon de 1988.
« La Nouvelle-Calédonie traverse aujourd’hui une période similaire aux années 1980 où les violences entre indépendantistes, loyalistes et forces de l’ordre ont entraîné la mort de 90 personnes. La situation est même plus dramatique tant la confiance entre les différentes communautés de l’île s’est peu à peu dégradée. Les Kanaks, en majorité indépendantistes, et les Européens se considèrent tous deux en légitime défense et sont plus radicalisés qu’auparavant.
Avec le drame d’Ouvéa, tout le monde pensait qu’un dialogue et une ouverture s’instaureraient entre les diverses communautés. Les deux premiers référendums de 2018 ont montré que les lignes n’avaient pas bougé. Dans 90 % des cas, les indépendants votaient pour leur camp, pareil pour les loyalistes. Face à une très forte polarisation communautaire, il fallait trouver une nouvelle manière de vivre ensemble. Des négociations ont été engagées entre le ministre de l’intérieur et des outre-mer, Gérald Darmanin, et différents partis politiques, sans déboucher sur des mesures concrètes. La question du corps électoral pour les élections provinciales s’est assez vite posée. Il détermine la formation du Congrès, qui régit les affaires du territoire. La plupart des lois nationales ne s’appliquent d’ailleurs pas à cette assemblée locale.
Cette idée de restriction du corps électoral est assez vieille, mais il y a toujours eu des désaccords sur la manière dont elle se calculait. Elle a fini par être figée, c’est-à-dire que les personnes arrivées après 1998 ne pouvaient pas voter à l’élection du Congrès. Le gouvernement a alors choisi d’ouvrir ce corps électoral aux personnes nées sur place et à toutes celles présentes depuis dix ans. Une nouvelle fois, les désaccords profonds de la société calédonienne n’ont pas permis de trouver de point d’entente. Le gouvernement s’est impatienté et un projet de loi constitutionnel a été voté au Sénat. Il devait être voté à l’Assemblée le 1er juillet.
Mais alors que les troubles s’aggravent sur le terrain, le coup de théâtre de la dissolution rebat les cartes de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Le gouvernement national n’est plus, sinon pour gérer les affaires courantes, mais l’île n’en est pas une. L’organisation des Jeux olympiques repousse le calendrier des élections. Pourtant, les violences sont loin d’être terminées. Une vision caricaturale des émeutiers s’est diffusée dans la presse, sous l’impulsion du gouvernement, et de nombreux jeunes Kanaks sont morts, dont la plupart ne prenaient même pas part aux heurts. Une stratégie de réponse des groupes extrémistes a été de détruire l’économie de l’île, pour faire fuir les Européens. Ils s’en sont pris aux églises, symboles de la colonisation, alors même que la majorité des Kanaks sont davantage pratiquants que les métropolitains. Cette montée dans l’échelle de la violence est une manière de faire réagir le gouvernement. La confiance entre Kanaks, loyalistes, gendarmes et gouvernement n’a jamais été aussi fragile. »
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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