Municipales 2026 : À Arcachon, le maire LR Yves Foulon insulte et menace son opposant, une enquête ouverte

Le maire UMP d'Arcachon Yves Foulon pose le 03 juin 2006 sur la plage centrale de la ville.

Le maire UMP d’Arcachon Yves Foulon pose le 03 juin 2006 sur la plage centrale de la ville. PATRICK BERNARD / AFP


A peine réélu et déjà dans la tourmente. Le maire LR d’Arcachon Yves Foulon a été filmé en train d’insulter le candidat divers gauche Vital Baude de « fils de pute » et « d’enculé », le jour même de sa réélection, avec 66,51 % des voix, dimanche 15 mars, a révélé le média en ligne « Vakita ». Son principal opposant, qui a recueilli 20,45 % des suffrages, a porté plainte.


• Des insultes homophobes et des menaces


Ce dimanche, devant un bureau de vote, le maire sortant d’Arcachon Yves Foulon a provoqué une altercation avec le conseil municipal écologiste sortant Vital Baude, candidat à la mairie d’Arcachon, alors que celui-ci participait à un tournage pour un documentaire sur sa campagne. Le réalisateur indépendant Stéphane Scotto a alors pu filmer la scène et capter le son, Vital Baude portant un micro-cravate au moment des faits.

Publicité


« Fils de pute », « enculé », « ça va être terrible pour vous » … Sur les images, diffusées mardi 17 mars par le média du journaliste Hugo Clément « Vakita », on voit Yves Foulon prononcé, avec véhémence, une série d’insultes homophobes et de menaces à l’encontre de l’élu Vital Baude.


« Vous vous comportez mal », l’interpelle d’abord Yves Foulon, avant de l’inviter à se mettre à l’abri des regards, pour « ne pas se mettre en spectacle ». Il commence alors une longue diatribe, déclarant : « si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée ».


« Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose », « si je pouvais vous enculer à vous, je le ferais », enchaîne ensuite Yves Foulon. « Vous ne pouvez pas parler comme ça, Monsieur le maire », répond Vital Baude. « Si, j’ai envie de vous mettre un coup de boule, là je me retiens », réplique l’élu LR, ajoutant, sur le ton de la menace : « Ça va être terrible pour vous et votre famille », « vous êtes un fils de pute, vous êtes un enculé ».



• Un différend autour d’un projet immobilier


« La maison », répète Yves Foulon, pour justifier son comportement et ses propos. Il fait ici référence à la villa Salesse, une des plus vieilles demeures d’Arcachon, symbole de son patrimoine, construite en bord de mer au milieu du XIXᵉ siècle. Elle a été rachetée par l’édile, qui a ensuite autorisé sa démolition. « Il a détruit la villa Salesse pour construire une maison pour lui, qui est en cours de chantier d’ailleurs », a estimé auprès de « Vakita » Vital Baude.

Publicité



Ce projet de démolition avait été contesté par l’Association de sauvegarde du site d’Arcachon (Assa), qui remettait en cause la régularité des permis déposés pour la rénovation de la bâtisse. Assa avait déposé un pourvoi en cassation au Conseil d’Etat, qu’il a finalement été rejeté à la fin de l’année 2025.


Sensible à la préservation du patrimoine, Vital Baude avait fait savoir au cours de sa campagne électorale qu’il regrettait le destin de cette demeure. « Je n’ai jamais indiqué que cette villa était la sienne mais simplement que nous n’aurions jamais autorisé à détruire cette villa si nous étions aux affaires de la ville », a-t-il indiqué à « Vakita ». Yves Foulon en a pourtant fait une affaire personnelle, estimant que cela relevait de sa vie privée. Il a menacé Vital Baude d’aller « trouver dans [sa] vie personnelle » quelque chose qui pourrait le compromettre, laissant entendre qu’il pourrait user de son pouvoir de maire à cet effet.


• L’élu insulté Vital Baude porte plainte


L’élu victime des insultes, Vital Baude, a indiqué avoir porté plainte notamment pour injure non publique, menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l’encontre d’un élu public et violence n’ayant entraîné aucune incapacité de travail. Dans la vidéo, on l’entend notamment dire « ne me frappez pas comme ça ». Le parquet de Bordeaux a confirmé à l’AFP avoir ouvert une enquête en ce sens.



« C’est souvent tendu en conseil municipal, mais nos échanges n’avaient jamais atteint ce degré-là de violence », a déclaré à l’AFP Vital Baude, qui précise avoir croisé dimanche Yves Foulon « par hasard ». « C’est vertigineux et choquant de dire qu’il s’en prendrait à moi et ma famille. C’est ce qui m’a motivé à porter plainte, il faut montrer qui il est », a-t-il poursuivi.

Publicité


• Les élus de gauche s’offusquent


Cette scène a suscité l’indignation des partis politiques de gauche. La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, a dénoncé sur le réseau social X des propos « ignominieux », qualifiant l’élu LR de « honte pour la République » qui « devrait déjà démissionner ». Elle a aussi souligné le caractère « homophobe » des insultes prononcées.



« Edifiant. J’espère que Bruno Retailleau aura à cœur d’exclure ce maire aux comportements de voyou », a réagi de son côté le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure.


• Le maire évoque un « coup monté »


Yves Foulon est sorti du silence ce mercredi en publiant sur X un communiqué dans lequel il évoque un « coup monté » et dit avoir été « pris à partie par Monsieur Baude, dans un échange tendu qui ne figure pas dans cette vidéo » avant de l’accuser également d’« atteinte à la vie privée ». « Tout cela est inacceptable et a entraîné de ma part un comportement inapproprié et la tenue de propos que je regrette profondément », explique-il en présentant des « excuses publiques ».

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

Engagez-vous avec CDCL

Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.

Source de l’article : Source