Morbihan : agressé verbalement, menacé physiquement, ce maire démissionnaire vide son sac

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« C’était voué à l’échec dès le départ. » Ces mots empreints d’amertume, ce sont ceux de Francis Mahieux.

À 68 ans, le maire de Mohon (Morbihan) ne terminera pas son mandat. Il a adressé sa démission au préfet, et rendra les clefs de la mairie le 31 août 2024.

Des problèmes de santé….

La raison ? L’homme est malade, et ses problèmes de santé se sont aggravés ces quatre derniers mois. « J’ai besoin de repos. Les soins sont incompatibles avec les responsabilités qui m’incombent aujourd’hui », résume pudiquement le sexagénaire.

Francis Mahieux n’est pas du genre à s’épancher publiquement, mais à quelques heures de mettre un point final à son aventure municipale, le Mohonnais d’adoption a le cœur lourd.

Au-delà de son état de santé préoccupant, le job de maire se sera révélé pour le moins oppressant. « Le mandat a été houleux », lâche-t-il d’entrée de jeu. « Ça devenait mission impossible. »

Rien, pourtant, ne le prédestinait à diriger la commune de 980 habitants. Être maire n’était pas dans ses plans.

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Pour être totalement franc, je me suis engagé sur une liste par intérêt pour le volet social. Quand l’équipe m’a soufflé de prendre les commandes du navire, j’ai d’abord eu envie de tourner les talons. Mais je n’imaginais pas une retraite sans labeur, alors j’ai mis mes doutes de côté, et j’ai accepté le challenge pour rendre service.

Francis Mahieux

… Et un climat municipal compliqué

À ses yeux, « une mairie ne fonctionne pas avec un seul homme. » Le nouvel élu imaginait avancer en rangs serrés. Fédérer. Mais sa prise de poste a été « aussitôt sabotée » : l’ordinateur de la mairie « avait été vidé de tous ses dossiers. »

Une première déconvenue qui aura littéralement ouvert la boîte de pandore.

À peine avait-il ceint l’écharpe que ses racines nordistes ont été pointées du doigt.

 Il faut être Mohonnais depuis deux ou trois générations pour être accepté. 

Francis Mahieux

Considéré comme « un étranger », jugé pour « avoir divorcé deux fois », dénigré pour « sa carrière de fonctionnaire », le retraité des hôpitaux a fait face à un ramassis de « rumeurs malveillantes. » Parmi la population et au sein de son conseil municipal, où des désaccords ont éclaté.

« J’ai conscience que toutes nos décisions n’ont pas fait l’unanimité, mais nous avons toujours respecté les principes de la démocratie », argue l’homme qui ne peut s’empêcher de répéter, en se référant à la charte de l’élu local : « Nous ne sommes pas nommés pour défendre nos intérêts, notre bout de rue, mais une commune de 37km2 constituée de 50 villages. »

Onze démissions… sans amélioration

Ces tensions auront provoqué une flopée de démissions. Onze, en comptant celles enregistrées pour raisons de santé et déménagement. Et malgré les remaniements qui en ont découlé, le malaise a persisté.

Je me suis fait agresser verbalement, menacé physiquement… pour ne pas avoir accordé de privilèges sur tels ou tels dossiers.

Francis Mahieux

Francis Mahieux aura gouverné contre vent et marées avec un noyau de fidèles à ses côtés. « On a réalisé un gros travail sur le PLU, le cimetière et la numérotation des rues… Ma plus belle réussite restera l’acquisition à moindre coût de l’ancienne agence du CMB pour offrir un cadre de travail décent aux salariées de l’ADMR, elles attendaient ça depuis 25 ans. »

Son départ sonne un énième renouvellement de l’organigramme des élus de la commune. Jusqu’aux prochaines élections, c’est son premier adjoint, Bernard Pernel, qui assurera l’intérim. « Je regrette d’avoir accepté d’être maire. À toute personne qui souhaiterait prendre la relève, réfléchissez à deux fois avant de vous engager. »

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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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