« Monsieur le maire, vous allez mourir », un homme équipé de deux couteaux menace un maire de la Sarthe

Ce mercredi 10 décembre 2025, un Sarthois de 47 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal du Mans. Le 16 octobre dernier, dans une commune à l’est de la Sarthe, il a écrit une lettre de menaces de mort au maire et a été interpellé avec deux couteaux.

Un homme originaire de la Sarthe, âgé de 47 ans, était convoqué devant le tribunal du Mans ce mercredi 10 décembre 2025. Il était jugé en comparution immédiate pour menace de mort à l’encontre d’un élu et port sans motif légitime d’arme blanche. Les faits remontent au 16 octobre 2025, dans une commune à l’est de la Sarthe. Le maire concerné ne souhaite pas que son identité soit dévoilée, expliquant que ses proches « ne sont pas au courant ».

Expulsé de son logement pour loyers impayés en juin dernier, le prévenu, sans emploi depuis 18 ans, a d’abord dormi dans la rue durant plusieurs semaines, avant de se voir proposer un logement d’urgence par la mairie. Cet accueil d’urgence a pris fin en octobre.Le quadragénaire a alors écrit une lettre de menaces de mort, qu’il a transmise à un employé de la commune, à destination du maire. « Monsieur le maire, vous allez « RIP » [Rest in peace, reposer en paix]. Prenez cela pour une vraie menace« . Les gendarmes l’ont interpellé le jour-même dans le bourg, avec deux couteaux sur lui. « L’un est pour manger, l’autre pour me protéger quand je dors dans la rue », se défend-il.

En garde à vue, cet habitant inconnu de la justice, qui avait déjà menacé de « frapper le maire » s’il ne lui trouvait pas un logement, avait maintenu ses menaces : « Il ne faut pas que je le recroise« , a-t-il déclaré aux forces de l’ordre. Dans le box des prévenus ce mercredi, le discours était différent. « J’étais encore énervé à l’audition, je suis quelqu’un de très nerveux, j’ai du mal à redescendre. Mais je regrette sincèrement les faits, je m’en excuse sincèrement auprès du maire« .« Derrière les mots dans cette lettre, il y avait un projet. C’est un dossier inquiétant. En garde à vue, le prévenu a déclaré : « Je l’aurais chopé et je l’aurais défoncé », en parlant du maire. Celui-ci, qui est présent aujourd’hui, n’a prévenu personne de son entourage qu’il a été victime de menaces de mort, il ne veut pas que ça se sache« , a expliqué l’avocat de la partie civile.

Dans ce dossier « assez représentatif du quotidien des maires en France« , le procureur a requis une peine de douze mois de prison dont six mois avec un sursis probatoire de deux ans.« Il a eu un excès de colère. Il a été dans une forme de désinhibition des faits, car il avait un grand sentiment de danger et d’urgence sociale. Il était dans une précarité très importante. À ce moment-là, c’était une façon pour lui de passer un appel au secours », justifie l’avocate de la défense, qui demande au tribunal de ne pas faire de son client « un exemple des menaces faites aux élus locaux ».Le tribunal a décidé de condamner ce Sarthois à six mois de prison avec sursis probatoire deux ans. Il a écopé également d’une obligation de suivre une formation ou de travailler, d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime, de paraître sur la commune concernée et de détenir une arme pendant trois ans.