
Selon des enquêtes à la sortie des urnes, Claudia Sheinbaum, 61 ans, l’emporte largement avec 57,8% des voix contre 29,1% pour l’ex-sénatrice de centre droit Xochitl Galvez. Le candidat centriste Jorge Alvarez Maynez arrive loin derrière (11,4%) de cette élection à un tour.
Les électeurs du Mexique se sont rendus aux urnes ce dimanche 2 juin et s’apprêtent à élire la première femme présidente de l’histoire du pays, gangrené par la violence liée au narcotrafic et où l’ONU décompte une dizaine de féminicides par jour.
La favorite de ce scrutin est la candidate de la gauche au pouvoir, Claudia Sheinbaum, 61 ans, devant sa rivale de centre droit Xochitl Galvez. Le troisième candidat est Jorge Maynez, représentant du parti minoritaire Mouvement citoyen.
Journée électorale rattrapée par la violence
La violence a toutefois rattrapé la journée électorale dans le plus grand pays hispanophone du monde, où ont lieu également des élections au niveau local. Ce dimanche, deux personnes ont été tuées dans deux attaques contre des bureaux de vote de deux localités de l’État de Puebla (centre), a indiqué une source de sécurité du gouvernement local.
Quelques heures plus tôt, dans la nuit de samedi à dimanche, Israël Delgado, 35 ans, candidat à une élection locale dans l’État du Michoacan, dans l’ouest du pays a été tué par balle. Avant lui, au moins 25 candidats avaient été assassinés, d’après le comptage de l’AFP.
Une participation potentiellement «historique»
De Cancun (sud-est) à Mexico, les files ont commencé à se former dimanche dès l’ouverture des bureaux de vote à 08h00 locales (14h00 GMT pour Mexico). «Je crois que ça va être historique en termes de participation», affirme Ana Hernandez, 28 ans politologue, devant un bureau de vote dans la capitale.
En trois mois de campagne, Claudia Sheinbaum, du Mouvement pour la régénération nationale (Morena) et ex-maire de Mexico (2018-2023), a régulièrement devancé de 17 points en moyenne Xochitl Galvez, soutenue par une coalition de trois partis.
Clemencia Hernandez, femme de ménage de 55 ans, s’apprête à voter pour la première. «Une femme présidente représentera une transformation et espérons qu’elle fasse davantage pour ce pays. Ici la violence contre les femmes est à 100%», dit-elle. Elle tient par ailleurs à apporter son vote à la gauche sortante. «Aucun gouvernement avant ne s’était préoccupé autant des personnes âgées», argumente-t-elle, en référence au président Andres Manuel Lopez Obrador.
Eunice Carlos, retraitée de 70 ans qui attend de voter dans le quartier résidentiel de Polanco, juge au contraire qu’il a été «un président très néfaste, en premier lieu parce qu’il nous a divisés». «Mon vote va en faveur de la démocratie avec Xochitl Galvez».
Les électeurs sont également appelés à renouveler le Congrès et le Sénat, à choisir les gouverneurs dans neuf des 32 États et à désigner des députés locaux et maires. En tout, 20.000 postes sont à pourvoir lors de ces élections à un tour. Les premières tendances pour la présidentielle seront connues quelques heures après la fermeture des bureaux de vote à 18H00 (00H00 GMT pour Mexico).
«Le temps des femmes»
«Nous allons entrer dans l’histoire», a proclamé Claudia Sheinbaum, portée par la popularité du président sortant, lors de son dernier rassemblement de campagne mercredi à Mexico. «C’est le temps des femmes et de la transformation», a-t-elle lancé à l’adresse des Mexicaines, qui dénoncent à l’unisson une société machiste. «Cela veut dire vivre sans peur et être libres de violences», a-t-elle ajouté. Chaque jour, une moyenne de neuf à dix femmes sont assassinées au Mexique, selon l’ONU Femmes.
Xochitl Galvez mise, elle, sur un «vote caché» en sa faveur, qui aurait échappé aux sondages. D’origine modeste, cette fille d’un père indigène, cheffe d’entreprise, a dénoncé l’échec de la politique de sécurité du gouvernement sortant, parlant de «186.000 personnes assassinées et 50.000 personnes disparues» depuis 2018.
Lutter contre les cartels, les gangs et les bandes
La lutte contre la violence des cartels, des gangs et des bandes sera le premier défi de la future présidente, d’après Michael Shifter, chercheur au centre d’analyse Dialogo Interamericano, dont le siège est à Washington. Au total, quelque 450.000 personnes ont été assassinées depuis 2006, quand l’ex-président Felipe Calderon a envoyé l’armée contre les cartels.
Claudia Sheinbaum a promis de poursuivre la politique actuelle, qui consiste à s’attaquer aux causes de la violence plutôt que le tout-répressif, tout en luttant contre «l’impunité». Sa concurrente, elle, veut en finir avec les «accolades» aux cartels.
Relation intense et complexe avec les États-Unis
La «presidenta» devra également consolider l’État-providence dans un contexte budgétaire qui se dégrade. Des prévisions annoncent un déficit à 5,9% du PIB pour 2024, le plus important depuis des décennies. Elle devra également gérer la relation bilatérale intense et complexe avec les États-Unis. Washington demande à Mexico de lutter contre le trafic de fentanyl, une drogue de synthèse qui provoque des milliers d’overdoses aux États-Unis.
Le Mexique a pour sa part déposé deux plaintes aux États-Unis contre des fabricants d’armes américains, qu’il accuse d’être responsables de tueries sur son territoire. Les deux pays sont confrontés au défi de l’immigration clandestine qui bat des records, avec 2,4 millions d’arrestations côté États-Unis en 2023, d’après les autorités américaines. La «presidenta» devra alors attendre l’élection de novembre au nord du rio Grande pour savoir si son interlocuteur sera le président démocrate sortant Joe Biden ou le républicain Donald Trump.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
Source de l’article : Source
