
Injures antisémites, contraintes de constructions de logements sociaux et absence d’écoute de la part de la Métropole de Lyon. Le maire Les Républicains de Mions, une commune du Grand Lyon, a annoncé sa démission samedi 20 avril 2024 à la surprise générale sur les réseaux sociaux.
Claude Cohen a annoncé avoir présenté sa démission à la préfète du Rhône ce qui devrait provoquer l’élection d’un nouveau maire dans la commune de 12 000 habitants située dans l’est lyonnais.
« J’ai envoyé ma lettre de démission »
« C’est avec une grande émotion que je m’adresse à vous (…) pour vous informer que j’ai envoyé ma lettre de démission à Madame la Préfète de Région le 17 avril », a écrit le maire dans un message publié sur Facebook.
« Après une période de réflexion, j’ai pris la décision de démissionner de ma fonction de Maire et je suis convaincu que le changement ouvrira la voie à un nouveau chapitre pour la municipalité. Je resterai membre du Conseil municipal et élu de la Métropole », complète-t-il.
« J’en peux plus », a-t-il ajouté dans plusieurs interviews ce week-end.
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Insultes et menaces antisémites
Parmi les raisons qui ont poussé l’élu à la tête de la commune depuis 2014 à démissionner, il y notamment des insultes et menaces antisémites, selon lui.
« On a voulu me décapiter, on a fait des dessins de moi (…) antisémites, il y a eu des propos de moi avec une étoile jaune », confie-t-il ce dimanche sur RTL. « Aujourd’hui, c’est très difficile à supporter. Comme m’a dit un jour Monsieur Larcher (le président du Sénat, Ndlr), vous êtes maire et vous êtes juif, donc j’avais la double peine ».
« J’ai des propos antisémites très réguliers depuis que je suis élu puisque je porte un nom qui ne peut pas prêter à confusion. Malheureusement, je l’ai subi en fonction des événements d’Israël », a-t-il également ajouté.
« Un élu communiste a porté l’écharpe du Hamas lors d’un conseil métropolitain »
Sur Europe 1, il affirme avoir vu un élu communiste du Grand Lyon porter une écharpe du Hamas.
« Lors du dernier conseil métropolitain, une personne est intervenue, c’est un élu communiste qui a porté l’écharpe du Hamas pendant son intervention. Je vous le garantis ! », insiste Claude Cohen, poursuivant : « Je fais très bien la différence entre l’écharpe palestinienne et l’écharpe du Hamas. Je fais très bien la différence ».
Selon nos informations, aucune plainte ou enquête n’est recensé concernant des insultes ou menaces contre le maire de Mions.
« C’est une constante dans la vie politique, mais il y a incontestablement une accélération depuis le 7 octobre », a déploré Yonathan Arfi (président du CRIF) à propos de la démission du maire.
Polémique sur la construction des logements sociaux
Autre argument qu’il avance pour expliquer son départ : la décision en janvier 2024 de la préfecture du Rhône de sanctionner plusieurs communes dont Mions à cause du manque de construction de logements sociaux.
Depuis cette date, le maire ne pouvait plus signer de permis de construire. La compétence étant reprise en main par la préfète du Rhône.
« Je n’ai jamais refusé un seul permis de construire pour des logements sociaux. Il se trouve simplement qu’ici, il n’y a pas de foncier disponible », s’est-il défendu auprès de France 3.
Dernier grief pour l’élu LR : ses relations compliquées avec la Métropole écologiste. Ce dernier affirme que le président du Grand Lyon Bruno Bernard « impose » ses décisions aux maires des petites communes.
La préfecture a désormais entre 8 jours et deux mois pour acter la démission de Claude Cohen. Le conseil municipal devra se réunir pour élire son successeur.
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