Menaces «à la Daech» contre le maire de Montoir : le prévenu écope d’une simple amende, l’élu «dégoûté»

, Menaces «à la Daech» contre le maire de Montoir : le prévenu écope d’une simple amende, l’élu «dégoûté»

«Quel signal catastrophique pour les autres élus de la République», a déploré Thierry Noguet, l’édile sans étiquette victime en 2023 d’un courriel d’une rare violence le menaçant de mort.

Le mail était assorti d’une menace de mort «gore, abjecte et violente» . Rédigé dans un style «à la Daech», un courriel particulièrement sordide avait été adressé le 28 novembre 2023 à Thierry Noguet, le maire sans étiquette de Montoir-de-Bretagne, dans la banlieue de Saint-Nazaire. Choqué par cette lettre macabre, l’élu avait pu bénéficier du dispositif contre les violences faites aux élus et avait été contraint de modifier son quotidien pour se mettre à l’abri. Un an plus tard, le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire a condamné, ce vendredi 22 novembre, un homme de 49 ans à une amende de 4000 euros à verser à l’édile, assortie d’une amende de 2500 euros pour son épouse. Une sanction limitée qui a fait bondir l’élu de Montoir.

«Je suis déçu, dégoûté. L’important ce n’est pas la somme des dommages et intérêts, mais le symbole. Il n’est pas possible de s’en prendre à un maire et de s’en sortir de cette manière. Quel signal catastrophique pour les autres élus de la République !», a confié Thierry Noguet au Figaro, à la sortie de l’audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, vendredi matin. L’édile, qui s’attendait à «une sanction forte, exemplaire», s’est présenté au tribunal entouré de la quasi-intégralité des maires de la communauté d’agglomération de la région nazairienne, venus soutenir leur confrère.

Un geste «imbécile»

Le condamné, directeur d’une usine de 400 employés dans le Maine-et-Loire, s’est défendu de toute volonté de nuire personnellement à Thierry Noguet. Ancien cadre de l’usine d’engrais Yara de Montoir, le suspect avait cherché à se venger d’un collègue en usurpant son adresse mail professionnelle pour envoyer le courrier hyperviolent à l’édile. Un geste, dont il a reconnu «l’imbécillité», en précisant avoir été fortement alcoolisé le jour des faits, à un moment où il traversait un divorce. Les enquêteurs ont pu retrouver la trace du véritable auteur du mail en pistant son adresse IP ainsi que son téléphone portable. Il avait été interpellé le 19 mars 2024. En dehors des amendes, l’individu a également écopé d’une interdiction de présence à Montoir, doublé d’une interdiction de contact avec Thierry Noguet au cours des trois prochaines années.

«Il a timidement présenté ses excuses à mon épouse et à moi, mais nous ne les acceptons pas. Ce qu’il a fait est abominable !», fustige le maire de Montoir. Passablement amaigri depuis l’an passé, l’édile avait dû mettre sa vie sous cloche pendant de longs mois, en adoptant plusieurs réflexes de sécurité qui ne l’ont plus quitté depuis. Sa femme a par ailleurs développé un stress post-traumatique qu’elle soigne encore. 

«Une peine de prison avec sursis aurait été plus satisfaisante», ajoute encore Thierry Noguet, qui précise se donner encore le temps de réfléchir avant de rejouer son mandat lors des prochaines élections municipales, en 2026. Vendredi, une seconde audience au tribunal de Saint-Nazaire devait également statuer sur le sort d’un autre prévenu, accusé d’avoir caillassé la maison et la voiture du maire de Saint-Joachim, Raphaël Salaün.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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