Une série d’actes violents dans le monde agricole touche la Loire-Atlantique. C’est pour les dénoncer qu’une bonne centaine de personnes s’est mobilisée à Pontchâteau (Loire-Atlantique), mardi 27 mai 2025, près de quatre mois après l’agression dont a été victime une technicienne du bureau d’études Hydro concept par un agriculteur de Missillac.
Des violences qui remontent en février
Une affaire révélée par nos confrères d’Ouest-France il y a trois semaines. Depuis, les investigations sont toujours en cours et selon la gendarmerie, l’auteur présumé des faits n’a toujours pas été entendu.
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Les faits remontent pourtant au 4 février. La victime effectue des relevés dans le cadre de l’inventaire des zones humides, mandatée pour cela par communauté de communes du pays de Pontchâteau-Saint-Gildas.
Des menaces de mort
Alors qu’elle fait demi-tour sur un chemin communal, elle croise le chemin de l’agriculteur en retraite, Alain Bernier, ancien président de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, et de son fils, exploitant actuel de ces terres.
M. Bernier père avait signifié par courrier son refus de participer à l’inventaire et voit rouge. Une info que n’avait pas la technicienne.
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Les deux hommes la bloquent avec deux tracteurs. S’ensuit une série d’injures et de menaces de mort, telles que « les personnes comme toi mériteraient d’être égorgées… », et de vol de matériel qui sera restitué plus tard à la communauté de communes. La société Hydroconcept et sa technicienne portent plainte à la gendarmerie.
Alain Bernier, contacté, n’a pas souhaité apporter d’informations à cette affaire.

D’autres agents agissant pour l’environnement connaissent des intimidations ou des agressions. Ici, cette salariée récoltait des informations pour éclairer des décisions publiques. On ne peut tolérer qu’une poignée d’agriculteurs agissent en cow-boys et se croient tout permis.
Des faits « minimisés » par la Chambre d’agriculture
Avec lui, d’autres associations et collectifs engagés comme le TACTS 44 (1), condamnent des actes inacceptables, des propos menaçants et une attitude qui a été trop minimisée à la fois par les élus locaux dont le président de la communauté de communes Jean-Louis Mogan et maire de Missillac, et par la présidente de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, Carmen Suteau.
Elle a excusé les paroles de M. Bernier, indiquant qu’il était peut-être fatigué et la jeune technicienne peut-être trop sensible ! On lui a demandé une rencontre et nous ne la verrons que dans trois semaines !
Jean-Louis Mogan, en revanche a reçu une délégation en fin de matinée alors que les prises de paroles se succédaient devant la salle de la Boule d’or et que le cortège escorté de tracteurs et de nombreux gendarmes prenait le chemin de la communauté de communes.
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Banalisation des violences faites aux femmes
Dans la foule, des agricultrices expriment leur effarement devant cette situation.
J’en suis tombée de ma chaise quand j’ai lu les propos rapportés de ce monsieur. Mais je ne veux surtout pas être représentée par quelqu’un comme ça !
Pour une autre agricultrice, les propos de Carmen Suteau sont d’une telle « légèreté et de cynisme » vis-à-vis d’un ancien président de la chambre d’agriculture « qu’ils banalisent les violences faites aux femmes ».

La maire Danièle Cornet s’est également exprimée pour dénoncer ces faits « inadmissibles » tout rappelant de ne pas faire d’amalgame entre les élus, les agriculteurs…
« Une communication maladroite »
Jean-Louis Mogan, dont la parole, au lendemain de la révélation de l’affaire a été décriée a expliqué à la délégation avoir eu une « communication maladroite, sans avoir tous les éléments en main ».
La plainte est en cours. Je n’avais les versions d’aujourd’hui, je ne savais pas qu’il y avait eu des menaces de mort par exemple, sinon j’aurai eu un autre discours. Je condamne toutes les agressions physiques et verbales. Si les faits sont avérés, chacun prendre ses responsabilités et je saurai les prendre.
L’inventaire des zones humides est au cœur de cette affaire. Un dossier pour lequel l’élu s’est engagé pour sa commune alors comme il le précise à l’Echo de la presqu’île, « A Missillac, nous n’avions pas d’obligation car nous ne sommes pas en révision de PLU. On a fait le choix de le faire sur l’ensemble du territoire ».

18 agriculteurs à Missillac ont exprimé un refus. Les contraindre par un arrêté préfectoral pour l’accès aux parcelles privées n’a pas été envisagé non plus.
Je ne pouvais pas imaginer que cela se passe comme ça… Et je ne cautionne pas l’agression car la salariée est allée là où elle ne devait pas. L’info ne lui avait pas été communiquée. Et ça, je ne le savais pas au départ.
(1) : Tous pour une agriculture citoyenne, territoriale et solidaire, avec le GAB 44, solidarité paysans 44, le Civam, la confédération paysanne, Terre de liens, Accueil paysan, Terroirs 44 et la LPO.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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