Les violences contre les élus en baisse sur l’année 2024, malgré un niveau inquiétant à l’approche des municipales

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Les élus politiques ont été victimes de 30 à 40 atteintes par semaine sur l’année 2024. Soit un total de 2 501 cas recensés, dont 250 où des attaques physiques ont été signalées. « Aucun territoire n’y échappe : les villes, les campagnes, y compris les Outre-mer », annonce François-Noël Buffet, ministre délégué au ministère de l’Intérieur, dans un entretien accordé au Figaro.

Le bilan de l’enquête réalisée par le Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (CALAE) dévoile cependant que le nombre de cas recensés est en recul de 9 % par rapport à l’année précédente. En 2023, ce sont 2 748 atteintes qui ont été enregistrées.

« Ils sont en première ligne »

Le rapport ministériel pour l’année 2024 fait, de son côté, état d’épisodes de violences qui restent largement minoritaires (10 %). Il en va de même pour les cas de destructions et dégradations de matériels (8 %), tandis que la majorité des attaques relèvent des menaces et outrages (68 %, dont 24 % par internet).

Les maires sont particulièrement visés, en étant victimes de 64 % des atteintes enregistrées. « C’est extrêmement préoccupant, car ils sont en première ligne pour répondre aux besoins locaux, regrette François-Noël Buffet. Ils sont des figures d’autorité, indispensables à la démocratie locale. » Les conseillers municipaux représentent 18 % des atteintes et les parlementaires près de 13 % d’entre elles.

L’un des derniers cas ayant choqué au niveau national est celui de Faouzy Guellil, conseiller municipal de Dugny (Seine-Saint-Denis) et directeur général des services (DGS) de la ville de Stains. L’élu est agressé, le 28 février dernier, devant ses enfants par deux hommes cagoulés : « Ils m’ont attrapé par le sac à dos, m’ont traîné par terre et ils m’ont donné des coups de genoux et coups de pied au visage. » Sa voiture a été, ensuite, aspergée d’essence puis brûlée. « Dans un sursaut, j’ai frappé à la porte et appelé mon épouse, Souad. Si elle n’avait pas agi en conséquence, je ne serais pas là aujourd’hui pour vous en parler », racontait la victime auprès de l’Humanité.

Alors que les élections municipales vont rythmer la vie politique de l’année 2026, l’ancien président de la commission des Lois et maire d’Oullins (Rhône), a profité de son entretien avec le quotidien de droite pour annoncer la diffusion, l’année prochaine, d’un pack nouvel élu. « Il est indispensable que les élus connaissent mieux leurs prérogatives en matière de police administrative et de prévention de la délinquance, pour assurer la sécurité dans leur commune, estime-t-il. Les boutons d’appels d’urgence vont, eux aussi, être généralisés. »

Ce pack nouvel élu – expérimenté depuis près d’un an – a « démontré son efficacité », affirme le ministre délégué. En attendant, la fonction de maire continue de subir une crise existentielle. A l’occasion d’une table ronde organisée au ministère de l’Aménagement et du Territoire le 8 avril dernier, le politologue Martial Foucault alertait sur une tendance qui ne faiblit pas, grâce à une enquête effectuée auprès de 5 200 maires : « 19 % des répondants de l’enquête ne souhaitent pas se représenter à cause du sentiment d’insécurité et de surexposition face aux comportements des citoyens. »

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

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