
Le maire Sébastien Olharan avait déposé plainte contre l’activiste pro-migrants après une série de messages sur X à son encontre. La décision a été mise en délibéré.
Habitué des tribunaux pour défendre ses prises de position controversées en faveur de l’accueil des migrants, le militant Cédric Herrou comparaissait, jeudi après-midi à Nice (Alpes-Maritimes), pour «diffamation» et «injures publiques» à l’égard du maire Les Républicains de sa commune de Breil-sur-Roya, Sébastien Olharan. «Sombre type», «bébé Ciotti sevré trop tard», «parasite gonflé d’orgueil et d’argent public» : sur X (ex-Twitter), entre le 8 et le 10 février 2024, le coresponsable d’Emmaüs Roya avait ciblé l’édile après divers conflits qui peuvent paraître futiles, dont la fermeture d’un sentier vers sa ferme par un voisin et une campagne d’affichage des jeunes LR en soutien aux agriculteurs dans le village.
Des propos qui avaient franchi un «cap dans la violence et l’insulte» pour Sébastien Olharan. Le militant, connu pour avoir facilité l’entrée illégale d’étrangers en situation irrégulière dès 2016 par la frontière franco-italienne, s’en était déjà pris à l’élu. Les deux hommes se sont retrouvés sur les bancs du tribunal correctionnel après ceux du tribunal administratif cet été, où Cédric Herrou contestait l’installation de caméras de vidéosurveillance à Breil-sur-Roya, un recours finalement rejeté.
«Acharnement»
Les deux hommes entretenaient pourtant des relations cordiales jusque-là, eux qui étaient «d’accord de n’être pas d’accord». Mais à la suite de ces événements, «nos rapports se sont dégradés», a convenu à la barre Cédric Herrou, expliquant qu’il s’était senti «humilié». «J’ai peut-être réagi de manière excessive, ce n’était pas ma volonté de blesser Monsieur Olharan et si c’est le cas, je m’en excuse», a-t-il avancé. «On est obligé, en tant que lanceur d’alerte, d’être provocant pour dénoncer des faits», a ajouté l’agriculteur engagé, à l’origine de la reconnaissance par le Conseil constitutionnel du «principe de fraternité» pour la «liberté d’aider autrui», dont les migrants, dans une démarche «humanitaire».
Le maire LR de Breil, élu en 2020, a reconnu s’exposer, dans le cadre de ses fonctions, à des «critiques» et «reproches». Mais pas à ce degré : «Je veux faire en sorte que ces insultes cessent pour rétablir mon honneur et celui de la commune», a-t-il exposé au tribunal. «C’est un acharnement», a insisté son avocate, Me Isabelle Willm, énumérant tous les tweets de Cédric Herrou – qui a depuis fermé son compte – en réponse à ceux de l’édile. «Au fond, ce qui dérange Monsieur Herrou, c’est qu’on peut être un maire de droite et un bon maire, humanitaire et œuvrer dans le même sens», a-t-elle poursuivi.
«Codes»
En défense du militant, son conseil, Me Sabrina Goldman, a rappelé que X, désormais propriété du milliardaire Elon Musk, était «le réseau social de l’invective». L’avocate a martelé le principe de liberté d’expression d’un simple citoyen. «Dire que ce n’est pas plaisant, que c’est péjoratif, ça ne suffit pas à qualifier une injure en matière de droit», a-t-elle précisé, en citant des jurisprudences de propos outranciers envers des responsables politiques qui n’ont pas été sanctionnés par la justice.
«Je n’ai pas vos codes, je suis un simple agriculteur qui travaille 65 heures par semaine, et pour moi, “sombre type”, ce n’est pas injurieux», a ajouté en dernier mot Cédric Herrou, se tournant parfois vers le maire lors de l’audience et avec qui il échangera quelques mots en quittant la salle. La décision sera rendue le 27 février, le temps de laisser au tribunal le soin de délibérer autour de trois faits en diffamation en lien avec les injures présumées. Plusieurs fois poursuivi, en appel et même jusqu’en cassation, notamment pour injures et diffamation par Éric Ciotti, Cédric Herrou n’a jusqu’à aujourd’hui jamais été condamné définitivement.
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