« Après tout, personne n’est mort« , ce sont ces mots au sujet du procès des viols de Mazan qui ont mis le feu aux poudres. Depuis cette interview accordée mi-septembre à la BBC, le maire de Mazan a présenté ses excuses, « je comprends que ces propos choquent et j’en suis sincèrement désolé« . Mais les menaces à son encontre continuent d’affluer par téléphone, sur les réseaux sociaux ainsi qu’en mairie.
Des fouilles à l’entrée du Conseil municipal
« J’ai été menacé, j’ai été insulté. La dernière [chose, ndlr] pour laquelle j’ai été obligé de porter plainte, c’était quelqu’un qui demandait mon adresse aux services de la mairie pour faire une descente avec un groupe chez moi« , raconte Louis Bonnet, sous protection de la gendarmerie depuis plusieurs jours. Selon le maire, ce climat d’insécurité l’a poussé à ne pas venir au Conseil municipal mercredi 25 septembre. Il a décidé de se retirer de la vie publique jusqu’à nouvel ordre.
Ce mercredi soir, le Conseil municipal s’est déroulé dans un contexte tendu, présidé par le premier adjoint, Georges Michel. Pour la première fois, des fouilles ont été mises en place à l’entrée pour le public. Des élus d’opposition se sont retirés du Conseil en demandant la démission de Louis Bonnet. Le quorum n’étant pas respecté, le Conseil a été annulé et sous réserve, reporté à ce lundi.
Avant de claquer la porte de la mairie mercredi soir, l’opposition a souligné que les propos de Louis Bonnet étaient inappropriés. « Si j’avais été maire, j’aurais fait quelques interviews et surtout j’aurais organisé un soutien auprès de Gisèle Pelicot pour montrer que Mazan a une âme et montrer que la population est solidaire avec Madame Pelicot« , déplore Stéphane Coulon, élu d’opposition (« Notre village autrement »).
« S’il y a eu un dérapage chez [les] Pelicot, ça ne représente pas l’ensemble du village »
Le maire promet à nouveau qu’il apporte tout son soutien à Gisèle Pelicot. En se retirant de la vie publique quelque temps, Louis Bonnet entend laisser passer l’orage, mais ne compte pas démissionner, « je reçois aussi beaucoup de mails et de messages de Mazanais qui me soutiennent. Le fond de tout ça, c’est qu’à un moment donné quand notre village passe pour une pépinière de violeur, il faut bien que les gens montent au créneau. S’il y a eu un dérapage chez monsieur et madame Pelicot, ça ne représente pas l’ensemble du village. »
Ce « dérapage » est une référence aux faits qui ont entraîné la poursuite pour viols aggravés de Dominique Pelicot et 50 co-accusés par la cour criminelle départementale du Vaucluse.
Cinq ans de mise à l’épreuve pour un adjoint au maire
Dans un second temps, l’opposition s’interroge sur l’exercice de l’adjoint à la vie scolaire et aux sports, Silvère Jouberteau, après sa condamnation en 2021 à 12 mois de prison avec sursis et cinq ans de mise à l’épreuve pour agression sur un mineur d’origine étrangère avec sa voiture. « Il n’est pas inéligible », se défend Louis Bonnet.
Une plainte pour harcèlement
« Il y a trop de choses qui s’accumulent« , déplore Stéphane Claudon qui fait partie des élus réclamant la démission du maire. La veille de ce Conseil municipal, une plainte a été déposée par deux policiers municipaux pour harcèlement à l’encontre du maire de Mazan. La situation est électrique depuis plusieurs années avec un collaborateur d’élu, policier municipal et en poste au cabinet du maire.
Les plaignants pointent des pressions, des dépôts de plaintes à répétition, des courriers anonymes, mais aussi une surveillance par les caméras de la municipalité installées à Mazan, pendant leur service et en dehors de leur temps de travail. Difficile de travailler dans ces conditions d’après leur avocat. L’un des deux agents est actuellement en arrêt-maladie.
En parallèle, le maire les convoque pour un entretien préalable à une sanction. « Les deux agents ont commis une faute à mes yeux donc je les convoque. [S’ils sont sanctionnés, ndlr] et qu’ils ne sont pas d’accord, ils vont au tribunal administratif, c’est la procédure« , déclare le maire, en précisant que l’application de la sanction dépendra des échanges tenus lors de cet entretien. Le motif de cette faute n’est pas communiqué à ce stade.
Les deux agents municipaux avaient déjà déposé plainte en juillet dernier auprès de la brigade de recherche de Carpentras. Cette fois-ci, leur plainte a été directement déposée auprès du parquet de Carpentras.
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