
L’annonce, glissée entre deux vœux de bonne année, lors de sa cérémonie de présentation aux habitants, il y a une dizaine de jours, était quasiment passée inaperçue.
Eric Le Dissès, ne proposait pourtant rien de moins que d’équiper le personnel enseignant de bombes lacrymogène et de bracelets d’alarme. Trois semaines avant cette cérémonie, le maire avait, en effet, adressé un courrier à tous les enseignants des écoles primaires de sa ville, avec copie à l’inspectrice de l’Education nationale.
Une lettre dont le propos commence par « le manque de forces de police » et enchaîne par le statut de « personnes remarquables, comme le maire ou les médecins », qui deviennent donc des « personnes à risques », quand « la violence devient, pour certains esprits faibles, la seule solution. »
Pas assez de policiers sur un territoire vaste?
Puis le maire revient sur l’impossibilité pour la police nationale « de pouvoir protéger chacun de vous » et pointe les « 180 policiers sur un territoire qui va de Marignane à Vitrolles et Plan-de-Campagne, dont 80 en poste fixe au commissariat de Marignane, sans regarder le personnel en congés ou en arrêt. C’est ridicule. » C’est très certainement cette partie qui a piqué Frédérique Camilleri, préfète de police des Bouches-du-Rhône.
Cette dernière, ayant eu connaissance de ce courrier, a également fait parvenir une réponse à Eric Le Dissès. La préfète rappelle, en premier lieu, qu’une bombe lacrymogène est « une arme de catégorie D dont le port et le transport sans motif légitime sont interdits. » Ce que ne réfute pas le maire: « Les enseignants qui souhaitent être équipés devront, effectivement, remplir une déclaration et la soumettre en Préfecture. On verra si les services de l’État l’acceptent ou pas. »
En réalité, rien n’empêche qui que ce soit d’acheter et de détenir librement une bombe lacrymogène (maximum 100 ml) mais en cas de contrôle des forces de l’ordre, son détenteur devra pouvoir justifier de la légitimité du motif d’en détenir une hors de son domicile.
« Ne pas rester sans rien faire »
Les divers événements terroristes ayant touché des établissements scolaires, et particulièrement celui de l’attaque au couteau d’Arras ont motivé le maire: « Quand j’ai vu la vidéo de cet agent d’entretien qui a tenté d’empêcher l’assaillant d’approcher, avec une chaise, l’idée m’est venue d’équiper le personnel, tant enseignant qu’employé des cantines et du périscolaire, juste histoire de leur permettre de se sortir d’une mauvaise situation. Le bracelet, lui, émet un son de 140 décibels, qui permettra d’alerter l’entourage. »
Pour l’édile, il s’agit « d’anticiper d’éventuelles agressions » et « de ne pas rester sans rien faire en attendant qu’elles se produisent. On ne s’interroge sur les agressions, qu’une fois qu’elles ont eu lieu. »
Eric Le Dissès explique, qu’à ce jour, la moitié des enseignants aurait formulé le souhait d’être équipée. Le budget alloué à une telle mesure ne sera fixé qu’à l’issue de tous les retours.
Le courrier de Frédérique Camilleri pointe également des mesures qu’elle aurait souhaité voir mise en œuvre avant la formulation d’une telle proposition, et de relever, notamment, elle aussi, la faiblesse du nombre d’agents de police municipale, « passés de 38 à 13 depuis 2016. » « Je me suis déjà expliqué là-dessus, répond le maire, j’ai été contraint de faire le ménage mais les recrutements sont en cours. En revanche, il y avait zéro caméras de surveillance quand je suis arrivé aux affaires et nous allons passer à 139 et, croyez-moi, les images sont souvent utilisées par la police nationale. »
L’absence de conseil local de sécurité et de prévention (CLSPD) est également dénoncée par la préfète. « Il est simplement en sommeil mais nous l’avons relancé ».
Enfin Frédérique Camilleri pointe « le refus du maire de créer une cellule municipale d’échange sur la radicalisation ». « Le jour où les maires auront la possibilité de connaître le nom des fichés S présents dans leurs communes, on pourra rediscuter de la cellule sur la radicalisation. »
« Il n’y aura jamais assez d’effectifs de police pour protéger tout le monde »
Eric Le Dissès entend toutefois la colère de la préfète et estime que sa proposition d’équiper les enseignants n’aurait pas dû être corrélée aux effectifs de police, « certes insuffisants pour un tel territoire, mais sans rapport avec ma proposition (…) d’autant qu’il n’y aura jamais assez d’effectifs de police pour protéger tout le monde et particulièrement les agents du service public. »
À l’issue de notre entretien, lundi 22 janvier, le maire n’imaginait pas que l’actualité allait donner une résonance particulière à sa proposition et ce, dans sa propre ville.
En effet, vendredi 19 janvier, un élève du lycée Emilie-de-Mirabeau a été frappé par d’autres élèves, dans la cour de récréation. Des assistants d’éducation se sont interposés. Une agression qui a fait deux blessés parmi les élèves, trois chez le personnel surveillant, entraînant, ce lundi 22 janvier, la mise en œuvre, par les professeurs, de leur droit de retrait. Les parents ont été contraints devenir récupérer leurs enfants dans la matinée.
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
Consultez également la source de cet article : Article source.
