L’agresseur du maire de Pernand-Vergelesses mi-septembre condamné en correctionnelle

L’homme, un viticulteur de 53 ans inconnu de la justice, a violemment secoué l’élu, l’agrippant par le col et le bras. Pas de coups, ni d’insultes mais 3 jours d’arrêt de travail pour le maire de Pernand-Vergelesses, Gilles Arpaillanges, 72 ans qui n’était pas présent à l’audience.

L’agression du maire de Pernand-Vergelesses au nord de Beaune, le 17 septembre dernier, fait en quelque sorte partie d’une « série » d’agressions envers des élus de Côte-d’Or. Des agressions qui finissent invariablement devant la justice. Ce vendredi 10 octobre, c’est un habitant d’Auxonne, condamné en première instance pour des propos homophobes prononcés à l’encontre du maire de la ville qui comparaîtra en appel. La veille jeudi, 8 octobre, un homme sera lui poursuivi en correctionnelle pour des mels, des courriers dans les boîtes aux lettres et des petits mots injurieux déposés sur les pare-brises de nombreux véhicules. Au total, il s’en serait pris à… une dizaine de maires de communes comme Mirebeau-sur-Bèze, Fontaine-Française ou Pontailler-sur-Saône !

Ce mardi, c’est donc un habitant de Pernand-Vergelesses, un vigneron de 53 ans inconnu de la justice, qui a été condamné pour « violences aggravées ». Il a reconnu avoir bousculé le maire de Pernand, Gilles Arpaillanges, 72 ans, mi-septembre. Il l’a attrapé par le col de sa veste et par le bras, le plaquant contre une haie, il l’a ensuite installé de force dans sa voiture pour l’inciter à quitter les lieux. Le maire était à ce moment là en train d’inspecter des travaux dans une rue du village. Pas d’insultes, pas de coups mais « des faits violents » et « humiliants » pointés par la présidente du tribunal et par maitre Jean-Philippe Morel, avocat de la victime et de l’association des maires de Côte-d’Or (AMF 21), partie-civile dans ce procès. « Pernand-Vergelesses, 240 habitants, c’est une petite commune, les élus sont quasiment bénévoles. On peut être en désaccord avec la gestion municipale mais il y a des rendez-vous pour ça, ce sont les élections municipales » tance l’avocat. Maître Morel rappelle que « le mis en cause est en conflit avec la mairie depuis 10 ans ». « Il s’est déjà présenté aux municipales mais il a perdu et maintenant il monte crescendo en commettant des violences. »
Maître Jean-Philippe Morel défendait les intérêts du maire de Pernand-Vergelesses absent à l'audience

Maître Jean-Philippe Morel défendait les intérêts du maire de Pernand-Vergelesses absent à l’audience © Radio France Thomas Nougaillon

Bilan une Incapacité Temporaire Totale de Travail (ITT) estimée à trois jours pour le maire de Pernand-Vergelesses. D’une voix claire et assurée le vigneron de 53 ans, reconnait les faits, s’excuse. Bien avant l’élection de Gilles Arpaillanges en 2020, pour son premier mandat, le mis en cause était déjà en « bisbille » avec la mairie du village. Il dépose régulièrement des mains courantes en gendarmerie. Il y a beaucoup de rancoeur visiblement chez cet homme décrit comme « politisé », qui s’est opposé notamment avec son association à l’implantation de vignes sur un terrain géré par la mairie. Son avocat Raoul Guipont explique : « Mon client, malgré le fait qu’il soit lui-même vigneron, était opposé à la plantation de ces vignes, même si elles étaient censées rapporter de l’argent à la commune, tout simplement parce qu’il a conscience qu’une telle implantation serait mauvaise pour l’environnement, il est bien placé pour le dire. Finalement les vignes ont été plantées et c’est ça qui est au coeur du litige entre la commune et lui ».
Maître Raoul Guipont, avocat de l'homme de 53 ans mis en cause, qui a reconnu l'agression du maire de Pernand le 17 septembre dernier

Maître Raoul Guipont, avocat de l’homme de 53 ans mis en cause, qui a reconnu l’agression du maire de Pernand le 17 septembre dernier © Radio France Thomas Nougaillon

Cette audience devait au départ être une « composition pénale », une audience à huis-clos en tête à tête avec un juge sur reconnaissance préalable de culpabilité. Finalement c’est bien en correctionnelle que l’homme a comparu et il risquait gros, jusqu’à 5 ans de prison. Il écope d’une peine mesurée pour ces « violences aggravées envers un élu de la république, dépositaire de l’autorité publique » : un stage de citoyenneté et une peine d’inéligibilité d’un an. A priori il ne fera pas appel même si cette condamnation sera mentionnée sur son casier judiciaire.