L’affaire Kerbrat relance les questions autour de la consommation de drogue (en politique et ailleurs)

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POLITIQUE – « J’ai été contrôlé en possession de stupéfiants. » Par ces mots, écrits dans un communiqué publié dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 octobre, le député LFI Andy Kerbrat confirme les informations dévoilées par la presse, et relayées par le parquet de Paris quelques heures plus tard : l’élu de Loire-Atlantique a été pris en flagrant délit d’achat de 3-MMC, une drogue de synthèse en plein essor en France.

Pour Sandrine Josso, un kit pour détecter une soumission chimique serait « le pire ennemi des prédateurs »

Dans ce texte, le parlementaire explique « assumer » son « entière responsabilité », évoque un « parcours de soins » et « présente » des « excuses » à ses électeurs. « Face à des problèmes personnels et des fragilités psychologiques, j’ai pu consommer des drogues de synthèse et je suis pleinement conscient de leurs effets sur la santé, notamment la mienne », explique-t-il, assurant « se battre contre cette addiction. »

Cette affaire, d’abord révélée par Valeurs actuelle et Le Parisien, suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Dans la classe politique, les discours sécuritaires et sanitaires s’affrontent, tandis que la lumière se braque, de nouveau, sur le sujet tabou de la consommation de drogue chez les responsables publics.

Discours sécuritaire contre réponse sanitaire

Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur n’a pas attendu longtemps pour demander au député incriminé de « tirer les conséquences de ses actes ». Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l’ancien patron des sénateurs LR estime effectivement « qu’il n’est pas tolérable de voir un député de la République acheter des drogues de synthèse à un dealer de rue. » Encore moins, ajoute-t-il, dans un contexte où « le narcobanditisme s’installe en France avec son cortège de violences ».

Dans le jeu d’équilibre entre sécurité et santé, qui anime le débat autour de la consommation de drogues depuis des années, le premier flic de France a choisi. Dans son sillage, plusieurs élus du « socle commun » appuient sa demande, comme le conseiller municipal de Nantes et délégué local du parti Horizons Guillaume Richard. Pour ce dernier, « se présenter comme “victime de son addiction” est une insulte ».

Autant de diatribes qui reflètent la pensée de la droite, et du centre, sur ces enjeux. En clair, des responsables politiques plus prompts à lutter contre la consommation de drogue par le biais d’opérations répressives géantes telles que celles baptisées « Place nette XXL » par Gérald Darmanin, que par une politique de prévention sanitaire ambitieuse.

À gauche, les réactions sont toutes autres. Mettant de côté le « devoir d’exemplarité », qu’ils rappellent pourtant à chacun de leurs adversaires, plusieurs élus du Nouveau Front populaire ont ainsi salué la prise de parole d’Andy Kerbrat, préférant mettre en avant le fléau des addictions.

La politique et les « pratiques addictives »

Parmi ces nombreux messages, on peut citer la sénatrice écologiste Mélanie Vogel qui souhaite « bon courage dans le chemin de soin » emprunté par le député. Elle en profite pour regretter que la politique française soit « focalisée sur la répression plutôt que sur l’essentiel : le soin ». Dans le même esprit, le médecin et sénateur socialiste de Paris Bernard Jomier rappellent que « les addictions touchent toute la société, parlementaires et ministres inclus ».

De fait, plusieurs exemples et prises de parole récentes montrent que les parlementaires ne sont pas au-dessus de ces phénomènes. Au contraire, en décembre 2023, celle qui était alors députée macroniste, Caroline Janvier, levait le voile dans Paris Match sur les « pratiques addictives » (et systémique) des élus et autres responsables, assurant que la politique génère des « comportements déviants ».

L’élue s’exprimait à l’époque dans le sillage de l’affaire Joël Guerriau, ce sénateur accusé par la députée Sandrine Josso de l’avoir drogué pour ensuite l’agresser sexuellement. À l’Assemblée, « il y a des soirées où de la drogue circule, comme il y a des dîners ou des fins de sessions parlementaires où il y a une consommation excessive d’alcool », expliquait alors Caroline Janvier, pointant également du doigt certains ministres.

Avant Andy Kerbrat, le député Emmanuel Pellerin, alors membre du parti présidentiel, avait reconnu en janvier 2023 auprès de Mediapart avoir « consommé de la cocaïne avant et après son élection à l’Assemblée en juin » 2022. Toujours selon le média d’investigation, en décembre 2023, c’est un conseiller ministériel qui se serait fait épingler pour sa consommation de drogue et les livraisons qu’il accueillait sur son lieu de travail.

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