Justice « Réseau libre » : qui se cache derrière ce site appelant à tuer des élus de gauche

, Justice « Réseau libre » : qui se cache derrière ce site appelant à tuer des élus de gauche

Il a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines. Dans le sillage du premier tour des élections législatives, le site d’ultradroite « Réseau libre » a publié une liste d’une centaine d’« avocats à éliminer » accompagnée d’une photo de guillotine. La raison ? Tous avaient signé une tribune contre le Rassemblement national dans Marianne. Pierre Hoffman, bâtonnier de Paris, a lui aussi été visé et menacé « d’être le premier dont la tête tombera dans le panier ! ». Le parquet de Paris a finalement ouvert jeudi une enquête pour menaces de mort envers avocats et cyberharcèlement.

« Candidats à la balle dans la nuque »

Cette liste n’étonne malheureusement pas de la part de « Réseau libre ». Créé à l’été 2015 sous le nom d’EuroCalifat avant d’être rebaptisé, ce site donne des tribunes à des rédacteurs anonymes cachés derrière des pseudonymes. Ces derniers tiennent sans filtre des propos racistes, islamophobes, antisémites ou homophobes, en utilisant allègrement des termes tels que « nègres » ou « pédérastes », proposant de « flinguer du manouche » ou les « vermines ».

La liste « d’avocats à éliminer » n’est pas le premier appel à la violence hébergé par « Réseau libre ». En octobre 2023, il publiait une « liste des candidats à la balle dans la nuque », appelant au meurtre de 180 personnalités parmi lesquelles des journalistes, syndicalistes, associatifs et politiques. Tous avaient signé une tribune pour défendre la liberté d’informer. Dans cette liste figuraient notamment le militant pour les droits des migrants Cedric Herrou, le journaliste David Dufresne, l’avocat Arié Alimi, l’ancienne députée Raquel Garrido ainsi que plusieurs journalistes de France Inter.

Bompard, Brossat, Keke et Corbière visés

En 2019, une enquête de Mediapart avait même révélé que des membres de « Réseau libre » avaient été impliqués dans des planifications d’attentats contre la communauté musulmane.

Le score du RN au second tour des législatives, plus bas qu’attendu, a déclenché en début de semaine une nouvelle salve de menaces et de harcèlement en provenance du site. Ce « réseau des patriotes », comme il s’autoproclame, appelle à tuer quatre figures politiques de gauche : Manuel Bompard, Alexis Corbière, Rachel Keke et Ian Brossat. Mais aussi l’avocat Yassine Bouzrou, qui a défendu plusieurs familles de victimes de violences policières, dont celle du jeune Nahel tué à Nanterre le 27 juin 2023. Plusieurs ont déposé plainte. Des appels au meurtre qui ont ému jusqu’au ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, qui a condamné « avec la plus grande fermeté ces publications ».

Hébergé en Russie

Les rédacteurs du site d’ultradroite ne semblent pas s’inquiéter des retombées de leurs propos haineux. Pour cause : il est hébergé en Russie, selon ses responsables « pour éviter la censure de l’État collaborationniste français ». « Nous ne sommes pas formellement identifiés, nous ne serons pas arrêtés, et nous serons peut-être condamnés, on s’en tape ! », déclarait ainsi l’un des rédacteurs, sous le pseudo de Condor, remarque Libération. Quant au créateur du site, il a été identifié par Mediapart comme étant Joël Michel Sambuis, un militant français d’ultradroite exilé en Russie en 1998. D’après Le Monde, il avait été condamné en France pour « détention d’armes », « escroquerie » et « faux et usage de faux ». Il a été arrêté à Moscou en 2002, mais la Russie a refusé de l’extrader.

Pour autant, « Réseau libre » n’est pas intouchable : il a reconnu le 8 juillet qu’il était « tout de même possible que les fournisseurs d’accès à internet français » le « bloquent ». Ce qu’il s’est probablement passé, puisqu’il est aujourd’hui – mais depuis peu – impossible d’y accéder. Il y a quelques jours, le site avait de lui-même rendu ses articles inaccessibles, tout en promettant : « C’est les vacances. On revient bientôt. »

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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