Isère « Les gens sont de plus en plus agressifs » : victime d’une tentative de meurtre, un maire témoigne

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C’était une belle journée d’été. Le 6 août, Gilles Dussault, maire de Villeneuve-de-Marc (Isère), profitant du soleil et de températures enfin raisonnables, était en train d’arracher du lierre devant chez lui quand sa vie a basculé. Un habitant de la commune l’a attaqué à l’arme blanche dans le dos, au thorax et au bras avant de tenter de le percuter avec son véhicule quelques minutes plus tard. Gilles Dussault a été agressé parce qu’il était maire, sauvé par son fils, qui s’est porté à son secours. Il n’est pas passé loin de perdre la vie parce qu’un conflit d’urbanisme opposait la mairie à un riverain depuis 2023. La situation pourrait être qualifiée d’ubuesque si elle n’était pas si dramatique. Comment expliquer qu’un édile manque de mourir à cause de la chute de 10m3 de pisé, de crépi et de ciment dans le jardin d’un habitant ?

« Il est impossible de comprendre ou d’anticiper un tel geste », souligne Gilles Dussault. « Ce que j’observe toutefois, c’est que les gens sont de plus en plus agressifs, plus extrêmes. Quand vous donnez une réponse positive, tout le monde est gentil. En revanche, quand elle est négative, c’est toujours plus compliqué. Pour certains, c’est insupportable et la discussion avec eux est impossible : tout de suite, le ton monte dans les tours, il n’y a plus de nuance. Certains croient tout savoir, ils viennent vous voir avec des informations qu’ils ont récoltées sur Google et qui sont bien souvent erronées ou parcellaires. Tout est plus compliqué. Parce que notre société tout entière est plus compliquée et sous tension. »

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« Cela va laisser des traces très longtemps »

Lors de ses derniers vœux à la population il y a quelques jours, Gilles Dussault a évoqué cette agressivité « de plus en plus présente en milieu rural » et « le maire, symbole de la République », moins respecté qu’auparavant. Est-ce la raison qui l’a poussé à ne pas se représenter lors des élections municipales de mars 2026 ? Non, cette décision avait été prise avant même cette journée du 6 août. Mais ce qu’il s’est passé lui a confirmé qu’il était temps de passer la main. « J’ai été élu pendant 25 ans, j’ai envie de passer à autre chose et de suivre l’actualité municipale de beaucoup plus loin », souffle-t-il.

Peut-être mieux vaut en effet prendre du temps pour soi et ses proches après avoir vécu une telle agression. Plusieurs mois après les faits, le maire de Villeneuve-de-Marc assure cependant qu’il va bien. Parfois ses plaies le lancent mais il se sent en forme. Dans la tête aussi, il explique qu’il ne se sent pas trop mal. « Je suis bien suivi par une psychologue. Mon traumatisme ne paraît pas trop important pour le moment, mais qu’en sera-t-il demain ? Je n’en sais rien, je crains le contrecoup. »

Il n’y a que lorsque le prénom de son fils, Anthony, est évoqué, que sa voix est un peu plus hésitante. Gilles Dussault l’a dit lui-même, son fils lui a sauvé la vie. C’est lui notamment qui lui a permis de ne pas être percuté par le véhicule de l’agresseur en le poussant contre le mur de son domicile. Ce sujet, les deux hommes n’en parlent pourtant pas. « C’est un peu tabou. Cela va laisser des traces très longtemps. » Il faudra ensuite gérer le procès et surtout l’après-procès. « Il n’est pas impossible qu’un jour je recroise mon agresseur à Villeneuve-de-Marc. Est-ce que ça me fait peur ? Non, pas pour le moment. » Ce dernier est actuellement en détention provisoire et devrait être jugé dans plusieurs mois pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique.

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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