Isère. Le profil déroutant du suspect de l’agression du maire de Villeneuve-de-Marc

, Isère. Le profil déroutant du suspect de l’agression du maire de Villeneuve-de-Marc

La nouvelle est tombée vendredi 8 août : après presque deux jours de fuite, le principal suspect de l’agression de Gilles Dussault, maire de Villeneuve-de-Marc, village de moins de 1 200 habitants en Isère, a été interpellé par la gendarmerie.

Dimanche 10 août, il a été présenté à un juge d’instruction au terme de sa garde à vue, puis écroué et mis en examen pour « double tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « tentative de meurtre » sur la personne du fils du maire, âgé de 28 ans.

En amont, le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux, a évoqué les éléments nouveaux de l’affaire, après la garde à vue de l’homme, âgé de 59 et habitant de Villeneuve-de-Marc, lors d’une conférence de presse.

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En fuite dans les bois pendant deux jours

Gilles Dussault était en train de couper du lierre devant chez lui, mercredi 6 août, quand le suspect l’a attaqué. Il lui a infligé deux coups au thorax qui ont transpercé un poumon et une blessure au bras. Après l’avoir agressé, l’homme a quitté les lieux avant de revenir avec son véhicule pour tenter « de percuter le maire et son fils venu lui porter secours », selon les premiers éléments de l’enquête. La voiture a finalement terminé sa course contre un mur.

L’homme a ensuite pris la fuite à pied, après avoir porté des coups de poing au fils du maire qui est venu porter secours à son père.

Le suspect sera retrouvé 48 heures plus tard à Charantonnay, à une dizaine de kilomètres du lieu de l’agression, les gendarmes ayant reçu une alerte d’une connaissance du suspect. Il a passé sa fuite dans les bois, habillé « d’une tenue commando ».

Le suspect assure « être victime d’une injustice »

Lors de sa garde à vue, le suspect a reconnu avoir porté des coups à Gilles Dussault avec de « la ferraille », mais nie toute intention de vouloir le tuer, assurant avoir visé l’omoplate. Selon lui, c’est en passant devant la maison du maire que celui-ci l’aurait « regardé avec un sourire sadique » et ajoute qu’il « y a eu une rupture dans [son] esprit », ce qui l’a mené à cette violente agression.

Concernant son retour sur les lieux en voiture, l’homme indique avoir voulu voir ce qu’il avait fait et affirme que le maire et son fils se sont « jetés » sous son véhicule, rapporte le magistrat.

Lors de sa garde vue, le suspect a expliqué aux enquêteurs avoir « pété un plomb » suite à un litige d’urbanisme l’opposant au maire depuis l’effondrement il y a quelques années du toit d’un bâtiment municipal sur un abri de jardin lui appartenant.

Il a également déclaré que cette histoire est « allé trop loin et vouloir indemniser le maire, mais il dit ça très vite et se victimise« , explique Étienne Manteaux. L’homme a aussi répété « être victime d’une injustice », citant ce fameux conflit d’urbanisme qui s’est « enkysté » faute de solutions.

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« Très intelligent » et persuadé d’être sous « surveillance »

Né en Algérie, mais de nationalité française, dépeint comme « très intelligent », il n’a aucun antécédent judiciaire. Ayant « plutôt réussi dans la vie », propriétaire de quatre appartements, il a travaillé jusqu’à son licenciement en 2021 et est auteur de deux livres, dont l’un portant sur l’intelligence artificielle, souligne le procureur.

Lors de ses auditions, le suspect a déclaré que le maire exerçait une « surveillance » sur lui et voulait « racheter » son terrain. Deux couteaux ont par ailleurs été retrouvés sous son oreiller, ce qu’il a expliqué par une volonté de « se défendre », au motif que sa sœur, décédée en avril 2025, aurait été selon lui « assassinée ».

Ce qui est saillant au travers des auditions du gardé à vue, c’est vraiment un vécu persécutif, une tendance à la réinterprétation de ce qu’il vit.

Étienne Manteaux Procureur de la République de Grenoble

Une analyse psychologique du suspect envisagé

Le parquet a donc demandé la mise en examen du suspect et a requis « compte tenu de la gravité des faits » son placement en détention provisoire, demande qui a été retenue par le juge.

Sa mise en examen ouvre désormais une période d’instruction qui pourrait affiner l’analyse psychologique du suspect. Pour Étienne Manteaux, « on n’est a priori pas dans un tableau d’abolition du discernement », puisqu’il est « conscient » de la gravité de son acte, mais plutôt « d’altération du discernement« .

Concernant l’état de santé de Gilles Dussault, il lui a été donné un ITT de 15 jours. Si son pronostic vital a un temps été engagé, son état de santé s’est amélioré et il devrait sortir de l’hôpital dans les prochains jours.

Hausse des agressions d’élus

L’agression du maire avait été suivie de nombreuses réactions, dont celle du président de la République, Emmanuel Macron. « Quand un élu est attaqué, c’est la Nation qui est à ses côtés. Quand on s’attaque à ses représentants, la République se doit d’être sévère et intraitable. »

Les agressions d’élus ont augmenté de 13,5% en 2023, avant de baisser de 9,3% en 2024 avec 2 501 faits recensés, soit 48 par semaine, selon le rapport 2023-2025 publié en mai par le Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (Calae).

Avec AFP

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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

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Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

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