Isère. La maire de cette commune brutalement agressée par un habitant : « C’est une explosion »

, Isère. La maire de cette commune brutalement agressée par un habitant : « C’est une explosion »

Nouvelle agression d’un maire en Isère. D’après les informations d’Ici Isère, confirmées par actu Grenoble, la maire de Thodure, Carole Fauchon, a été violemment prise à partie par un habitant de la commune, jeudi 9 octobre. L’homme, connu pour avoir un différend de longue date avec la municipalité, l’aurait suivie à la sortie de la mairie avant de la bloquer dans sa voiture en l’insultant copieusement.

L’élue a porté plainte et une enquête a été ouverte. « Nous avons eu quatre situations de ce type depuis le début de l’année. C’est une véritable explosion », déplore Daniel Vitte, président de l’association des maires de l’Isère (AMI).

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« À tout moment, il peut revenir »

Contactée lundi 13 octobre, Carole Fauchon est déjà de retour en mairie. « Je suis revenue dès samedi matin. Il faut remettre le pied à l’étrier rapidement… » Si avant son agression, elle « ne craignait pas grand chose » en tant que maire, la donne a quelque peu changé depuis jeudi dernier.

Je ne suis pas sereine. Je me dis qu’à tout moment, il peut revenir en mairie.

Carole Fauchon Maire de Thodure

Car l’homme est connu dans le village pour être parfois très virulent dans ses propos. « Il est venu plusieurs fois en conseil municipal, il va chez mes adjoints, relate la maire. Je dirais qu’il a une haine féroce envers les élus. »

Carole Fauchon attend désormais de voir quelle va être la réponse de la justice. Son agresseur doit être entendu prochainement dans le cadre de l’enquête sur son agression. « La fonction de maire, c’est une fonction enrichissante à tous points de vue. Quand on l’endosse, on ne pense pas à ce genre d’agressivité. On est désemparé face à ça, on n’a pas de levier contre. »  

« Ces situations sont inacceptables »

Le calvaire de la maire de Thodure s’est terminé grâce à l’arrivée des gendarmes sur les lieux « en 20 minutes » après son appel, indique Daniel Vitte. « De ce que je sais, il y avait une crainte profonde que [l’homme] ne s’arrête pas » à des insultes. 

Car avant Carole Fauchon, c’est le maire d’Anthon en juin, celui de Villeneuve-de-Marc en août et il y a quelques jours l’édile d’Izeaux qui ont été victimes d’agressions physiques dans l’exercice de leurs fonctions. « Pour Villeneuve, nous avons frôlé le drame », le pronostic vital du maire, Gilles Dussault, ayant un temps été engagé.

On est en train de connaître une année 2025 à laquelle on ne s’attendait pas. Ces situations sont extrêmement minoritaires, mais elles sont là et elles sont inacceptables.

Daniel Vitte Président de l’association des maires de l’Isère

 

Comment expliquer cette soudaine hausse des agressions envers les élus ? « La société est très fracturée, avance Daniel Vitte. Il y a une agressivité » notamment envers les figures d’autorité. « Les maires sont les premiers maillons de la chaîne, ils sont au quotidien au contact des habitants. » 

L’accompagnement des élus victimes d’agressions

Lorsqu’un élu est agressé, il peut appeler de jour comme de nuit un numéro dédié mis en place par la préfecture de l’Isère. L’association des maires de l’Isère accompagne les édiles dans leurs démarches judicaires avec son avocat et se porte partie civile aux côtés de la victime.
Enfin, une convention avec France Victimes permet aux élus ou agents communaux agressés de disposer d’un accompagnement psychologique.

Vers moins de candidats aux municipales ? 

Des agressions qui peuvent freiner les ambitions de certains pour les prochaines municipales en mars 2026 ? Carole Fauchon hésite en tout cas à se relancer pour un deuxième mandat. « J’avais annoncé en juillet que je repartais, tout était presque ficelé. Maintenant, je me pose des questions… » 

« Ces agressions provoquent un certain nombre d’interrogations », concède le président de l’AMI. Pour autant, il ne pense pas que cela entraînera nécessairement un manque de candidats. 

D’autant que selon lui, d’autres raisons poussent les maires à passer la main, voire à démissionner en cours de mandat : lourdeur administrative, difficultés budgétaires… Les agressions n’arriveraient que bien après, selon les dernières études en la matière.

« Le mandat de maire reste le plus plébiscité, insiste Daniel Vitte. Ne baissons pas les bras. »

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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