Injures et menaces, quand les élus s’exposent au bad buzz sur les réseaux sociaux

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Insultes, menaces de viol ou de mort, le ton se durcit depuis quelques années sur les réseaux sociaux. Les politiciens sont particulièrement exposés: l’Office fédéral de la police (Fedpol) enregistre chaque année des centaines de signalements de la part d’élus. Si leur nombre a baissé depuis la période du Covid, les messages, eux, sont de plus en plus violents.

Plusieurs parlementaires ont subi un déferlement d’attaques depuis le début de l’année. Deux cas en particulier ont fait couler beaucoup d’encre. Le plus récent concerne la conseillère nationale Meret Schneider (Verts/ZH).

Dans la presse le mois dernier, la Zurichoise de 32 ans proposait de mieux réguler les réseaux sociaux, ce qui lui a valu des milliers de messages de haine, provenant du monde entier, dont les Etats-Unis et la Russie.

Parmi eux, de nombreuses menaces de viol et de mort, mais aussi des attaques sur son physique, alors qu’elle souffre d’anorexie. Malgré ce déferlement, Meret Schneider n’a pas l’intention de quitter les réseaux sociaux: « Ce sont des comptes quelconques, américains. Cela ne me touche pas du tout. Et même lorsque des internautes suisses me trouvent horrible, cela ne me dérange pas vraiment. »

Selon elle, son profil ne l’aide pas: « Je sais que je suis une figure irritante, en tant que femme Verte. Ces simples faits provoquent les gens. Il faut donc vivre avec, tant que les réseaux sociaux ne sont pas réglementés. »

« Cela me décourage de faire de la politique »

Autre son de cloche chez le conseiller national Philippe Nantermod. En début d’année, le PLR valaisan indique avoir reçu des centaines, voire des milliers de messages, sur les différentes plateformes numériques. Des réactions qui faisaient suite à une interpellation déposée au Parlement concernant l’introduction, dans la loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), d’une classe d’âge spéciale pour les retraités.

Il dit avoir été très affecté: « Cela me provoque une certaine lassitude. Cela me décourage de faire de la politique et d’essayer de poser des questions qui peuvent déranger certains mais qui, dans le fond, sont des questions légitimes. Car les élus sont là pour remettre en question certains éléments du système. »

Connu pour ses prises de position parfois polémiques, Philippe Nantermod ne jouerait-il pas la carte de la provocation? « Je conteste totalement cela. J’ai posé une question au Conseil fédéral, celle de savoir quel est le coût de la solidarité intergénérationnelle dans la LAMal? Si on s’interdit de se poser ce genre de questions, alors on ne peut pas prendre des décisions qui sont fondées politiquement. »

Le bad buzz, une caisse de résonance

Reste qu’un bad buzz peut parfois profiter aux élus. C’est ce qu’observe Yan Luong, expert en communication, co-directeur de l’agence lausannoise FTC: « Lorsque quelqu’un est la cible d’une attaque, il y a évidemment beaucoup d’effets négatifs. Mais un effet qui peut se révéler positif, c’est la visibilité. Car un réseau social récompense – par de la visibilité – une publication en fonction des likes, des commentaires et des partages. Donc plus la personne est visibilisée, plus elle sera la cible de harcèlement. Mais, dans le même temps, elle pourra aussi faire passer plus largement son message. « 

Le spécialiste observe par ailleurs un durcissement de ton sur les réseaux. Un constat que fait aussi la police fédérale, qui a mis à disposition des élus fédéraux, il y a trois ans, une application smartphone de signalements.

Moins de signalements, mais un ton qui se durcit

Le nombre de signalements a baissé depuis la période particulièrement violente du Covid. Selon les derniers chiffres disponibles, datant de 2023, Fedpol a enregistré 290 signalements de la part d’élus, loin des 1200 en 2021.

Parmi ces cas, 62 sont considérés comme des menaces crédibles, avec de potentiels passages à l’acte: « Les cas de menaces réelles ou potentiellement réelles restent élevés et même proportionnellement plus haut que les dernières années », indique Stéphane Theimer, chef du service de sécurité de Fedpol. « Le ton qui est utilisé dans les publications est de plus en plus violent. C’est de la violence passive parce qu’elle est écrite, mais elle nous pose quand même un souci de vigilance particulière. Car elle se traduit par des menaces de mort », précise-t-il.

L’action de Fedpol contre les auteurs comprend plusieurs niveaux, à commencer par une lettre envoyée chez la personne en guise de carton jaune, un procédé dissuasif, mais qui ne suffit pas toujours: « La deuxième mesure concerne le dialogue en direct. On se rend chez la personne qui a publié quelque chose de menaçant pour discuter et la sonder. Là aussi, on a des résultats très positifs », rapporte Stéphane Theimer.

Le dépôt de plaintes constitue le dernier recours. Une autre stratégie évoquée par les spécialistes et les élus eux-mêmes consiste à ignorer les commentaires négatifs. Or, tous le concèdent, il est difficile de suivre cette résolution.

Mathieu Henderson

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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