INFO LA DEPECHE. Cafards, caution à 500 000€, violences… l’ex-maire de Saint-Jory, accusé de corruption, raconte son éprouvante détention

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l’essentiel Thierry Fourcassier, placé sous contrôle judiciaire le 31 mai, pourrait être de nouveau incarcéré. Ce mardi, son avocat a plaidé devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse. L’ancien maire de Saint-Jory en a profité pour se livrer sur ses premiers jours de détention…

Debout devant les portes de la cour d’appel de Toulouse, Thierry Fourcassier patiente. L’air amaigri, les traits tirés par une récente expérience à la maison d’arrêt de Seysses, l’ex-maire de Saint-Jory est libre. Mais cette décision, effective depuis vendredi 31 mai, pourrait être éphémère. Ce mardi, l’ancien homme politique et son avocat Me Eric Mouton ont fait, une nouvelle fois, face à la chambre d’instruction dans l’espoir qu’elle confirme le placement sous contrôle judiciaire de ce père de famille. Une caution de 500 000 € doit être versée d’ici le mois de novembre. Me Mouton a proposé que son client soit interdit d’accès en Haute-Garonne jusqu’à la fin des investigations.

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Thierry Fourcassier en a profité pour revenir sur ces quatre mois de détention. « J’essaie de tenir bon, mais la vie en détention est particulièrement éprouvante. Mon état émotionnel s’est dégradé », assure le quinquagénaire en larmes, devant les juges.  » Les premiers jours, quand tu es emprisonné, c’est dur. Tu pleures, tu tombes de très haut. Ensuite, la descente est constante mais insidieuse. Tu glisses de plus en plus bas », explique-t-il, avec le détachement qui le caractérise.

La chasse aux cafards avant de dormir

Dans le quartier protégé de la prison, ses premiers pas sont difficiles. « Tu passes d’une vie de luxe à une cellule de 9 m² que tu partages avec un inconnu. Il faut rapidement s’entendre pour vivre en harmonie. On se met d’accord sur les heures de douche, de télévision et de sommeil. Tu ne sais pas si tu dors avec un individu dangereux », se remémore-t-il. Tous les soirs ou presque, le professeur de chimie s’impose un rituel désagréable. Il attrape du papier et part à la chasse aux cafards.  » Les cafards pullulent dans les angles humides et autour du réfrigérateur, c’est épouvantable. Dans la cour, nous cohabitons aussi avec des rats », affirme-t-il.

Pendant les promenades matinales, de 10 h 30 à 11 h 30, les prisonniers les plus agressifs n’hésitent pas à l’insulter et à lui jeter des pots de yaourt depuis les étages supérieurs. Des rixes éclatent régulièrement. Une atmosphère violente pour celui qui n’a pas l’habitude de s’y frotter.  » Mon seul réconfort, c’est la cantine. Les repas sont plutôt bons », assure celui qui est mis en examen pour corruption active et blanchiment habituel.

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L’après-midi, il se morfond sur une chaise en plastique, en attendant que le temps passe.  » C’est un jour sans fin. Hormis la sortie matinale, tu es enfermé toute la journée. L’accès à la bibliothèque est très limité. Celui à la salle de sport est inexistant. Tout est fait pour te faire craquer. J’ai beaucoup souffert. Je vais tout faire pour ne pas y retourner », promet-il. La seule distraction provient de l’extérieur, lorsque des familles utilisent des feux d’artifice pour marquer les anniversaires de leur proche emprisonnés.

« Tout peut devenir dangereux »

Depuis le 1er février, Thierry Fourcassier a changé trois fois de codétenu.  » La nuit, tu cogites. Tu fais attention. Toutes les situations peuvent devenir dangereuses. C’est oppressant », admet ce fan de manga, notamment de l’œuvre de Dragon Ball, dessinée par Akira Toriyama.

Lors de sa détention, certains l’ont reconnu. Un artisan proche de la sortie lui a même demandé conseil pour acheter des terrains à Saint-Jory.  » J’attendais avec impatience de retrouver mes proches. En prison, la famille, c’est une force et une faiblesse. Tu veux la retrouver mais tu as peur de la perdre définitivement », confie-t-il. D’ici vendredi, l’ancien élu saura s’il reste en liberté ou pas.

Paris sportifs, téléphones portables, drogue…

« Toute la journée, les détenus hurlent. Les soirs de matchs, ils parient sur des résultats sportifs. Les dettes se payent avec des cartes PCS », confie un surveillant de la maison d’arrêt de Seysses.

Malgré les nombreuses alertes envoyées à la direction, la marchandise est toujours livrée en drone.  » Une fois par semaine, au minimum, des sacs sont déposés devant les cellules. Les prisonniers s’arrangent pour récupérer le contenant. Les consoles de jeux, téléphones portables et la drogue sont ensuite cachés. Puis le stock est écoulé petit à petit. Un téléphone portable classique se vend à 400 €, tandis qu’un iPhone coûte 700 €. La Nintendo coûte 500 €. La dose de cocaïne et celle de cannabis sont nettement moins coûteuses, poursuit le surveillant, inquiet. Certains gagnent un véritable salaire. C’est scandaleux ».

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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