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Que s’est-il passé lors de ce meeting à Toulouse ? Ce vendredi 22 novembre 2024, une réunion portant sur la lutte pour la libération du Sahara occidental se tenait à 19 heures au sein de la Bourse du travail, sur la place Saint-Sernin, qui abrite les locaux de la CGT 31. Une réunion durant laquelle un élu aurait été « violemment tabassé », indique le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, dans un message publié sur X (ex-Twitter) le soir même.
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Le maire « profondément choqué »
Le locataire du Capitole s’est dit « profondément choqué ». Sur X, Jean-Luc Moudenc explique que Samir Hajije, conseiller municipal, notamment en charge des bibliothèques et médiathèques de la Ville, a été la victime d’une violente agression à l’occasion de cette conférence.
En plus de la CGT, parmi les institutions organisatrices de ce rendez-vous, on comptait l’association sahraouie d’Occitanie et Midi-Pyrénées, ainsi que l’association des amis de la République arabe sahraouie démocratique, deux institutions qui dénoncent l’occupation par le Maroc du Sahara occidental.
Un territoire source de conflits depuis 50 ans
C’est un sujet vieux de 50 ans qui continue d’agiter les débats, notamment lorsqu’en octobre dernier, la France réaffirmait la « souveraineté » du Maroc sur le Sahara-Occidental.
Depuis 1975, le statut de ce territoire, ancienne colonie espagnole, oppose le royaume chérifien au Front Polisario, un mouvement indépendantiste soutenu par l’Algérie. « Le Sahara occidental […] n’existe pas en tant qu’État indépendant. […] Et pourtant la RASD existe, [la] République sahraouie démocratique proclamée le 27 février 1976 [par le Front Polisario, NDLR], dont l’administration et la population sont principalement établies en Algérie et sur une partie du Sahara occidental libéré », explique l’association des amis de la République arabe sahraouie démocratique via son site internet.
Que s’est-il passé ? Le maire donne sa version des faits
Mais, que s’est-il passé hier soir à Toulouse ? Contacté par Actu Toulouse, Jean-Luc Moudenc donne sa version des faits : « La CGT organisait une réunion sur le Sahara occidental, uniquement avec le point de vue de ceux qui contestent la souveraineté du Maroc. Mon collègue, Samir Hajije, est franco-marocain ».
Ce samedi matin, le maire attend de recevoir le rapport policier. Mais il a pu échanger par téléphone avec l’élu en question. L’édile précise à Actu Toulouse : « Il ne savait pas qu’il y avait cette réunion. Il faisait son jogging avec deux amis quand il a vu l’affiche. Le thème l’a interpellé. Il est rentré, mais il n’a pas voulu intervenir. Au moment où il a voulu sortir, il a été rattrapé par une personne portant un brassard ‘CGT sécurité’ pour l’en empêcher ».
« Des coups de poing, des coups de pied »
Déterminé à quitter la Bourse du travail, Samir Hajije aurait expliqué au maire avait été pris à partie par plusieurs personnes. « Ils ont essayé de l’étrangler, puis ils l’ont tabassé en donnant des coups de pied et des coups de poing », assure Jean-Luc Moudenc. Le conseiller municipal aurait notamment été blessé au niveau des cervicales, des côtes, des jambes et des bras.
« Les deux amis qui étaient avec lui ont appelé la police. Il a été évacué vers l’hôpital de Purpan, avant de rentrer chez lui vers 6h du matin ».
Des « actes de violence » condamnés
Dans son message, Jean-Luc Moudenc a condamné « fermement ces actes de violence mettant en danger la vie d’un élu de la République et de [son] équipe municipale », avant de souhaiter à Samir Hajije « un prompt rétablissement ».
De nombreuses personnalités politiques locales ont adressé des messages de soutien : des élus de la majorité, mais aussi de l’opposition, à l’instar de Vincent Gibert, conseiller municipal (PS).
Une autre élue prise à partie en mai 2023
Il ne s’agit pas de la première agression d’un élu à la Bourse du travail. En mai 2023, Nicole Yardeni, adjointe en charge des relations avec les acteurs culturels — et ancienne présidente du CRIF Toulouse Midi-Pyrénées —, avait été prise à partie lors d’une conférence qui était donnée dans ces mêmes locaux par Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, fervent défenseur de la cause palestinienne.
Le maire demande des explications à la CGT
« Un tel lieu ne peut devenir le fonds de commerce de l’intolérance et de la sauvagerie », assène aujourd’hui Jean-Luc Moudenc, avant de demander des explications à la CGT 31.
Pour Actu Toulouse, le locataire du Capitole rappelle que « la Bourse du travail est un équipement municipal mis à disposition de la CGT pour lui permettre d’exercer ses activités de défense des travailleurs. Je constate qu’il y a une sorte de dérive qui s’installe. […] On y aborde des sujets inflammables où la CGT n’accepte pas la contradiction et évacue ceux qui sont susceptibles de développer un point de vue différent ».
Et de conclure : « Nous interrogeons la CGT depuis deux ans pour avoir des précisions sur toutes les activités qui sont développées dans ce lieu municipal. Elle ne répond à aucun de nos courriers ».
Contactée par Actu Toulouse, la CGT 31 n’a pas encore répondu à nos sollicitations.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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