« Ils m’ont mordue comme si j’étais une menace »: elle raconte sa violente agression par des chiens de troupeaux dans le Mercantour

« J’ai cru mourir, couchée au sol, les molosses autour de moi. C’était terrible », souffle Nathalie Leblanc au téléphone.

Lundi 23 juin 2025, la quadra vivant dans le village de Saint-Dalmas-le-Selvage s’est fait mordre à plusieurs reprises par des chiens de protection veillant sur un troupeau. Blessée au tibia, au mollet, au poignet ou encore à l’épaule, elle a été arrêtée quinze jours par son médecin et a déposé plainte en gendarmerie.

Pour Nice-Matin, elle revient sur son agression, encore sous le choc.

Tandis qu’elle bouclait sa promenade rituelle aux aurores, la randonneuse a aperçu un troupeau paissant dans un champ clôturé, au bout d’une piste. Familière des sentiers arpentant cette vaste commune de la vallée de la Tinée, la marcheuse préfère alors faire demi-tour. La prudence est de mise car les bêtes ne sont qu’à une centaine de mètres. C’est là qu’un couple de kangals (ou bergers d’Anatolie) surgit sur le chemin. « Je connais les règles de sécurité (lire ci-dessous). Je ne suis pas partie en courant, je n’ai pas crié ou gesticulé. J’ai préféré reculer lentement sans leur tourner le dos… Mais ça n’a rien changé, les chiens se sont jetés sur moi. »

« Je me suis vue dévorée »

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Les traces de morsures de la randonneuse agressée par des chiens de protection de troupeau à Saint-Dalmas-le-Selvage, le 23 juin 2025. DR.

Nathalie Leblanc marque un silence. « Désolée, je revois la scène et c’est très violent… Un chien m’a mordu la cheville, je suis tombée. J’étais au pied de la caravane de la bergère, j’ai hurlé, hurlé pour qu’elle rappelle ses chiens. Mais il n’y avait personne. J’étais seule, recroquevillée et ils m’ont mordue encore et encore, comme si j’étais une menace. Je me suis vue dévorée, déchiquetée. » Une vision atroce où elle puise un ultime élan de survie. Parvenant à se relever, elle recule à grands pas des deux chiens, « toujours sans leur tourner le dos. » Mais rien n’y fait: l’un d’eux la suit sur près « d’un kilomètre » avant de retourner au troupeau.

Une fois hors de danger, Nathalie Leblanc manque de s’effondrer. De douleur, de peur. Bien plus tard viendra la colère: « Ces chiens ont goûté au sang humain, ils sont un danger. Il faut les euthanasier. Où était la bergère? »

Contactée par téléphone, cette dernière nous a renvoyés vers son conseil. Me Christophe Petit, avocat au barreau de Nice, avance que sa cliente « nie toute faute pénale. Elle ne fait que son travail et n’a jamais voulu que des gens soient blessés. Les messages à son encontre publiés sur les réseaux sont injustes. Elle le vit très mal et prépare sa défense. »

« La montagne se partage »

« Ce n’est pas la méchante de l’histoire, restons prudents », intervient pour sa part le maire (sans étiquette) de Saint-Dalmas-le-Selvage. Élu depuis 1995, Jean-Pierre Issautier ne connaît que trop bien la complexité d’une cohabitation entre randonneurs et chiens de garde. « Ces kangals et patous sont indispensables pour se prémunir du loup. Il y a des signalisations qui permettent d’éviter les bêtes [la victime assure qu’elle n’en a pas vues]. La montagne se partage. On ne peut pas la concevoir sans pastoralisme. En estive, la commune accueille 13.000 brebis réparties sur sept troupeaux. »

Dans le même temps, le fameux GR5 attire nombre de marcheurs désireux de traverser le parc national du Mercantour… « Le plus possible, les bergers se tiennent à l’écart de cet axe. Mais il est vrai que le secteur est fréquenté et nous n’allons pas nous en plaindre, nous avons besoin de ce tourisme », concède l’édile. Mais les mauvaises rencontres peuvent arriver, la preuve avec cette agression qui aurait pu virer au drame… « Je compatis avec la victime. Mais c’est un incident exceptionnel et je pense qu’il faut relativiser. Si les chiens avaient voulu la tuer, elle ne serait plus là pour en parler. »

Quels sont les bons comportements à adopter ?

Face aux chiens de protection, comment réagir ? Onil Bosco, conseillère municipale à Saint-Dalmas-le-Selvage et présidente du bureau des guides de la Tinée-Mercantour, forme régulièrement ses clients avant une randonnée à proximité des pâturages. Elle invite, avant tout, à ne pas céder à la panique. « Adoptez un comportement calme et non menaçant. Restez à bonne distance du troupeau. Surtout, ne le traversez pas. Au contraire, contournez-le largement, sans gestes brusques, ni cris. » Et si les chiens s’approchent ? « Arrêtez-vous, restez immobile, évitez de les regarder dans les yeux, puis reculez lentement sans tourner le dos. Ne cherchez pas à caresser les chiens ou à vous approcher des animaux. »

Plein d’explications à une attaque

Autant de comportements adoptés par Nathalie Leblanc. Selon les dires de la victime, rien n’a fonctionné. « Il y a plein de paramètres qui peuvent, malgré tout, pousser un chien à l’agression », constate un berger familier des vallées. Apportant anonymement son expertise – il explique ne connaître ni la bergère, ni les chiens impliqués – ce propriétaire d’un cheptel assez conséquent esquisse quelques hypothèses : « Peut-être les chiens étaient gonflés à bloc après avoir chassé le loup. À l’aube, ça ne serait pas étonnant. Ils ont peut-être aussi senti la peur de cette dame. Ça décuple leur agressivité. Si la randonneuse était à côté de la caravane du berger, elle se trouvait au cœur de la zone de protection, même si elle est en dehors de l’enclos. » L’éleveur s’étonne malgré tout de l’hostilité des kangals : « Ces chiens sont généralement très sociables. Nous avons moins de problèmes avec eux qu’avec les patous. Peut-être que ces individus ont un pèt’ au casque. À ce moment-là, il n’y a pas d’autres choix que de s’en séparer. »

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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