Il écrase un œuf sur la tête de Jordan Bardella : pourquoi le septuagénaire récidiviste risque (très) gros

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Sale semaine pour Jordan Bardella. Après avoir été enfariné le mardi 25 novembre 2025, dans les allées d’une foire agricole en Haute-Saône, le président du Rassemblement national a reçu un œuf sur la tête ce samedi 29 novembre 2025. Il présentait son nouveau livre, Ce que veulent les Français, dans le Tarn-et-Garonne. Le premier, mineur, a déjà été jugé et écope d’un stage de citoyenneté. L’autre risque gros. 

Car l’eurodéputé d’extrême droite ainsi que son parti ont porté plainte. Le suspect, âgé de 74 ans, sera jugé en comparution immédiate ce mardi 2 décembre 2025. Il n’en serait pas à son coup d’essai, et aurait, en mars 2022, en pleine campagne présidentielle, déjà écrasé un œuf sur le crâne d’Éric Zemmour.

Le parquet de Montauban a d’ailleurs requis, lundi 1er décembre, son placement en détention provisoire. Une décision très sévère, mais fondée d’un point de vue légal.

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Considéré comme une violence

Les faits peuvent paraître anodins, vus de loin. Mais du point de vue d’un tribunal, ils peuvent provoquer « un choc émotif », lequel est « constitutif d’une violence », détaille Arnaud Le Bourdais, avocat pénaliste à Rennes (Ille-et-Vilaine), auprès d’actu.fr.

Même un jet de farine est considéré comme de la violence. C’est une sorte d’humiliation.

Arnaud Le Bourdais Avocat pénaliste à Rennes

Des actes qui sont donc répréhensibles d’un point de vue judiciaire. D’ailleurs, après de nombreuses agressions d’élus ces dernières années, comme celle de ce maire en Loire-Atlantique, dont la maison a été incendiée par un groupuscule d’extrême droite en 2023, la législation a évolué.

La loi du 21 mars 2024 dispose désormais qu’une personne se rendant coupable de violence(s) à l’égard d’un élu est passible de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Si et seulement si l’élu en question ne se voit pas prescrire une interruption totale de travail de plus de huit jours, auquel cas, la peine est augmentée à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.

Jordan Bardella a continué sa séance de dédicaces comme si de rien n’était, donc de ce point de vue, l’homme qui a pressé l’œuf sur la tête de Jordan Bardella est à l’abri.

Quels risques à enfariner un particulier ?

Dans le même sens que pour les personnalités politiques, enfariner une personne lambda ou lui jeter un œuf dessus, par exemple, est considéré comme une violence. Mais comme la victime n’a pas de statut particulier, c’est l’article R624-1 du Code Pénal qui s’applique. L’auteur des violences risque, s’il passe devant un tribunal, une amende de quatrième classe, en l’occurrence, de 750 euros au maximum, avec des peines complémentaires comme la suspension du permis de conduire, de chasse, ou la confiscation de l’objet utilisé pour commettre les méfaits.

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Critères subjectifs

Ceci étant dit, le suspect en question serait un récidiviste. Aussi, la peine encourue est doublée : il risque donc 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende. « La peine ne sera certainement pas aussi lourde », tempère toutefois Arnaud Le Bourdais, qui rappelle que les montants évoqués ici correspondent vraiment aux peines maximales.

Lorsqu’il avait jeté un œuf sur la tête du candidat à l’élection présidentielle Éric Zemmour, le suspect avait écopé d’une amende de 500 euros avec sursis.

Le tribunal avait été clément, prenant en compte le motif de cette agression.

Arnaud Le Bourdais Avocat pénaliste à Rennes

Éric Zemmour avait tenu des propos très dégradants à propos des personnes en situation de handicap, fustigeant « l’obsession de l’inclusion » des enfants présentant une différence. Le suspect, père d’un enfant autiste, voulait dénoncer cela.

« Cette fois, d’après les premiers éléments, il y a moins de « justification ». On est plutôt, du point de vue d’un tribunal, sur une série d’agressions de politiciens. Et la juridiction y sera attentive », anticipe Arnaud Le Bourdais, en précisant bien qu’il n’est pas sur l’affaire et n’a donc pas tous les éléments du dossier à disposition.

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

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