
L’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité – AMF – dont celle de l’Hérault et la fédération France Victimes unissent leurs forces pour accompagner les élus victimes de violences. Alors que les violences à l’encontre des maires et élus locaux ne cessent d’augmenter, elles viennent de signer en cet été 2025 une convention nationale de partenariat, renouvelée pour trois ans.
« L’objectif est de renforcer l’accompagnement proposé aux élus victimes d’agression ou confrontés à un événement traumatisant dans le cadre de leur mandat, en métropole comme en Outre-mer. Une réponse déclinée sur l’ensemble des territoires, face à un phénomène désormais préoccupant autant pour les communes rurales que pour les grandes villes », explique l’AMF.
Une réponse nationale face à une crise démocratique
France Victimes et l’AMF apportent ensemble une réponse concrète aux agressions contre les maires. En 2023, l’AMF a constaté une hausse de 32% des agressions d’élus. Le maillage territorial de France Victimes, fort de 1 560 lieux d’accueil (tribunaux, mairies, commissariats, hôpitaux), permet une prise en charge rapide et à proximité des victimes. En 2024, 167 maires et 1 190 élus ont été reçus au niveau local sur l’ensemble du réseau de France Victimes, tous faits confondus, dont quelques uns de l’Hérault, qui portent plainte systématiquement, à l’instar du maire de Pérols, Jean-Pierre Rico, de Florence Sanchez, maire de Poussan ou encore de Laurent Jaoul, maire de Saint-Brès. Des agresseurs ont ainsi été condamnés par les tribunaux correctionnels de Montpellier et de Béziers.
Baisse des violences en 2024
En 2024, 2 501 faits visant des élus ont été recensés, contre 2 759 en 2023, soit une baisse de 9,35 %. Si la tendance est à la décrue, le niveau reste préoccupant. « L’insécurité qui touche les élus n’est pas qu’un sentiment mais une réalité bien tangible. Entre 30 et 40 faits par semaine sont remontés aux services du ministère », analyse François-Noël Buffet lors de la présentation du rapport. Les maires restent les premières victimes (64 %), suivis des adjoints et conseillers municipaux (18 %). Dans 68 % des cas, il s’agit de menaces ou d’outrages ; 10 % relèvent de violences physiques. « Que les menaces soient physiques ou cyber, quand un élu est menacé, c’est toujours une menace de trop », relève Hélène Debiève, cheffe du Calae.
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En s’engageant aux côtés de l’AMF pour une durée de 3 ans, France Victimes structure une réponse à la fois humaine, professionnelle et gratuite pour tous les élus concernés. Présente sur tout le territoire, France Victimes met à disposition des élus un réseau de 130 associations et 1 700 professionnels spécialisés (juristes, psychologues, travailleurs sociaux, etc.). Ce soutien pluridisciplinaire, confidentiel et gratuit, s’adresse aux élus victimes de violences physiques, verbales ou psychologiques, ainsi qu’à leurs proches.
Une ligne dédiée et des outils pour mieux faire face
Pour offrir une écoute immédiate, France Victimes propose un accès direct au numéro mis en place avec Calae, le Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus par le 01 80 52 33 84. Cette ligne nationale est dédiée aux élus victimes et leurs proches, ouverte 7J/7 de 9h à 21h. Parmi ces appels, 54% des élus ont bénéficié d’un accompagnement psychologique et 10% concernaient des proches. Ce service est animé par une équipe de professionnels formés.
Un outil numérique sécurisé mis en place par la fédération qui permet de documenter les faits. Avec son outils Mémo de Vie, France Victimes met également à disposition une plateforme confidentielle permettant aux élus de sauvegarder des éléments de preuve (messages, photos, témoignages, etc.), de mieux comprendre leurs droits et d’engager des démarches adaptées à leur situation. Mémo de Vie renforce ainsi l’autonomie des élus face à des situations pouvant être banalisées ou minimisées.
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Un dispositif ancré localement dans chaque département
Pour être présent sur tout le territoire, France Victimes nomme un référent “élus” dans chaque département, en lien direct avec les référents “agressions” de l’AMF. Cette coordination locale vise à assurer des réponses rapides, cohérentes et efficaces, notamment en milieu rural, où l’isolement est souvent plus fort. Il y a un référent dans l’Hérault.
Pour renforcer la prévention, ce partenariat prévoit aussi des actions de sensibilisation dans les collectivités locales : gestion des conflits, prévention des risques psychosociaux, techniques de médiation. En 2024, le réseau France Victimes a assuré 900 000 entretiens individuels et accompagné plus de 400 000 victimes, démontrant une capacité d’action robuste et éprouvée.
« La mobilisation de l’AMF est essentielle »
« Nous savons à quel point les élus locaux sont en première ligne, souvent seuls face aux violences qu’ils subissent. Grâce à ce partenariat renouvelé entre l’AMF et la fédération France Victimes, nous affirmons ensemble que ces agressions ne peuvent rester sans réponse. La mobilisation de l’AMF est essentielle pour permettre à chaque maire, chaque élu, victimes de violences, de bénéficier d’un accompagnement digne, humain et accessible partout en France. En ces temps troublés, accompagner les élus victimes c’est permettre à la République de rester debout, unie et indivisible. » souligne Maryse Le Men, présidente de la fédération France Victimes.
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France Victimes depuis 1986
Fondée en 1986, la fédération France Victimes fédère 130 associations en faveur de l’égalité des droits des victimes en proposant un accompagnement universel pour toutes les victimes. L’un des premiers points de contact des victimes d’infraction (violence, atteintes aux biens, attentats, accidents de la route, etc.) ou de leurs proches, France Victimes soutient toutes les personnes victimes, sans discrimination, en leur apportant un accompagnement global, pluridisciplinaire et personnalisé dans toute la durée de leur parcours.
Présente sur l’ensemble des territoires de la République avec plus de 1 500 lieux de prise en charge des victimes, France Victimes rassemble 1 700 professionnels, composés de juristes, psychologues, travailleurs sociaux, etc., engagés à fournir aux victimes une aide juridique, psychologique et sociale gratuite. Elle dispose d’une plateforme nationale d’écoute, d’orientation et de téléphonie sociale qui répond 7j/7 de 9h à 20h au numéro 116 006. Dans l’Hérault, depuis le début de l’année, les signalements et les plaintes sont en nette baisse.
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Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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