Gironde : quand la violence s’invite dans la vie des maires

, Gironde : quand la violence s’invite dans la vie des maires

« Ce n’est pas devenu ordinaire, mais les faits sont récurrents », affirme Bernard Lauret, président de l’Association des maires de Gironde (AMG) et maire de Saint-Émilion. Mercredi soir, l’édile d’une petite commune de la Communauté de communes du Sud-Gironde a été victime de coups et d’insultes pour un différend lié à l’occupation d’un terrain. L’élu a été reçu par le Centre d’accueil en urgence de victimes d’agression (Cauva), il devrait porter plainte. Et c’est désormais la règle : l’AMG se constituera partie civile en appui de la procédure pénale qui sera engagée par l’intéressé.

Le circuit est désormais bien rodé. Cette affaire vient s’ajouter à des dizaines d’autres qui, en Gironde, ont jalonné ce dernier mandat : la maire d’Yvrac agressée dans son bureau en 2020, le maire de Bassanne par un administré dont la maison avait été inondée, celui de Saint-Macaire, Louchats, Langon, Rions, Targon… Un phénomène qui ne touche pas que les petites villes. En juillet dernier, Alain Anziani, le maire de Mérignac, portait plainte après des graffitis insultants et des menaces proférées à son encontre. Insultes, menaces de mort, bousculades, lettres ou posts malveillants se sont invités dans la vie des maires.

« Avant, nous étions à portée d’engueulades, nous sommes maintenant à portée de baffes »

« Avant, nous étions à portée d’engueulades, nous sommes maintenant à portée de baffes », constate Jérôme Guillem, le maire de Langon. « Les intimidations, les menaces, on en a tout le temps. Le danger, c’est que l’on s’adapte à l’inacceptable. Et puis un jour, j’ai réalisé que si on cédait, c’était la victoire de l’intimidation et la défaite de la raison. » Il s’est décidé à porter plainte contre un habitant qui conduisait une campagne de harcèlement à son égard, campagne qui a été jusqu’à la bousculade. L’intéressé a écopé de six mois de prison avec sursis.

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« Consumérisme »

« L’individu prend le pas sur le collectif, explique Bernard Lauret. Nous sommes les garants de ce collectif. Mais on sent que les choses se dégradent. Depuis le Covid, les rapports se sont tendus. Plusieurs collègues me remontent des faits, les administrés sont dans un rapport immédiat agressif envers toute la chaine municipale, maire, élus, agents… Le constat est assez unanime, ce mandat est particulièrement difficile. »

Emmanuelle Favre, maire de Saint-Loubès, le résume en une formule : « Les citoyens sont dans une forme de consumérisme vis-à-vis de la mairie. C’est : je veux, j’exige. On vous envoie les avocats avant même que la décision ne soit prise. » Une difficulté supplémentaire qui s’ajoute à la complexité de la fonction de maire. « Or, nous sommes le guichet unique », explique l’élue. « Nous n’avons déjà pas les moyens d’assurer sereinement nos fonctions, regrette Jérôme Guillem. Et en cas de conflit, on constate que cela monte très haut, très fort, très vite. »

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« Ne rien laisser passer »

Difficile de poser un diagnostic sur les motifs profonds de ces accès de violence. En attendant, il s’agit de traiter les symptômes. L’AMG va proposer une « hot-line » gratuite avec un avocat pénaliste pour orienter les élus confrontés à une procédure pénale. L’association a signé des partenariats avec les barreaux de Libourne et Bordeaux dans la même optique.

Au niveau national, un observatoire des violences aux élus a été installé dans le sillage d’un durcissement des sanctions, voté par le Parlement en 2024, contre les auteurs de violences et d’insultes. Depuis 2022, plus de 400 élus girondins ont assisté à la formation dispensée par la gendarmerie pour désamorcer les conflits et apprendre la gestion pacifique des incivilités. « Trop d’élus laissent passer les insultes. Il faut systématiquement porter plainte, ne rien laisser passer », insiste Bernard Lauret. Jérôme Guillem s’inscrit lui aussi sur cette ligne : « Quand les maires et les élus sont attaqués, c’est la République qui est menacée. Il faut être intransigeant. »

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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