e collectif féministe basque « Bagera Nous sommes » appelait à se réunir ce lundi 6 mai à Saint-Jean-de-Luz et, une heure plus tard, à Irún, pour exprimer « sa tristesse » et « sa colère » après la mort d’une femme de 33 ans dans des circonstances sordides, vendredi 3 mai dans une chambre de l’hôtel de Paris, à Saint-Jean-de-Luz. Près de 300 personnes ont fait corps aux côtés des militantes pour faire entendre leur « incompréhension » et leur « indignation » face à &«…
e collectif féministe basque « Bagera Nous sommes » appelait à se réunir ce lundi 6 mai à Saint-Jean-de-Luz et, une heure plus tard, à Irún, pour exprimer « sa tristesse » et « sa colère » après la mort d’une femme de 33 ans dans des circonstances sordides, vendredi 3 mai dans une chambre de l’hôtel de Paris, à Saint-Jean-de-Luz. Près de 300 personnes ont fait corps aux côtés des militantes pour faire entendre leur « incompréhension » et leur « indignation » face à « un décès qui aurait pu être évité », selon la conviction intime des militantes de Bagera.
Le drame luzien, premier féminicide de l’année 2024 au Pays basque, « pire des nouvelles », selon les mots du collectif, est en tout cas venu offrir une illustration supplémentaire de « l’urgence à s’unir pour dénoncer toutes les violences faites aux femmes et pour appeler à la mise en place d’une meilleure protection des victimes », tel que réclamé avec force ce lundi depuis Saint-Jean-de-Luz.
Le scénario de ce féminicide, outre sa grande violence, est d’autant plus symptomatique qu’il est intervenu après « deux alertes graves », a rappelé Bagera. La première le 25 janvier, lorsque la victime s’était présentée au commissariat de Biarritz avec une plaie à la tête consécutive, disait-elle, à un coup de hache porté par un inconnu. La seconde le 14 avril à Ciboure, avec une chute d’une chambre d’hôtel au cinquième étage de l’hôtel Ibis qui avait même conduit à l’ouverture d’un placement en garde à vue au commissariat de Saint-Jean-de-Luz pour tentative d’homicide.

Nicolas Mollo/SO
Un modèle défaillant ?
Ces deux alertes, bien que prises en compte avec sérieux par les services de police et de justice, comme expliqué ce dimanche 5 mai par le procureur de la République de Bayonne, n’ont pas permis d’éviter cette issue macabre. « Ce meurtre machiste est l’illustration même que le modèle actuel, qui devrait permettre de protéger les victimes des violences masculines, ne fonctionne pas », dénoncent les militantes de Bagera.
Quelques chiffres
Le parti EAJ-PNB a donc fait part, par voie de communiqué, de quelques chiffres alarmants relevés en France en 2022, année où 118 femmes sont décédées à la suite de violences conjugales et 267 femmes ont été victimes d’une tentative de meurtre. Tous les trois jours, une femme a été victime de féminicide par son conjoint ou son ex-conjoint. Pour un tiers de ces femmes assassinées, elles avaient déjà connu une forme de violences au sein du couple. Et rien que dans les Pyrénées-Atlantiques, 406 femmes ont été cette année-là victimes de violences conjugales. Il est ajouté que sur 37 800 personnes condamnées en 2022 pour des violences au sein du couple, 94 % étaient des hommes. Que près de 50 000 personnes ont été mises en cause dans des affaires de violences sexuelles traitées par les parquets en 2022. Que sur les 7 500 personnes qui ont été condamnées, 99 % étaient des hommes. Et enfin que plus d’une victime sur deux de violences sexuelles (83 % de filles) est mineure.
Le collectif qui œuvre contre toutes les formes de violences faites aux femmes met sans détour en cause « la responsabilité des autorités judiciaires ». « Le procureur dit que le meurtrier ou l’assassin était surveillé depuis janvier. Pourquoi a-t-il été remis en liberté ? Quel mécanisme de distanciation avait été mis en place pour que cette victime ne soit plus prise pour cible » ? », demande-t-il en exigeant sans délai non seulement « des réponses » mais « des mesures concrètes pour lutter contre l’organisation sociale sexiste dans laquelle nous vivons ».
« Un crime odieux »
Bagera appelle, d’ici là, à « l’autodéfense féministe ». « Nos vies sont en jeu », alertent-elles en déplorant au passage le peu de réactions assumées par les élus du territoire. Un peu plus tôt dans la journée, le parti basque EAJ-PNB avait dénoncé dans un communiqué « un crime odieux » et à travers celui-ci lui « toutes les formes de violences qui sont faites aux femmes ». « Nous avons besoin d’une société en éveil face à ces violences pour pouvoir les éradiquer », écrivait-il.

Nicolas Mollo/SO
De nombreux élus et agents des mairies de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure avaient également pris part au rassemblement. Tous se montraient extrêmement choqués par « la sauvagerie » de ce 3 mai. Très éprouvés également de ne pas encore pouvoir mettre ni de nom ni de visage sur la victime de ce féminicide. Victime dont la personnalité et le parcours vont être décortiqués avec soins par les autorités judiciaires ces prochaines semaines.
« Nous lui rendons hommage et pensons à sa famille », marquaient les militantes de Bagera avant d’appeler le cortège à rejoindre symboliquement, à leurs côtés, l’hôtel de Paris.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
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Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
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