
Ce mardi, dans le cadre d’une Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une conférence-table ronde est organisée au Conseil départemental de la Haute-Garonne. Son président, Sébastien Vincini, revient sur les mesures prises ces dernières années par la collectivité, notamment pour accompagner les victimes.
La Haute-Garonne n’échappe pas au fléau des violences faites aux femmes. Ont-elles augmenté ces dernières années ?
Comme en France, les chiffres dans notre département restent alarmants. Chaque année, trois féminicides sont recensés en Haute-Garonne et plus de 100 000 femmes sont victimes de violences. La crise sanitaire et les confinements ont accentué les chiffres avec une hausse de 42 % en France et 462 cas supplémentaires en Haute-Garonne. C’est dans ce contexte préoccupant que le Département s’est engagé dans la création de l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes en décembre 2021, en co-pilotage avec la Préfecture de la Haute-Garonne.
Quelles sont ses missions, ses constats ?
L’Observatoire réunit pour la première fois vingt partenaires institutionnels, État et Département, forces de l’ordre, Justice, et associations expertes, pour développer une « culture commune » des violences. À tous les niveaux de prise en charge, il est primordial de parler le même langage devant une femme victime ou un auteur. Il a pour mission de faciliter le parcours de sortie des violences, de fournir des données sur le territoire, de sensibiliser le grand public, les victimes, les enfants co-victimes, les auteurs et de former les professionnels. Si le nombre de plaintes reste en constante augmentation, il est aussi le reflet d’un plus grand nombre d’actes recensés, et donc d’une plus importante libération de la parole.
Quelles sont les mesures prises pour réduire les temps administratifs dans ces situations d’urgence ?
Simplifier les démarches pour les victimes est un enjeu majeur. Plus de 1 000 professionnels ont été formés au sein de l’Observatoire, avec des liens plus fluides et réguliers. Le Département a multiplié les points d’accueil des victimes au sein de ses 30 Maisons des solidarités. La création de la Maison des femmes à Toulouse, soutenue par le Département à hauteur de 225 000 €, a un rôle clé. Des dispositifs innovants ont aussi été mis en place avec des associations, comme celui des « bons taxis », porté par le CIDFF, qui assurent une prise en charge du transport d’urgence dans une situation de violence. 300 femmes et 200 enfants ont pu en bénéficier depuis 2023.
En tant qu’acteur majeur de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), quel rôle jouez-vous pour les enfants co-victimes de ces violences intrafamiliales ?
La prise en compte des enfants « co-victimes » est une priorité. Ce mois de novembre, nous lançons, en partenariat avec l’État, un dispositif de « mode de garde mobile » unique en France, assuré par l’association Enfanfare. Il permet de mettre à disposition des femmes victimes une solution de garde professionnelle pour prendre en charge ponctuellement leurs enfants sur les lieux des premières démarches administratives (commissariat, tribunaux, médecins…). Nous venons également de signer une charte avec la Préfecture, les bailleurs, élus locaux et services sociaux pour faciliter l’entrée des victimes dans des logements sécurisés, sur simple présentation d’une attestation de violences conjugales produite par un travailleur social, et non un dépôt de plainte. C’est une avancée majeure.
Comment prendre aussi en charge les auteurs afin de prévenir la récidive ?
Pour obtenir des résultats concrets, il est indispensable d’avancer sur trois fronts en même temps : la protection des femmes, des enfants et la prise en charge des agresseurs. Les auteurs sont au cœur des dernières actions de l’Observatoire, avec une expérience inédite : la diffusion d’une carte de sensibilisation à destination des auteurs potentiels, conçue avec les services de la Préfecture et réalisée à la demande des forces de l’ordre. Elle est aujourd’hui demandée par les sapeurs-pompiers et le personnel paramédical. C’est dire l’importance accordée à la transmission d’un message clair aux agresseurs pour prévenir l’escalade de la violence.
Une table ronde est organisée à l’Hôtel du Département le 25 novembre. Est-ce un moyen de faire avancer le débat ?
Libérer la parole, provoquer le débat, réunir les personnes expertes pour donner les bonnes informations sont les clés de la réussite. Je me réjouis de la teneur des débats avec nos invités, dont Luc Frémiot, ancien Procureur de la République et magistrat honoraire, Gloria Casas Vila, enseignante-chercheuse à l’université Jean-Jaurès, magistrates, professionnelles et professionnels de santé, responsables associatifs. Cette lutte est l’affaire de toutes et tous, plus personne ne doit se taire devant ce fléau insoutenable. Si nous restons déterminés et unis, la peur changera de camp.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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