À cinq mois des municipales, l’association des maires ruraux de Haute-Garonne tient ce samedi son assemblée générale à Saint-Martory. Inquiétude face au flou budgétaire, violences d’administrés, perte de motivation et désillusion, selon le président de l’AMR31, Patrick Lefèbvre, ces maires expriment une profonde fatigue démocratique.

Quel est l’état d’esprit général des maires ruraux de Haute-Garonne à moins de six mois des élections municipales ?
Inquiétude, flou, incertitude… Soucieux, ils attendent le vote du budget avec inquiétude face à l’instabilité gouvernementale. Il y a le regret aussi : face aux parlementaires plus axés sur leur attitude partisane que sur la situation budgétaire des communes, des administrés et de l’intérêt général.
Avez-vous déjà connaissance d’un nombre significatif de maires qui ne souhaitent pas se représenter ? Quelles sont les principales raisons invoquées ?
Certains maires sont encore dans l’hésitation et n’ont toujours pas pris leur décision. Au regard de mes différents échanges avec les élus du territoire, je crains que 30 à 40 % ne se représentent pas. Les raisons invoquées sont le manque de motivation, la fatigue liée aux contraintes administratives, les difficultés croissantes du mandat, la sécurité de l’élu en question, la difficulté à mettre des projets en place pour cause de manque de finances, des administrés de plus en plus violents et exigeants, ainsi que le problème de l’utilisation abusive des réseaux sociaux et de la diffamation facile.
Plusieurs élus locaux témoignent de comportements agressifs ou violents de la part de certains administrés. Est-ce un phénomène que vous constatez aussi dans les communes rurales de Haute-Garonne ?
Ce constat est avéré par l’association des maires ruraux de la Haute-Garonne. Incivilités, déchets sauvages, injures, diffamations, non-respect des biens publics, problèmes de voisinage récurrents, trafic de stupéfiants… Les élus ruraux sont en permanence pris à partie. Les administrés n’arrivent plus à communiquer entre voisins et demandent systématiquement une médiation du maire. Les violences verbales et physiques sont devenues non pas un sentiment d’insécurité, mais une réalité quotidienne.
L’association a-t-elle accompagné des élus confrontés à ces violences ?
Effectivement, l’association des maires ruraux de la Haute-Garonne a été sollicitée pour défendre des adhérents en prise soit avec leurs administrés pour des problèmes de type occupation des sols illégale, soit avec leurs agents communaux pour menaces et diffamation.
Estimez-vous que le statut de l’élu local est aujourd’hui adapté à la réalité du terrain ?
Le statut de l’élu actuel ne correspond plus aux exigences contemporaines. L’AMRF a proposé une révision de ce statut en présentant 35 propositions. Certaines ont été retenues par les parlementaires. Le Sénat vient d’adopter en deuxième lecture ce statut après ajout de quelques amendements. Les difficultés de concilier une vie professionnelle, familiale et élective sont réelles ; la plupart des réunions sont en journée. Pour les élus du secteur privé non retraités, certaines entreprises n’autorisent pas les absences.
Que faudrait-il selon vous pour rendre ce mandat plus attractif ?
Une meilleure visibilité des droits des élus, une articulation améliorée entre mandat et vie professionnelle, une sécurité juridique renforcée, une amorce de la reconnaissance de la mission des maires exercée au nom de l’État, une meilleure formation, une meilleure considération de leurs concitoyens.
Aux prochaines municipales, dans les communes de moins de 1 000 habitants, la liste paritaire doit s’appliquer. Cela pose-t-il des problèmes ?
Au titre de ma fonction de président, j’avoue que la promulgation d’une loi permettant aux communes de moins de 1 000 habitants de présenter une liste est une avancée majeure. En effet, les maires sont souvent, lorsqu’ils se représentent, un fusible facile à activer pour les électeurs qui ne connaissent en général que le maire dans le conseil municipal. Cependant, l’exigence d’une parité me semble excessive : le sexe d’un individu n’est pas garant de sa motivation, de son intérêt et de son implication. Il est préférable de faire appel à des citoyens motivés, engagés, responsables et compétents plutôt que d’être à la recherche d’un homme ou d’une femme qui ne servira, in fine, qu’à compléter une liste paritaire.
Quel message allez-vous faire aux maires ruraux à l’ouverture de votre assemblée générale ?
Avant toute chose, remerciements à tous ces élus ruraux qui ne se représenteront pas et qui n’ont eu comme seule motivation que leur engagement communal et la défense de l’intérêt général. Ils jettent l’éponge mais peuvent être fiers de leur parcours. Dans un contexte politique d’instabilité permanente, la stabilité, la rigueur et la persévérance des maires ruraux servent d’exemple. Ils sont le maillon fort de la démocratie française. Ils représentent 88 % du territoire et 33 % de la population. Selon un sondage initié par Public Sénat, le maire demeure aujourd’hui l’élu préféré des Français, avec plus de 69 % d’opinions favorables. Un résultat qui le place loin devant les députés, les sénateurs ou le président de la République.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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