, Élus, présumés coupables

Élus, présumés coupables

, Élus, présumés coupables

Avis aux candidats ! Vous souhaitez vous engager pour votre pays et désirez vivre une expérience enrichissante et passionnante au service de l’intérêt général ? Bonne nouvelle : de nombreux mandats d’élus sont à pourvoir partout en France.

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Car contrairement aux apparences, notre démocratie manque cruellement de vocations. Au moment où les défis du pays appellent une vision, les talents ne se bousculent pas ! Au point qu’il existe un réel risque de manque de candidatures, notamment dans deux ans à l’occasion des élections municipales ou 36 000 édiles remettront en jeu leur mandat.

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On ne s’ennuie pas ! Être élu, c’est vivre une passion

Ne nous méprenons pas : le mandat d’élu demeure unique. Il offre la gratification ultime de pouvoir servir les Français et d’œuvrer pour l’intérêt général, tout en faisant appel à une foultitude de compétences. On ne s’ennuie pas ! Être élu, c’est vivre une passion. Pour ma part, elle dure depuis 23 ans. Hier conseiller régional et maire, je suis, aujourd’hui, président d’agglomération et du département de l’Essonne avec le même enthousiasme. Mais les mandats électifs – de manière générale – comportent également des contraintes : celle d’être disponible sept jours sur sept, notamment les week-ends, au détriment de la famille et des enfants, d’être en première ligne de l’ensemble des sollicitations de nos concitoyens, devenus, hélas, parfois trop individualistes, d’être la cible croissante d’agressions, ou encore d’avoir une capacité d’agir de plus en plus limitée compte tenu des normes et des contraintes budgétaires.

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Moins connue est une autre contrainte : celle de la reconversion. S’il est difficile de devenir élu, il est parfois encore plus difficile d’envisager ensuite d’autres perspectives professionnelles.

Certains jugeront peut-être cette remarque inopportune, tant les élus souvent considérés comme des privilégiés. Heureusement, d’autres, comme Olivier Babeau, Nicolas Bouzou et Chloé Morin ont eu le courage d’aborder le sujet. Car oui, il faut du courage pour dire que la suppression du cumul des mandats a eu pour conséquence de couper les parcours entre élection locale et nationale. Depuis lors, il est devenu très risqué de briguer un mandat de député lorsque l’on est maire, tant nous nous fragilisons alors en devenant dépendant de vagues nationales.

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Au ban, élu prétendument inféodé ou corrompu !

En outre, les dispositifs de prétendue transparence de la vie publique mis en place après l’affaire Cahuzac placent chaque élu en présumé coupable. Ainsi, il me serait par exemple interdit de travailler durant trois années à l’issue de mon mandat pour une entreprise avec laquelle les institutions que j’ai présidées ont contractualisé. Autant dire que lorsque vous êtes président de département avec 1,5 milliard de budget, cela supprime la quasi-totalité des entreprises. Et, alors même que je me consacre plus spécifiquement aux mobilités depuis vingt ans, la punition est la même : je ne pourrai pas travailler dans ce secteur dans lequel j’ai pourtant acquis une vraie expertise. Au ban, élu prétendument inféodé ou corrompu !

Or, si l’entrée en politique se prépare, rester élu ne doit pas être l’horizon ultime de toute une vie. Un mandat doit être envisagé comme un contrat à durée déterminée. Si l’on veut oxygéner la vie politique en attirant des talents de divers horizons, il faut envisager un après et qu’une reconversion puisse s’opérer.

La vie démocratique est une chose trop sérieuse pour que l’on rejette ceux qui la font vivre

Un chasseur de tête m’avait indiqué il y a quelques années quelles opportunités professionnelles pourraient s’ouvrir le moment venu. J’en étais ressorti douché. Ou plutôt sonné. D’après lui, aucune entreprise n’oserait me proposer un poste du niveau de mes compétences tant les femmes et les hommes politiques dans notre pays sont suspectés d’opprobre. D’autres pays, comme l’Allemagne, ont pourtant légiféré sur cette question pour permettre la reconversion des anciens élus. Il ne s’agit pas d’accorder des privilèges mais de reconnaître un parcours et de considérer qu’il peut être opérationnel dans le monde professionnel.

J’aime ce que je fais et je veux servir mon pays, comme l’écrasante majorité des élus. La vie démocratique est une chose trop sérieuse pour que l’on rejette ceux qui la font vivre. Imagine-t-on demain un pays où seuls les fonctionnaires, les retraités ou les rentiers puissent se permettre de se soumettre au suffrage des électeurs ?

Il est temps que le Parlement se saisisse sérieusement de la question du statut de l’élu. Les initiatives parlementaires actuelles n’embrassent pas tous les sujets, mais doivent être considérées comme un appel. Gageons que le gouvernement s’en saisisse car, alors, nous pourrions espérer avoir aux élections quantité de candidats de qualité. Et, pour revenir à mon propos initial : n’hésitez pas à postuler, tant l’aventure d’élu est tout simplement unique !

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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