Elections municipales 2026 : Condamnés par la justice, ils ont été élus maires au deuxième tour

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«La loi est l’expression de la volonté générale », énonce la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, l’un des fondements de notre démocratie. Mais que dire quand nos propres élus ne respectent pas la loi ? Des dizaines et dizaines de candidats condamnés par la justice ont pourtant pu se présenter aux élections municipales. Nous vous présentions il y a une semaine ceux (car il s’agit exclusivement d’hommes) qui ont été élus dès le premier tour. Voici la deuxième moisson, qui complète donc la liste des candidats condamnés par la justice mais élus, cette fois au second tour. Ils ont été classés par ordre alphabétique.

Frédéric Boccaletti (RN) à Six-Fours-les-Plages (Var)

Le maire de Six-Fours-les-Plages, dans le Var, est membre du Rassemblement national, un parti où l’on trouve une surreprésentation d’élus condamnés par la justice, comme à droite, comme l’avait déjà montré le site casier-politique.fr. Il est aussi député et maintenant maire, après avoir devancé de quelques voix (50,06 % contre 49,94 %) son opposant LR, Jean-Sébastien Vialatte. Pourtant, Frédéric Boccaletti a un lourd passé judiciaire, puisqu’il a été condamné pour des faits de violence en réunion avec arme. Commises certes il y a plus de vingt-cinq ans, en août 2000, pendant un collage d’affiches, lorsqu’il était secrétaire départemental adjoint du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret. Il avait été incarcéré pour des « coups de feu tirés lors d’une altercation avec cinq jeunes », comme l’a raconté Libération, entre autres.

Patrice Calméjane (LR) à Villemomble (Seine-Saint-Denis)

L’ancien maire de la ville est de retour, après avoir été condamné pour n’avoir pas envoyé à temps ses comptes de campagne. Le tribunal administratif de Montreuil avait prévu quatre mois d’inéligibilité, qui ont été effectués, après un rejet de son recours au Conseil d’Etat, en septembre 2019. Ce qui n’a pas empêché la fédération de Seine-Saint-Denis des Républicains de le réinvestir. Et Patrice Calméjane de l’emporter, avec 40 % des voix, devant son opposant Jean-Michel Bluteau (DVD), un ex-adjoint devenu rival.

Laurent Cathala (PS) à Créteil (Val-de-Marne)

L’édile de 80 ans va entamer un neuvième mandat… Ni l’âge ni une précédente condamnation pour dénonciation calomnieuse n’auront découragé ses électeurs et électrices. Certes, le maire avait été condamné à une simple amende avec sursis. Il a été réélu avec 50,65 % des voix, face à une liste insoumise et une liste de droite.

Aly Diouara (LFI) à La Courneuve (Seine-Saint-Denis)

La liste conduite par le député LFI Aly Diouara, 39 ans, est arrivée en tête du second tour avec 52 % des suffrages exprimés. Sa condamnation en première instance le 9 mars dernier pour diffamation par le tribunal correctionnel de Paris n’aura pas changé la donne. Il avait accusé son adversaire socialiste, Oumarou Doucouré, de « pratiques clientélistes », par l’achat de voix. Aly Diouara avait produit un certificat médical lors du jugement en appel, le 18 mars, ce qui fait que son cas sera examiné à nouveau prochainement, après une audience de fixation prévue le 26 mars.

Bruno Genest (sans étiquette) à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne)

Élu en 2014, battu en 2020, Bruno Genest est de retour en selle. Malgré une condamnation pour violence conjugale en mars 2023 à l’encontre de son ancienne campagne. Il avait écopé de cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité. Et échappé à une condamnation pour viol. Sa liste a obtenu 42 % des suffrages exprimés.

Marc Petit (DVG) à Firminy (Loire)

Même l’exclusion prononcée par le Parti communiste ne l’aura pas empêché d’être réélu. Marc Petit a dominé le second tour des élections municipales de Firminy, décrochant le sésame avec 46 % des voix. Il avait été condamné en 2019 pour agression sexuelle à six mois de prison avec sursis, et définitivement condamné en appel en 2021. Une employée du conseil départemental du Puy-de-Dôme l’accusait de l’avoir conduite dans un endroit isolé du centre de congrès « pour tenter de l’embrasser et lui caresser un sein ». Les protestations et la pétition signée par plus de 9.000 personnes ne l’ont pas empêché d’être élu.

André Santini (UDI) à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)

Il cumule autant d’affaires judiciaires que de mandats. André Santini (UDI), maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, a été réélu maire à 85 ans, avec 48 % des voix. Il a pourtant été condamné de nombreuses fois, notamment pour injures publiques (« misérable minable », « complètement givrée », « petit con » faisant partie du florilège adressé à ses adversaires). Il a fait l’objet par ailleurs d’une plainte pour outrage sexiste après avoir qualifié deux élues de « pin-up ». Condamné pour détournements de fonds dans une autre affaire, il a depuis été relaxé. Mais une dernière affaire lui reste sur les bras : il est accusé de harcèlement et agression sexuelle, par deux hommes, âgés de 24 et 31 ans, des accusations qu’il conteste.

Si vous avez repéré d’autres personnes élues dès le premier tour des municipales et condamnées par la justice, vous pouvez nous le signaler à l’adresse [email protected].

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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