Elections européennes 2024 : l’Allemagne ébranlée par un climat de violence inédit

Ils se rassembleront en uniforme sur la Postdamer Platz avant de défiler en silence dans les rues de Berlin. Deux syndicats de policiers ont appelé à une marche funèbre ce vendredi midi, après le décès d’un policier de 29 ans, qui s’était interposé lors d’une attaque au couteau vendredi dernier à Mannheim (Bade-Wurtemberg).

L’agresseur, un Afghan de 25 ans arrivé en Allemagne en 2014, avait agressé plusieurs membres d’un mouvement « anti-islam », en blessant cinq personnes. « Les discours des politiques ne suffisent plus. Nous sommes de plus en plus souvent confrontés �à des adversaires idéologisés et fanatiques, qui sont devenus de grands dangers », a déclaré le patron du syndicat de la police allemande de Berlin, Bodo Pfalzgraf.

En Allemagne, le décès du jeune policier a créé un choc. Ce jeudi matin, le chancelier Olaf Scholz s’est prononcé en faveur de l’expulsion des auteurs de crimes graves, « même s’ils viennent de Syrie ou d’Afghanistan. »

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Un virage politique important

« Dans de tels cas, la sécurité de l’Allemagne pèse plus lourd que la protection du délinquant », a déclaré le chancelier au Bundestag. Une prise de position qui fait suite à des demandes du Parti libéral, des socio-démocrates, de la droite et de l’extrême droite allemandes.

Le ministre de l'Economie et du Climat, Robert Habeck, et le chancelier, Olaf Scholz au Bundestag ce matin.

Le ministre de l’Economie et du Climat, Robert Habeck, et le chancelier, Olaf Scholz au Bundestag ce matin.Annegret Hilse/Reuters

C’est un virage politique important pour le pays. Mais il reste à voir dans quelle mesure l’annonce d’Olaf Scholz sera réellement mise en oeuvre. Les Verts notamment, membres de la coalition gouvernementale, sont très sceptiques.

La Convention européenne des droits de l’homme interdit les expulsions d’étrangers vers des pays où ils sont susceptibles d’être menacés de torture ou de traitements inhumains. Dans le cas de l’Afghanistan, Berlin a cessé les expulsions en 2021, à la suite du retour au pouvoir des Talibans.

Olaf Scholz a pris soin de souligner que l’Allemagne comptait 20 millions d’habitants avec des origines étrangères et qu’ils sont aussi victimes d’agressions. « Celui qui utilise des crimes comme celui de Mannheim pour cela, s’attaque à notre cohésion sociale. Nous ne nous laisserons pas diviser », a-t-il martelé.

Une montée des violences

La déclaration du chancelier intervient à la veille des élections européennes et alors que le pays assiste à une montée des violences envers les élus. Début mai, un député européen social-démocrate, Matthias Ecke, avait été passé à tabac par quatre personnes à Dresde, alors qu’il collait des affiches électorales.

La même semaine, deux élus Verts avaient été pris à partie à Essen, et l’un d’eux cogné au visage. Quelques jours plus tard, c’était au tour de l’ancienne maire sociale-démocrate de Berlin, Franziska Giffey, d’être frappée à la tête par un homme de 74 ans, alors qu’elle visitait une bibliothèque.

Le week-end dernier, le député chrétien-démocrate Roderich Kiesewetter a été bousculé et frappé sur un stand dans le Bade-Wurtemberg et traité de « fauteur de guerre ». Enfin mercredi, à Mannheim, un membre du parti d’extrême droite AfD a été attaqué au cutter par un jeune homme souffrant de troubles psychiatriques.

Une augmentation des délits

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« La situation est très sérieuse. Le nombre d’actes violents contre des politiques a clairement augmenté. Nous n’avons pas les règles et les protections adaptées. L’autorité de la République est défiée et on ne peut le tolérer », estime Tilmann Mayer, politologue à l’université de Bonn.

D’après l’Office fédéral de la police criminelle, 2.790 délits ont été commis contre des élus ou des militants en 2023. Soit un peu moins du double qu’en 2019. Une partie importante des agressions concernent les Verts. A l’automne, leurs deux têtes de liste en Bavière avaient reçu des pierres lors d’un meeting.

Reste maintenant à voir dans quelle mesure cette série d’agressions influencera ou pas les électeurs. Lors d’un sondage Insa pour le journal « Bild » publié cette semaine, la droite était créditée de 30,5 % d’intentions de vote, le parti social-démocrate de 16 %, l’extrême droite de 15,5 %, les Verts de 12 % et les libéraux de 5 %.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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