
Politique de la chaise vide au conseil municipal de La Penne-sur-Huveaune ce lundi 17 mars. Au moins 12 élus ne participeront pas au conseil municipal prévu ce soir à 18h30 et l’ont fait savoir au maire Nicolas Bazzucchi par courrier. Ils l’appellent à démissionner.
Parmi eux, les trois premiers adjoints, Évelyne Farges-Squarzoni, déléguée au CCAS et à l’administration générale, Thierry Illy, adjoint aux affaires scolaires et périscolaires, et Stéphane Casterot, délégué aux finances, se joignent au courrier. Les élus protestent contre la reprise de la gestion des affaires courantes par le maire.
« Nous nous sommes serré les coudes »
Nicolas Bazzucchi est accusé de viols, violences conjugales ayant entraîné plus de 20 jours d’interruption temporaire de travail (ITT) et d’enregistrement d’images à caractère sexuel sans consentement. Il a reconnu des crachats et insultes. Placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Luynes en décembre, il a été libéré sous contrôle judiciaire en février avec l’interdiction de paraître sur le sol de la commune et de communiquer avec des agents municipaux.
« Après votre incarcération, nous nous sommes serré les coudes afin de maintenir une cohésion au sein de la municipalité et une continuité de notre action pour le bien des habitants et des agents, malgré les nouvelles qui nous donnaient chaque jour un peu plus le vertige », ont fait savoir les signataires du courrier.
Lors de la détention provisoire du maire, la première adjointe Évelyne Farges-Squarzoni avait repris la gestion des affaires courantes de la municipalité. Deux conseils municipaux ont eu lieu malgré la situation judiciaire de Nicolas Bazzucchi, souvent expédiés en moins d’une heure.
« Trahison des valeurs qui ont fédéré notre équipe »
Mais depuis qu’il a été libéré, le maire s’est remis en selle, à distance. Ce retour semble poser problème au sein de la majorité. « Aujourd’hui, à la suite de votre remise en liberté et de votre volonté de réoccuper pleinement votre position, nous ne pouvons nous résoudre à reprendre notre action avec vous comme si de rien n’était », lit-on dans cette lettre.
S’ils ne remettent pas en cause la présomption d’innocence, les adjoints et conseillers se basent sur les agissements reconnus par le maire. « Il s’agit là d’un comportement qui est non seulement incompatible avec la position de premier magistrat de notre commune, mais qui trahit également les valeurs qui ont fédéré notre équipe lorsque nous avons décidé de nous présenter aux élections municipales de notre village. Nous avons toujours défendu des valeurs de droiture, de probité et d’intérêt général », écrivent-ils. Ils emboîtent le pas d’Alain Fedi, conseiller municipal depuis 1977 à La Penne-sur-Huveaune, qui a démissionné le 5 mars dernier.
« Profond désarroi au sein de notre village »
D’après les 12 élus, la situation écorne l’image du conseil municipal, d’où l’appel à la démission de Nicolas Bazzucchi. « Aussi, il est devenu évident que cette situation tout comme votre comportement impactent non seulement votre image personnelle, mais qu’ils créent également un profond désarroi au sein de notre village tout comme au sein des instances métropolitaines et départementales. Dans l’intérêt de la collectivité, et pour préserver la confiance des citoyens envers leurs élus, nous vous invitons à prendre vos responsabilités en démissionnant de votre poste de maire », écrivent-ils.
Ils souhaitent réinstaurer « un climat de sérénité et de confiance » au sein de l’équipe municipale et auprès des Pennois.
Plusieurs autres élus envisagent de se joindre au mouvement. Si plus de la moitié des 28 conseillers ne vient pas, le quorum ne sera pas atteint et cette séance du conseil municipal ne pourra pas se tenir.
Les douze élus qui ont signé la lettre : Evelyne Farges-Squarzoni, Thierry Illy, Stéphane Casterot, Sylvie Tempier-Silvestri, Pierre Brottier, Julien Usai, Carine Faure, Virginie Prasciolu, Thibault Labus, Patrice Squarzoni, Loïc Ivaldi-Giroud et Margaux Alexanian.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
Source de l’article : Source
