Des insultes et menaces homophobes dans sa boîte aux lettres : un élu de l’Orne saisi la procureure d’Alençon

Depuis que Marc Lorand-Brionne, élu au conseil municipal de Valframbert, près d’Alençon, a annoncé sa candidature pour les municipales 2026, au mois de mars, il a reçu des menaces à caractère homophobe dans sa boîte aux lettres. Il a saisi la procureure d’Alençon.

C’en est trop pour Marc Lorand-Brionne. Depuis que cet élu de Valframbert, commune de 1.700 habitants près d’Alençon, a annoncé sa candidature pour les municipales 2026, il reçoit des menaces anonymes dans sa boîte aux lettres. Des menaces et insultes à caractère homophobe, qui l’incitent à retirer sa candidature. Mi-octobre, c’est même une cartouche de fusil remplie d’excréments qu’il retrouve dans son courrier. Il a décidé de saisir la procureure de la République d’Alençon.

À cause de ces menaces, il a perdu deux membres de sa liste pour les municipales de 2026. Ces deux personnes avaient pris peur, ne sachant pas jusqu’où cela pouvait aller. Depuis, Marc Lorand-Brionne a pu les remplacer, et il comprend leur choix. La peur, son mari la ressent aussi lorsque Marc part au travail le matin et qu’il fait encore nuit dans la rue. illustration agrandir l'image« On me dit que c’est aussi pour m’intimider, pour essayer de me déstabiliser« , racontait Marc Lorand-Brionne. Des menaces qui l’ont aussi inquiété mais il reste combattif : « Je lâcherai rien, je n’abandonnerai pas. Quand on fait un parcours politique, aussi local soit-il, il faut apprendre à se blinder. Je ne vais pas m’excuser d’être homosexuel. »La cartouche de fusil remplie d’excréments qu’il a reçue dans sa boîte aux lettres mi-octobre, ça a été la menace de trop. Suite à ça, il a décidé de saisir la procureure d’Alençon. Il espère qu’une enquête sera menée afin de trouver le responsable.

Son homosexualité, il ne l’a jamais cachée. Il avoue même qu’elle était plus facile à vivre quand il était à Paris, plutôt qu’à Valframbert. Cependant, il ne veut pas être résumé à cela. « J’ai fait un mandat de 6 ans (en tant que conseiller municipal) avec un travail effectué. Qu’on me juge sur mon travail, et qu’on me juge sur ma liste. »Être attaqué sur son programme ou sur ses idées, il n’y voit aucun problème. « C’est normal, c’est la démocratie« , disait-il. Maintenant, il souhaiterait que les débats se recentrent sur le fond, afin de parler d’autres choses que son homosexualité. D’autant plus qu’une deuxième liste a été annoncée pour la commune de Valframbert.Il n’a aucune idée de qui pourrait être l’auteur de ces menaces. Il n’a pas l’impression d’avoir d’ennemis, dans ce petit village rural de 1.700 habitants, où tout le monde se connait. Il espère surtout que cette histoire va s’arrêter afin de faire campagne dans un climat « plus calme« .