Les vaudevilles, le monde politique est habitué à en produire. Celui qui est en train de se jouer à Rennes est cependant plus rare. Ce jeudi 19 décembre, Charles Compagnon, élu (Horizons) d’opposition à la maire de Rennes Nathalie Appéré, et Loïck Le Brun, lui aussi conseiller municipal d’opposition de la droite et du centre, ont organisé une conférence de presse pour dénoncer l’injustice dont ils se disent victimes. Cette semaine, les deux élus ont été auditionnés au commissariat de Maurepas car ils sont soupçonnés d’avoir dégradé le véhicule de Ludovic Brossard, conseiller municipal de la majorité.
Tout commence lors du conseil municipal du 14 octobre 2024. À la fin dudit conseil, Ludovic Brossard, délégué à l’agriculture urbaine et à l’alimentation durable, retrouve sa voiture dégradée avec des inscriptions « RN » et deux pénis dessinés sur son véhicule.
Brossard a déposé plainte contre X
Il décide alors de porter plainte. Contacté, Ludovic Brossard explique que sa plainte ne visait pas directement les deux figures de l’opposition. « J’ai déposé plainte contre X suite à des dégradations sur mon véhicule personnel, dont certaines étaient à caractère politique. Pendant mon audition, la police m’a demandé ce qui avait pu expliquer ce fait. Je leur ai parlé des insultes dont j’avais été l’objet auparavant sur les réseaux sociaux. Je leur ai dit aussi que, lors du conseil municipal de ce soir-là, j’avais été menacé verbalement par Charles Compagnon et Loïck Le Brun. Mais il n’y a pas de lien avéré avec la dégradation de mon véhicule. Je fais totalement confiance à la police qui mène l’enquête. »
Ça ne nous fait pas rire du tout
Les élus d’opposition ont donc été sommés de s’expliquer. Une convocation qui fait bondir les deux mis en cause. « Au début, on s’est dit que ça pourrait nous faire rire, mais ça ne nous fait pas rire du tout, raconte Charles Compagnon. On a dû justifier notre emploi du temps. Les policiers ont dû regarder où mon portable avait borné. Ils sont dans leur rôle, mais on arrive en tant que soupçonnés au commissariat. C’est extrêmement désagréable. »
Quant aux menaces qu’ils auraient proférées à l’encontre de Ludovic Brossard, ils nient farouchement. « Monsieur Brossard est insultant envers Charles Compagnon depuis des mois sur les réseaux sociaux. Je lui ai dit qu’on allait s’occuper de son cas, mais de son cas politique, rien d’autre », se défend Loïck Le Brun. Qui affirme que son « audition a duré 20 minutes. Mais qu’un élu se dise qu’un autre élu est capable de faire ça, je n’aurais jamais pensé que ça arriverait à Rennes. C’est insultant », ajoute Loïck Le Brun.
Un « manque de respect envers l’opposition »
Les deux conseillers municipaux sont également en colère contre la maire de Rennes, Nathalie Appéré. « On a demandé à la voir pour l’informer de la situation. Mais mercredi, elle nous a opposé un refus et c’est son chef de cabinet qui nous a expliqué qu’il était au courant. » « Que madame Appéré ne nous reçoive même pas et ne fasse rien montre son manque de respect envers l’opposition », juge Loïck Le Brun. Ce dernier indique avoir porté plainte dès mardi, jour de sa convocation. Charles Compagnon, lui, affirme qu’il portera plainte ce vendredi matin au commissariat de Maurepas « pour dénonciation calomnieuse à but politique ».
Contacté, Manuel Contin, le directeur de cabinet de la maire, livre une autre version des faits. Charles Compagnon aurait d’abord contacté l’équipe de Nathalie Appéré en sollicitant un rendez-vous, sans expliquer pourquoi. Le « dircab» a ensuite pris contact avec l’élu d’opposition. « Lors de cet échange, il m’a simplement expliqué qu’il voulait confirmer que la maire avait bien l’information. À aucun moment, il ne m’a parlé d’une demande de rendez-vous », détaille-t-il. Sans faire de commentaire sur le fond de l’affaire.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
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