
Jean-Marc Vayssouze-Faure, sénateur et président de l’AMF 46 (Association des maires et élus du Lot), a lui-même eu recours aux caméras de vidéoprotection, en tant que maire de Cahors ; à la lumière de son expérience et de ses responsabilités, il répond aux questions de la Rédaction d’ActuLot.fr et de La Vie Quercynoise sur ce sujet.
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Les caméras de vidéoprotection permettent-elles de lutter contre la délinquance, les incivilités, les trafics de stupéfiants, voire les agressions ? Jean-Marc Vayssouze-Faure répond à nos questions :
23 communes du Lot ont déjà recours à des installations de caméras de vidéoprotection. Doit-on s’attendre à une généralisation de ce type d’installation dans les années qui viennent ?
Jean-Marc Vayssouze-Faure : Le sujet de la vidéoprotection n’est plus tabou aujourd’hui et de nombreuses communes y ont recours, y compris quelques-unes de petite taille, pour des raisons bien précises. Évidemment, ces installations représentent un coût d’investissement auquel s’ajoutent bien sûr les frais d’entretien. Certes, on peut s’attendre à une extension de ces installations, même si en règle générale, il est fait appel à ces caméras dans des lieux à forte fréquentation.
Estimez-vous qu’il s’agit d’un outil efficace dans la lutte contre la délinquance, les incivilités… ?
C’est toujours difficile de faire parler les chiffres. Pour ma part, j’ai le sentiment que ces installations ont un effet dissuasif, avec certes, le risque de générer un déplacement des incivilités vers des lieux qui en étaient épargnés. Tout de même, l’intérêt des caméras lorsqu’il se produit un méfait, c’est de pouvoir retrouver le ou les auteurs, avec davantage de facilité. Dans plusieurs résolutions d’affaires, il a été possible de confondre le ou les auteurs d’une infraction, grâce aux caméras. Le recours aux images tirées des caméras permet parfois d’élucider un litige dans le cas d’un accident de la circulation. La caméra présente une utilité certaine en termes de dissuasion et de résolution dans nombre de cas de figure. Ceci étant dit, il ne faut pas croire qu’elle va résoudre toutes les difficultés. Ce n’est pas parce qu’il a été installé des caméras, qu’il n’y aura plus d’incivilités ni de violence. Dans certaines grandes villes où le nombre de caméras est impressionnant, l’insécurité et les incivilités demeurent, hélas !
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Encouragez-vous ce type d’installation ?
Lorsqu’elle est mise en place dans de bonnes conditions et bien utilisée, une caméra de vidéoprotection n’est pas négligeable. J’invite à cet égard les maires à se rapprocher de leurs interlocuteurs de la gendarmerie ou de la police nationale, qui seront de bon conseil pour éventuellement mettre en place un tel dispositif, dès lors que le besoin s’en ferait sentir. Encore une fois, il ne faut pas attendre de ces dispositifs, qu’ils résolvent toutes les problématiques. Cependant, en tant que président de l’association des élus du Lot, je rappelle que le recours à ces caméras relève de la compétence des maires et les communes sont totalement souveraines pour prendre une telle décision. De la part de l’AMF, il n’y a aucune directive en la matière, que ce soit dans un sens ou dans un autre. Je respecte pleinement l’autonomie des communes et leur sensibilité sur ce sujet.
Quelle est votre expérience à ce sujet en tant qu’ancien maire de Cahors ?
Personnellement, j’ai eu recours aux caméras de vidéoprotection, à Cahors, alors que j’ai pu être interrogatif sur le sujet dans un premier temps. Je tenais à m’assurer qu’il n’y ait pas d’atteinte aux libertés publiques. Or, lorsqu’on est dans la démarche d’un dispositif organisé avec les forces de l’ordre, avec un positionnement aux bons endroits, je pense que le dispositif peut être efficace. Ce que je constate aussi, c’est qu’après qu’il ait été posé des caméras dans une ville par un prédécesseur, quelle que soit son étiquette politique, il est rare que son successeur fasse procéder à leur enlèvement. Nous sommes donc en présence de dispositifs qui ne sont pas remis en question.
Que dit selon vous de l’évolution de notre société, la multiplication de l’installation de ces caméras de vidéoprotection ?
À mes yeux, le développement des installations des caméras de vidéoprotection souligne deux choses. D’une part il y a le sentiment que nous assistons à une montée des incivilités. Quant à la réalité de la situation, à l’aune des chiffres, je recommande la méfiance, car tout n’est pas forcément déclaré, selon qu’il y a ou non dépôt de plainte. Néanmoins, la montée des incivilités est réelle. Il ne s’agit pas forcément à chaque fois d’atteinte physique, cela peut concerner des dégradations dans l’espace public ; mobilier urbain, tags,… D’autre part, nous supportons de moins en moins ce genre d’incivilités, car nous vivons dans une société où la tolérance à l’infraction se réduit de plus en plus. Cela dit tout de même, à mes yeux, quelque chose de notre société qui est toujours dure avec l’autre, parfois plus dure avec l’autre qu’avec soi-même. Nous avons affaire à gens qui ne supportent plus les dégradations, ni le bruit et on peut le comprendre, car il n’est pas moins vrai que les violences, les incivilités touchent des personnes qui sont dans bien des cas démunies. Lorsqu’il se produit une dégradation de votre véhicule que vous avez mis des années avant d’avoir pu vous le payer, on peut comprendre un certain désarroi chez la victime. Même cas de figure pour des vols par effraction dans une maison. Autant d’éléments qui expliquent que la sécurité devient l’un des enjeux fondamentaux de notre cadre de vie.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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