« Ça ramène à des temps passés » : Gérald Darmanin fait ressurgir le spectre du bagne en Guyane et provoque la colère des élus locaux

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Avec son projet de création d’un quartier de haute sécurité dans la jungle amazonienne, Gérald Darmanin a provoqué une vague d’indignation. Élus locaux et responsables politiques dénoncent une forme de mépris.

Après la proposition controversée de Laurent Wauquiez visant à envoyer les personnes frappées d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) à Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est au tour du gouvernement d’alimenter l’indignation en Outre-mer. L’annonce de la création d’un quartier de haute sécurité au sein d’une nouvelle prison à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, a provoqué un tollé ce dimanche. Dans un territoire déjà profondément touché par le narcotrafic, ce projet ravive des souvenirs douloureux, liés à l’histoire du bagne.

« La Guyane n’a pas vocation à accueillir les criminels et terroristes de la France hexagonale », a fermement dénoncé la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) dans un communiqué. Selon cette dernière, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin n’aurait « à aucun moment » évoqué ce projet lors d’une rencontre avec les élus organisée la veille. « La CTG s’oppose fermement à un projet carcéral qui consisterait à recevoir les détenus les plus dangereux de France, dans une reconstitution du bagne de très mauvais goût« , ajoute-t-elle.

Pour rappel, entre 1850 et 1938, Saint-Laurent-du-Maroni était le point d’entrée du bagne de Guyane, où étaient envoyés les forçats depuis la métropole. Ce passé pèse encore lourdement dans les mémoires locales. « Ce projet nous ramène malheureusement à un passé douloureux : pendant près d’un siècle, la France a exilé en Guyane des milliers d’hommes, condamnés pour les crimes les plus sordides, afin qu’ils purgent leurs peines loin de la société dite civilisée », déplore la sénatrice socialiste Marie-Laure Phinera-Horth. Elle aussi affirme que les élus locaux n’ont pas été consultés.

Les présidentielles en ligne de mire et « la Guyane comme marchepied »

« Cette page de l’Histoire est tournée et j’espère qu’elle ne reviendra pas », a insisté Sophie Charles, maire sans étiquette de Saint-Laurent-du-Maroni, dans un discours prononcé en présence du ministre. Visiblement agacé, celui-ci a rejeté les critiques en appelant à « éviter les comparaisons qui sont une insulte à la République ».

En Guyane il est interdit de couper des arbres sauf pour construire des prisons ultra-sécurisées ! La même logique coloniale qui a créé le bagne.
Avec WAUQUIEZ et RETAILLEAU, DARMANIN a les présidentielles en ligne de mire et veut utiliser la Guyane comme marche-pied. Ça suffit!

— Jean-Victor Castor (@JVCastorGuyane) May 18, 2025

Le député GDR de Guyane, Jean-Victor Castor, a lui aussi vivement réagi sur le réseau social X : « En Guyane il est interdit de couper des arbres sauf pour construire des prisons ultra-sécurisées ! La même logique coloniale qui a créé le bagne. Avec (Laurent) WAUQUIEZ et (Bruno) RETAILLEAU, (Gérald) DARMANIN a les présidentielles en ligne de mire et veut utiliser la Guyane comme marchepied. Ça suffit ! » Et de conclure : « La Guyane a besoin de désenclavement, de routes, d’écoles, d’hôpitaux, d’infrastructures de base MAIS l’urgence de la France est d’y construire des prisons haute sécurité pour narcotrafiquants et détenus radicalisés !!! »

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

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