On constate en Cornouaille une recrudescence des conflits entre les élus… Qu’est-ce qui explique ce phénomène ?
Depuis quelques années, on voit monter des formes d’incivilités vis-à-vis des autorités locales. On a vu des maires agressés, invectivés… En réalité, l’autorité est de plus en plus mal vécue par les individus. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que les conseils municipaux ou communautaires puissent rencontrer des situations inédites de violence et de conflits.
Cette brutalisation du débat public est-elle liée au covid ?
Je ne pense pas que le covid soit le déclenchement, c’est plutôt l’accélération. En réalité, les crises ne créent pas grand-chose : elles mettent en exergue des phénomènes qui étaient jusqu’alors des signaux faibles. Par ailleurs, je pense qu’il y a depuis pas mal d’années une montée en puissance de formes de violence, ce qui rend le dialogue de plus en plus difficile. C’est aussi le signe d’une société qui a de plus en plus de mal avec la verticalité. La décision, sans débat, peut générer des formes de frustration, notamment de la part d’individus qui ont l’habitude, sur les réseaux sociaux, de s’exprimer sans filtre.
Faut-il donner davantage de pouvoir aux élus de la minorité ?
C’est vrai que dans un conseil municipal, les droits de la minorité sont assez faibles.
Or, selon moi, c’est quelque chose qu’il faut revoir. Dans une société qui souhaite plus de débats, un mode de scrutin municipal qui donne une prime majoritaire de 50 % des sièges n’est pas adapté. Je veux bien croire qu’il faut stabiliser un gouvernement local, mais c’est une prime exorbitante, qui empêche les minorités d’être représentées à l’aune de ce qu’elles représentent dans l’électorat.
Ces polémiques à répétition créent-elles plus de défiance vis-à-vis des politiques ?
En réalité, le niveau de défiance est déjà très élevé. La France se caractérise par un niveau de défiance politique record en Europe. Et cela vaut pour les maires, en qui la population a pourtant plutôt confiance. Au dernier baromètre sur la confiance politique, 60 % des Français disaient avoir confiance en leur maire. Il y a dix ans, c’était 75 %. Donc oui, il faut faire très attention. En même temps, on a aussi les élus qu’on mérite. La société change, et nos élus changent. Or certains n’ont pas les codes, voire le niveau intellectuel, pour exercer ce type de mandat.
Estimez-vous qu’il faudrait former les élus ?
Je pense effectivement qu’il faudrait instaurer une formation obligatoire à la prise de parole, aux finances publiques… Il ne s’agit pas d’avoir des braillards dans les conseils municipaux, mais d’avoir des gens relativement compétents.
Quand on voit la violence entre les élus dans certaines communes, peut-on encore parler de démocratie locale ?
La démocratie n’est pas un long fleuve tranquille. Par définition, il s’agit de la domestication de la violence. Or, dans tout régime démocratique, il faut parfois domestiquer cette violence intrinsèque aux sociétés humaines. La démocratie locale a donc un rôle pacificateur et il ne faut pas la laisser dériver.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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