
L’ambiance était tendue, très tendue, lors de la séance du conseil municipal à l’Hôtel de Ville de Beauvais, ville-préfecture de l’Oise, dans la soirée du jeudi 3 avril 2025. Alors que le maire (UDI) Franck Pia et les élus échangeaient au sujet de la fermeture de la Fnac en centre-ville, le débat a pris une toute autre tournure lorsque l’opposant Mohrad Laghrari a comparé le premier adjoint chargé des finances Lionel Chiss au « défenseur des grands patrons ».
« Vous voir aujourd’hui défendre les salariés et attaquer un patron beauvaisien, c’est nouveau », déclare-t-il. Grégory Narzis, également élu d’opposition, a ensuite ajouté que la majorité était « responsable de la situation du centre-ville ».
« C’est honteux ce que vous faites »
« Je commence à avoir l’habitude d’être assimilé au patronat, à l’argent, au capital », réagit le premier adjoint Lionel Chiss. « Je ne veux pas y voir autre chose que de la maladresse ou, effectivement, un discours politique. J’espère que je n’y vois pas autre chose », répète l’intéressé.
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L’échange vire au brouhaha. « C’est honteux ce que vous faites Monsieur Chiss ! », hurle Mohrad Laghrari. « Vous n’avez pas honte ? Jamais dans cette ville on n’a parlé comme ça ! »
La séance est interrompue. Elle reprend quelques minutes plus tard. « Lionel Chiss n’a rien dit de récriminant », assure le maire. « Il a simplement fait état de son interrogation. On a bien compris votre jeu, vous voulez créer l’incident sur des propos que vous interprétez vous-mêmes ».
« Une accusation d’antisémitisme nauséabonde »
Roxane Lundy, meneuse de l’opposition, demande alors au premier adjoint « de clarifier les choses ». « C’est une insulte aux Beauvaisiens, la politique n’autorise pas tout ! », crie-t-elle. Les opposants quittent la salle, de colère.
Après le conseil, elle écrit dans un communiqué que « le premier adjoint a préféré sous-entendre une accusation d’antisémitisme nauséabonde plutôt que de répondre sur le fond ».
« Quiconque suit les conseils municipaux sait qu’il (Lionel Chiss, ndlr) multiplie, depuis le début du mandat, les déclarations d’amour aux chefs d’entreprise, non sans mépris pour les salariés. Ce sont, chaque fois, des prises de position politiques. Notre collègue a demandé au premier adjoint de clarifier son propos, ce qu’il a refusé de faire », déplorent les élus d’opposition de gauche.
C’est une accusation extrêmement grave, alors que les chiffres montrent une hausse des actes antisémites dans notre pays, et que nous participons à toutes les initiatives de lutte contre l’antisémitisme et le racisme.
« Ce qui s’est passé ce soir est une meurtrissure », dénonce l’opposition, qui indique déposer une main courante « pour injure publique ».
« Violence inouïe »
Un débat qualifié de « triste spectacle » par Charles Locquet, adjoint au maire chargé du « plan d’action cœur de ville ». « Une opposition très à gauche qui, une fois de plus, choisit la bordélisation plutôt que le débat démocratique », dénonce-t-il.
Un terme repris par le maire Franck Pia. « Nous avons vécu un conseil municipal d’une violence inouïe », réagit-il sur les réseaux sociaux.
Rien ne peut justifier la perte de sang-froid, la haine et les invectives au sein de notre assemblée. Jamais nous ne céderons face à ces méthodes, cette volonté de manipuler et de théâtraliser les choses.
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À Beauvais, la campagne électorale en vue des élections municipales de 2026 semble déjà lancée. Rappelons qu’à ce jour, seuls deux candidats se sont officiellement déclarés dans la plus grande ville de l’Oise : le maire sortant Franck Pia et son opposante Roxane Lundy.
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