
Tags, pneus crevés, voitures caillassées, ouvriers insultés, engins sabotés… Et désormais des véhicules de chantier incendiés. Le Conseil départemental du Tarn et le concessionnaire de la future A69 – l’autoroute devant relier Castres à Toulouse – déplorent de nouveaux « actes de vandalisme » dans le cadre de ce chantier à fortes tensions.
Dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 avril 2024, quatre engins de chantier ont en effet été incendiés à l’ouest de la commune de Saïx, au lieu-dit Serre. Plus précisément au niveau de l’aire du Dicosa, confirme à Voix du Midi Lauragais la société de concession Atosca.
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Des cocktails molotov retrouvés sur place
« Ces faits interviennent dans un contexte de tension croissante. Il y a deux à trois semaines, des agents de sécurité ont retrouvé des cocktails molotov, prêts à être allumés, sur le même site », commente le concessionnaire avant de revenir sur cette fameuse nuit incendiaire.
D’après Atosca, « cinq ou six personnes cagoulées » auraient pris à parti l’agent de sécurité présent sur place ce soir-là, et aujourd’hui en arrêt maladie. « Ils l’ont neutralisé pour ne pas qu’il donne l’alerte, l’ont insulté et menacé. C’était violent, mais il n’y a pas eu de contact physique. »
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« 30 à 40 individus cagoulés » recensés
C’est ensuite qu’un groupe de « 30 à 40 individus cagoulés » les aurait rejoints et aurait incendié les quatre engins de chantier. « Il s’agissait de trois grosses pelles sur chenille et d’un compacteur, désormais complètement hors-service », note Atosca. L’alerte a finalement été donnée par un rondier. « Le bilan aurait pu être bien plus lourd sans l’intervention rapide de nos sapeurs-pompiers », rebondit dans un communiqué le président du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond.
Le concessionnaire déplore tout de même les conséquences de tels actes à un niveau plus large. « Cela engendre une pollution du sol à l’hydrocarbure. » Mais aussi une « mise en danger des automobilistes ». Car le balisage du chantier aurait également été visé. « Ce balisage sert à protéger les automobilistes, mais les individus l’ont saccagé. Alors, en attendant qu’il soit remis en place – il l’a été dès ce mercredi matin – les automobilistes circulant sur la RN126 étaient en danger. »
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Plus de 200 plaintes déposées selon Atosca
Le concessionnaire de l’A69 confirme avoir déposé plainte auprès de la gendarmerie. « La police scientifique est venue effectuer un relevé d’empreintes », précise Atosca. « Depuis le début du chantier, on recense 200 agressions et dégradations. 80 plaintes ont déjà été déposées », calcule-t-on du côté du Département. « Plus de 200 plaintes ont été déposées », affirment quant à eux les services d’Atosca.
Dans sa communication, Christophe Ramond rappelle par ailleurs que « deux autres entreprises travaillant sur le chantier de l’A69 ont déjà été prises pour cible en octobre 2023 par plusieurs centaines de manifestants ».
Je condamne avec la plus grande fermeté ces actes de vandalisme. On ne peut plus supporter que des voyous cagoulés s’en prennent impunément à un projet vital pour notre territoire, que ces casseurs s’en prennent à des entreprises qui font vivre leur propre famille et les familles de leurs salariés. Cela ne peut plus durer !
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Les élus locaux en appellent à l’État
Ce nouvel événement sur le chantier de la future autoroute entre Castres et Toulouse a suscité un certain émoi parmi les élus locaux. En particulier dans la commune de Lavaur où le maire, Bernard Carayon, n’a pas hésité à s’exprimer sur le sujet et même interpellé, dans un courrier partagé sur les réseaux sociaux, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin :
Il n’est pas possible de baisser la garde. Le drame de Sivens est dans nos esprits. Si les effectifs de gendarmerie affectés à la protection du chantier devaient être ponctionnés pour les Jeux olympiques, l’État prendrait un risque considérable de renouvellement d’un tel drame et a minima de retard des travaux.
Le concessionnaire l’assure pourtant : cet incident ne vient, pour l’heure du moins, pas perturber le chantier. « Les travaux continuent, évidemment. Peut-être pas tout de suite au Dicosa, mais nous pouvons intervenir et avancer ailleurs », conclut Atosca.
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
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