Aurore Bergé face à la réalité des violences intrafamiliales à La Réunion

, Aurore Bergé face à la réalité des violences intrafamiliales à La Réunion

La ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes a assisté ce mardi après-midi au Comité local d‘aide aux victimes (Clav), en présence des principaux acteurs de de la lutte contre les violences intrafamiliales (VIF). En 2023, 12 plaintes liées à ce fléau ont été enregistrées en moyenne par jour et tous les indicateurs demeurent à la hausse, malgré la « mobilisation générale » saluée par Aurore Bergé.

Ecrit par T.L. – le mardi 23 avril 2024 à 19H26

Aurore Bergé (au centre) à la préfecture de Saint-Denis.

Des parlementaires, des élus, des responsables d’associations ou d’institutions, des représentants du parquet, de la police ou de la gendarmerie et des hauts responsables de l’administration : Aurore Bergé a pu entendre un large panel d’acteurs de la lutte contre les VIF ce jeudi après-midi en préfecture, lors du Comité local d’aide aux victimes (Clav) organisé dans le cadre de sa visite.

La ministre en chargé de l’Egalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations a découvert les rouages du dispositif Pack nouveau départ, « une initiative parlementaire » qu’elle a saluée pour sa capacité à mettre en synergie toutes les mesures d’aide et de soutien aux victimes. « La Réunion est le 4e département le plus touché par les violences intrafamiliales, mais on a une prise de conscience et une mobilisation générale et c’est aussi ça qui est à noter », a relevé Aurore Bergé pour soutenir la démarche du Clav, sans occulter la réalité des chiffres. « Il est préoccupant que ces chiffres ne baissent pas, même si on peut considérer que c’est un effet de la libération de la prise de parole », a souligné pour sa part le préfet Jérôme Filippini.

Les chiffres, la procureure de la République Véronique Denizot s’est chargée d’en rappeler certains : 65 téléphones grave danger attribués à des victimes et 134 comparutions immédiates pour la seule année 2023 au tribunal de Saint-Denis. « Cet impact des VIF est très important sur l’activité judiciaire, et l’alcool et les stupéfiants sont des éléments récurrents de nos dossiers », a indiqué Véronique Denizot, se félicitant d’une « évolution sur la prise en charge qui s’est beaucoup élargie aux enfants. » Depuis 2015, 19 féminicides ont endeuillé notre île.

Violences intrafamiliales : Lancement du Pack Nouveau Départ à La Réunion

Depuis le 1er décembre 2023, la Caf de La Réunion a versé 305.384 euros au titre de l’aide universelle d’urgence, pour un montant moyen de 930 euros par personne. Au total, 421 demandes ont été réceptionnées, dont seulement 64 émanent de victimes sans enfant à charge. Parmi ces femmes fuyant la violence de leur conjoint ou de leur mari, 93% étaient déjà allocataires de la Caf.

Une responsable associative a rappelé à la ministre la nécessité d’une prise en charge complète et immédiate des femmes qui quittent leur foyer en toute urgence, le plus souvent avec leurs enfants. « On nous appelle à toute heure et on est là pour répondre. On leur dit : on va s’occuper de vous, mais malheureusement quand on appelle le 115 on n’a pas de place. Récemment, on a eu une femme qui a fui son foyer sans carte bleue, sans papiers. Elle a été logée au VVF mais sans aucune prise en charge des repas. Les mettre à l’abri, c’est bien, mais il faut une réelle prise en charge. On ne pourra pas, en tant qu’association, continuer à payer des gîtes, des hôtels et des repas. »

La sénatrice Evelyne Corbière a pour sa part évoqué la situation des mères qui dénoncent des violences sexuelles intrafamiliales, et que les auteurs des violences tentent de réduire au silence avec des procédures judiciaires. « Enfin, on a reconnu les enfants comme des co-victimes, ce n’était pas acquis à l’Assemblée nationale. On revient de loin », a soufflé l’ancienne députée Aurore Bergé, en reconnaissant qu’il existait un problème concernant les « procédures bâillons qui se mettent en place contre les femmes qui dénoncent des violences et qui, immédiatement, se voient attaquer sur d’autres procédures. »

Avant de clore les échanges, la ministre a fait savoir qu’elle dévoilera « dans quelques jours une nouvelle procédure de lutte contre la prostitution. »

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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