Ce jeudi 26 septembre matin, Hervé Guihard, maire de Saint-Brieuc, était agressé par un homme armé d’un couteau dans un bar du centre-ville. Le procureur de la République, Nicolas Heitz, a tenu une conférence de presse dans l’après-midi pour revenir sur le déroulé des faits et le profil du mis en cause. En guise d’introduction, le magistrat a souhaité rappeler sa « sincère sympathie et [sa] solidarité républicaine » à l’édile.
Il était 8 h 50 lorsque les services de police ont été appelés par un serveur du Bistrot de la Poste, situé rue Saint-Gouéno. Un homme de 44 ans, « agité », venait de pénétrer dans l’établissement, armé de deux couteaux. Il venait y « trouver le maire, dont il savait qu’il y avait ses habitudes », explique le procureur.
À peine un pied posé dans le bar que le natif de Saint-Brieuc, résidant toujours dans la Cité des vallées, demandait à un serveur où était Hervé Guihard, lui ordonnant aussi de se préparer car « il y allait avoir « un attentat » ». L’élu, en pleine réunion avec la directrice générale des services de la Ville, était attablé au fond de la salle.
Un policier blessé
Après avoir, selon les témoins de la scène, interpellé le maire « quant aux agressions commises en marge de manifestations militantes » (*), le mis en cause s’est « jeté sur lui avec un couteau dans la main, en menaçant de le tuer à plusieurs reprises ». L’édile s’est défendu, utilisant son bras pour se protéger, et a reçu plusieurs coups portés avec le manche du couteau sur la tête et le visage.
Arrivé sur les lieux, le premier équipage des forces de l’ordre a fait évacuer l’établissement, avant de « tenter d’entamer un dialogue avec le porteur de l’arme ». En vain, ce dernier présentant des « troubles psychiatriques importants » et menaçant de se suicider, le couteau placé sous la gorge. D’autres policiers sont arrivés en renfort et l’individu a pu être maîtrisé à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique vers 9 h 20. Durant l’intervention, un agent a été blessé au poignet.
Une enquête ouverte
Placé en garde à vue, le quadra a été examiné par un médecin, qui a préconisé son admission en soins psychiatriques. Une hospitalisation complète pour une durée d’un mois a été ordonnée par le préfet des Côtes-d’Armor. Hervé Guihard a, lui, été conduit aux urgences de Saint-Brieuc. Il présentait « un état de stress psychologique post-agression, un hématome sous cutané pariétal gauche faisant 3 cm de grand axe et des stigmates d’épistaxis (saignement de nez, NDLR) droit tari », entraînant une ITT de deux jours. Il a déposé plainte dans l’après-midi, expliquant que la personne interpellée l’avait déjà agressé en marge d’une réunion publique, le traitant de « nazi ».
Une enquête de flagrance a été ouverte. Selon les premiers éléments, l’agresseur se serait d’abord rendu en mairie, ce jeudi matin. À l’accueil, il aurait demandé où se trouvait l’édile, mimant un égorgement et menaçant de « tuer quelqu’un si le maire ne le recevait pas immédiatement ». Les employés municipaux ont alerté la police municipale.
Réclusion à perpétuité
Le mis en cause, qui touche l’allocation adulte handicapé, avait déjà été condamné deux fois : la première en 2012 pour violences aggravées sur ascendant, violation de domicile et dégradations ; la seconde pour des faits d’envoi de messages malveillants par conjoint ou ex-conjoint et outrages à magistrat. Il avait également été hospitalisé, contre sa volonté, à deux reprises durant l’année 2023. Une procédure s’inscrivant dans le cadre de soins sans consentement, sur décision d’un représentant de l’État.
L’enquête de flagrance, ouverte pour des chefs de tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique, menaces de mort aggravées et rébellion, « fait encourir à son auteur la réclusion criminelle à perpétuité », rappelle Nicolas Heitz. Le procureur fait savoir que « dès lors que son état de santé sera compatible, il sera à nouveau placé en garde à vue pour être entendu. Un expert psychiatre sera requis afin de savoir s’il est responsable pénalement ou si son discernement était aboli ». Et de conclure que cette attaque « démontre tragiquement, une fois encore, l’extrême difficulté de la mission des élus, des maires, de leurs adjoints, au service de tous, et attaqués, trop souvent d’une façon intolérable », saluant aussi « l’efficacité de l’intervention des policiers qui, par leur professionnalisme et sang-froid, ont sans doute permis d’éviter un drame ».
* Le mis en cause était partie civile lors du procès de ce 25 septembre sur la « descente » de jeunes footeux d’ultradroite à un festival antifasciste.
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