François Bayrou n’a commis aucune faute juridique, mais ses propos ont été confus et il a tardé à manifester sa compassion pour les victimes.
Publié le 14/02/2025 08:07 Mis à jour le 14/02/2025 08:07
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François Bayrou a répété, jeudi 13 février, qu’il n’avait pas connaissance des violences sexuelles qui se seraient produites au sein de l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram. Des faits qui se seraient déroulés pour l’essentiel entre les années 70 et les années 90 dans cette institution catholique située dans le Béarn, sur les terres électorales de François Bayrou. Ces accusations font l’objet d’une centaine de plaintes, le parquet de Pau a ouvert une enquête. Mis en cause par certains articles de presse et interpellé à l’Assemblée, le Premier ministre affirme depuis plusieurs jours qu’il ignorait tout de ces agressions sexuelles avec un argument massue : ses enfants étaient scolarisés dans cet établissement et il ne les y aurait évidemment pas laissés s’il avait su.
C’est pourtant l’inquiétude pour son fils qui serait à l’origine de son entrevue, en 1998, avec un magistrat qui enquêtait sur les premiers soupçons visant un prêtre qui dirigeait l’école. À l’époque, la presse locale s’était fait l’écho de ces accusations et François Bayrou ne pouvait l’ignorer. Le souci, c’est que ses premières déclarations ont laissé entendre le contraire.
Il n’y pas d’affaire Bayrou, mais depuis trois jours, la rumeur et les accusations de certains politiques entretiennent un flou dévastateur. On entend : « Bayrou savait »; Mais que savait-il et quand ? Alors, soyons précis. François Bayrou n’était plus ministre de l’Éducation au moment de la révélation des premiers soupçons d’agressions sexuelles. Il avait probablement eu vent du climat dur, brutal, qui régnait à Notre-Dame de Bétharram, mais « pas du niveau de violence », ni de « de leur volet sexuel » selon les propos du porte-parole des victimes. Enfin, quand il en a pris connaissance, peu à peu, par bribes, il a visiblement eu du mal à y croire, mais il n’a exercé aucune pression sur la justice, ce que reconnaît le magistrat rencontré en 1998. François Bayrou ne s’est pas emparé de l’affaire, c’est vrai, mais il n’a pas cherché à entraver l’enquête pour tenter de l’étouffer. Bref, la défense du Premier ministre, sous pression, est maladroite, ses propos confus, sa mémoire défaillante, et il a tardé à manifester sa compassion pour les victimes. Mais à ce stade, François Bayrou n’a commis aucune faute juridique.
S’il y a un tel tollé, c’est d’abord parce que notre société, et nos élus, ont tardé à prendre conscience de l’ampleur des agressions sexuelles visant des mineurs. Et quand les faits remontent à 30 ou 40 ans, certains ont tendance à verser dans l’anachronisme. À juger des réactions d’acteurs de l’époque avec le niveau de connaissance d’aujourd’hui. Et puis il y a aussi une part d’exploitation politique. Quand les insoumis hurlent au « scandale d’État » et réclament à cor et à cri la démission de François Bayrou, il n’est pas impossible qu’ils espèrent prendre leur revanche sur l’échec de leurs quatre motions de censure successives. Et mettre un peu plus la pression sur leurs anciens alliés socialistes qui n’ont pas voté ces motions.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
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