Insulté, menacé, attaqué sur les réseaux sociaux, ce maire de Loire-Atlantique se met en retrait

Des insultes, des menaces, des attaques en ligne sur les réseaux sociaux, des attroupements devant son domicile. Depuis le 22 mars 2026, le maire de cette commune de la presqu’île de Guérande (Loire-Atlantique), réélu au premier tour des élections municipales le 15 mars 2026, est la cible d’invectives. Il ne démissionne pas mais n’a pas assisté au conseil municipal, pour « préserver sa famille ». Explications.

« Ce soir, le siège du maire est vide »

Ce soir, le siège du maire est vide, parce que des attaques mal préparées et irréfléchies ont eu des conséquences graves.

Charly Chotard premier adjoint.

« Monsieur le maire a ressenti le besoin de prendre du recul pour préserver sa famille d’une montée en tension qui est allée trop loin », poursuit en préambule du conseil municipal de La Turballe, mardi 14 avril 2026, le premier adjoint Charly Chotard.

Le maire Didier Cadro (qui n’a pas répondu à l’Echo de la presqu’île) ne présidera donc pas cette séance, la deuxième du mandat.

Le nouveau conseil municipal de La Turballe lors de la séance d'installation le 22 mars 2026
Le nouveau conseil municipal de La Turballe lors de la séance d’installation le 22 mars 2026 ©Jean-Pierre Riou

Une hausse et une polémique

On rembobine. Le 22 mars 2026, lors du conseil municipal d’installation, une délibération portait sur les indemnités des élus, un classique de début de mandat.

Le maire a alors annoncé augmenter de 50 % son indemnité (comme celle de ses adjoints), passant ainsi de 2 396,43 € brut mensuel à 3 594,65 € brut.

Un montant au plafond de celui autorisé dans le cadre des communes classées station de tourisme comme c’est le cas de La Turballe.

« Toutes les communes littorales de la presqu’île de Guérande sont sur ces barèmes. Ce que nous avons décidé le 22 mars, n’était donc ni une initiative isolée ni une décision extravagante », souligne le premier adjoint.

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Mais l’augmentation ne passe pas du côté des cinq élus d’opposition du groupe La Turballe Autrement, qui brandit le chiffre de 8300 € brut mensuel, avec le cumul du mandat de conseiller départemental et de vice-président à l’agglomération CapAtlantique (qui doit élire le 23 avril 2026 la présidence et les vice-présidences).

Les élus du groupe d'opposition La Turballe Autrement
Les élus du groupe d’opposition La Turballe Autrement déplorent les insultes et les menaces ©Jean-Pierre Riou

Malgré le démenti, ça dérape

Un montant formellement démenti par Didier Cadro (avec le cumul des mandats au conseil départemental et à l’agglomération, le chiffre serait de 6 079 € brut mensuel) mais qui s’est répandu de manière virale sur les réseaux sociaux.

« Des individus cagoulés »

Un « déferlement de haine numérique » s’en est suivi, mué en rassemblement devant le domicile du maire, avec, depuis la mise en ligne de son adresse, « des rassemblements quotidiens, au mieux de curieux, au pire, d’individus cagoulés proférant des insultes », indique le premier adjoint.

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S’adressant à l’opposition et particulièrement à Christophe Charbonnier de La Turballe Autrement, le premier adjoint, se félicite :

« vous avez en quelque sorte reconnu votre erreur (de montant NDLR) dans votre lettre ouverte. Et nous prenons acte de votre condamnation des agissements ».

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« À 200 % derrière le maire »

Nous sommes à 200 % derrière le maire. Il est hors de question de menacer et d’insulter un élu.

Christophe Charbonnier, chef de l’opposition

Il indique avoir lui aussi été insulté au téléphone, sans mentionner le nom de l’auteur, « mais le maire sait de qui il s’agit ».

Par contre, l’élu d’opposition estime « qu’il était maladroit de mettre cette question des indemnités au premier conseil municipal ».

« Pas un bouc émissaire »

Il refuse d’endosser « la faute des menaces et des insultes. Il y avait déjà eu de tels agissements au début du premier mandat de monsieur Cadro. Et je le condamne. Mais je ne veux pas que l’on serve de bouc émissaire. On a qu’une envie, c’est de travailler ensemble et efficacement ».

« Notre porte est ouverte »

« Nous vous proposons ici, d’être positifs et de fonctionner ensemble pendant les 6 prochaines années. Notre porte est ouverte mais pour travailler sur le fond, sans déformer les faits, au service des Turballaises et des Turballais », insiste Charly Chotard.

L’opposition finalement dans les commissions

Le maire Didier Cadro avait exigé de l’opposition des excuses publiques, sans quoi la représentation de la minorité dans les commissions se limiterait aux obligations légales.

Ce ne sera pas le cas.

Finalement, l’opposition a obtenu un siège à chacune des 9 commissions municipales et un élu de la minorité, Gérard Macé, représentera La Turballe, à la commission syndicale de la grande Brière Mottière.

À l’exception de la délibération sur les délégations réservées au maire où l’opposition s’est abstenue, tous les autres points du conseil municipal ont été votés à l’unanimité.

De quoi repartir sur les bases d’un climat apaisé ?

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