Agression d’une élue du conseil municipal à Saint-Denis : c’est quoi cette nouvelle polémique qui entoure Bally Bagayoko ?

Au bord des larmes à la sortie de la salle d’audience, Oriane Filhol, 34 ans, a indiqué qu’elle ne se sentait « pas en sécurité dans ce conseil municipal, sachant justement les relations entre le nouveau maire et le commanditaire de mon agression ».

Le 16 mars, au lendemain de l’élection perdue par la liste socialiste, Mme Filhol avait, depuis son bureau qu’elle était en train de vider, pris en photo le nouveau maire Bally Bagayoko et le commanditaire de son agression Mouloud Bezzouh ayant, selon elle, « une discussion qui a duré de nombreuses minutes et qui s’est terminée par une poignée de main très chaleureuse ».

Sur les images consultées par l’AFP, on peut voir les deux hommes discuter seuls sur le parvis de l’hôtel de ville. 

Le nouveau maire LFI a réagi à cette annonce de démission en disant « apporte(r) tout (s)on soutien » à Oriane Filhol, pour qui il témoigne avoir « un profond respect », mais s’est déclaré « consterné par cette faute politique grave ». 

La photo de cette conversation entre le nouveau maire de Saint-Denis et Mouloud Bezzouh aurait « duré moins de cinq minutes », alerte néanmoins une colistière de l’élu LFI. « Je n’ai rien dit de spécial à M. Bally hormis le féliciter et lui dire bonne chance », affirme également Mouloud Bezzouh, auprès de Mediapart. 

Un ancien conseiller municipal révèle également à nos confrères que Mouloud Bezzouh avait « de nombreux liens avec les élus socialistes précédents à commencer par Mathieu Hanotin », l’ancien maire de Saint-Denis. 

Oriane Filhol, qui a démissionné de son mandat de conseillère d’opposition, siégeait aussi jusqu’en 2023, avec Mouloud Bezzouh, au conseil d’administration de Plaine Commune Habitat. C’est en sortant de cette structure que l’élue socialiste avait été rouée de coups en 2023. 

Reconnu coupable

« Pour la grandeur de ce qu’elle est, c’est-à-dire une élue qui a toujours été digne », Bally Bagayoko juge « extrêmement grave » et « totalement irresponsable », le fait « qu’elle démissionne au regard des supposées accointances que j’aurais avec l’auteur des faits ».

Dans un entretien téléphonique avec l’AFP, le maire de la deuxième ville d’Île-de-France après Paris a affirmé qu’il ne « connai(ssait) pas personnellement ce M. Bezzouh », n’ayant avec lui qu’un lien « purement de relations publiques ».

La bataille électorale qui vient de s’achever à Saint-Denis-Pierrefitte a été d’une rare âpreté, les entourages des deux candidats (PS et LFI) multipliant les polémiques et accusations.

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Mouloud Bezzouh, 59 ans, a été reconnu mardi par la cour d’appel de Paris coupable d’avoir envoyé trois jeunes en décembre 2023, contre la promesse de rémunération, passer à tabac la jeune femme, alors adjointe en charge des questions de solidarité et de droits des femmes.

Il a été condamné à quatre ans de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, une peine inférieure aux cinq années dont trois ferme infligée en première instance.

Lors de l’audience en appel, l’entrepreneur avait nié les faits, se bornant à répéter à la barre qu’il n’avait « rien à voir dans cette histoire ».

Trois habitants de Saint-Denis, âgés de 18 à 22 ans, condamnés début 2024 pour ces violences, avaient expliqué s’être vu promettre 2.500 euros chacun par un mystérieux commanditaire, pour frapper une personne qu’ils ne connaissaient pas.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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